mardi 1 mars 2011

La diplomatie française en crise.

Le Président français Nicolas Sarkozy vient de procéder à un remaniement ministériel pour pallier à la crise qui secoue particulièrement son Ministère des affaires étrangères depuis que le monde arabe bascule de révoltes en révolutions... Nous qui croyions que la France avait une meilleure connaissance du monde arabe (que de ce côté-ci de l'Atlantique) et une politique étrangère plus équilibrée, nous venons de prendre conscience que cette «connaissance du monde arabe» reposait en fait sur des relations privilégiées entretenues avec les dictatures de la région...

L'ex-ministre des affaires étrangères Michelle Alliot-Marie est à l'origine de la crise diplomatique avec ses déclarations choquantes... Dans le contexte des revendications démocratiques en Tunisie, elle a offert que «le savoir-faire français, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires»... Elle a même suggéré «de permettre dans le cadre de nos coopérations d'agir pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité».

Pour se sortir de cette bourde, elle a choisi les omissions et les mensonges avant d'être démise cette semaine et remplacée par Alain Juppé ! Juppé est un personnage fort controversé (condamné pour une histoire d'emplois fictifs, il a «purgé sa peine» au Québec en enseignant à l'ENAP il y a quelques années), mais il a le mérite de l'expérience et de la nuance... En plus d'être une figure passablement critique de Sarkozy depuis 2 ans au sein de la droite... Il fût entre autres un des 1ers à s'insurger contre la réévaluation par Sarkozy (sous pressions de Paul Desmarais...) de la politique du NI-NI : non-ingérence et non-indifférence à l'égard du projet de souveraineté du Québec. Juppé est donc un ami du Québec puisqu'il favorise la politique de l'accompagnement, quelque soit l'option constitutionnelle favorisée par les Québécois. Alors que Sarkozy plaidait pour l'unité canadienne, qualifiant même l'option souverainiste de sectaire (!)

Donc, le principal responsable de cette faillite de la diplomatie française est le Président Sarkozy. Reste à voir si Alain Juppé pourra redresser la crédibilité perdue de cette puissance diplomatique qu'a déjà été la France...

samedi 26 février 2011

Le début de quelque chose...


Tout ce qui se brasse du côté du monde arabe pourrait-il inspirer chez nous un sursaut démocratique ? C'est à espérer.

Car notre regard sur le monde arabo-musulman est tordu depuis le début de la décennie 1990, par un courant fort articulé mais inquiétant qui a émergé, particulièrement aux USA : le néo-conservatisme. Ce courant cherchait à réaffirmer la supériorité morale de l'Occident sur les autres civilisations de notre planète, en critiquant de haut la «civilisation musulmane», supposée incapable de rationalité ou imperméable à la démocratie. Ce regard biaisé et simpliste (où situer l'Indonésie ou la Turquie dans cette civilisation supposément homogène ?), a longtemps été coupable d'appuyer des Tyrans comme Saddam Hussein, la famille Saoud, Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Bouteflika et tant d'autres - sous prétexte que ces dictatures servaient de remparts contre l'islamisme.

Or, c'est la rue arabe qui nous rappelle ces jours-ci l'importance de la mobilisation collective face à l'État. Et ce sans que l'islamisme y soit pour une grande part dans la majorité des pays sous secousses démocratiques...

Chez nous, près de 250 000 personnes ont signé une pétition appelant le 1er ministre Jean Charest à démissionner, étant donné son entêtement à ne pas vouloir déclencher une Commission d'enquête publique dans la construction et l'octroi de contrats gouvernementaux ainsi que son refus à imposer un moratoire avant de nous lancer dans l'exploitation des gaz de schiste...

Sommes-nous capables de passer de la parole aux actes ? Un simple clic à partir de Facebook ou Twitter peut-il chez nous aussi, mener à une mobilisation extraordinaire pour réclamer la démission de Jean Charest ?

Un collègue de travail à moi vient de lancer l'initiative : le 12 mars prochain, passez de la parole aux actes et venez DANS LA RUE manifester votre colère contre la corruption et l'aveuglement de notre premier ministre ! (Lieu : Place du Canada, coin René-Lévesque et Peel - Date/heure : samedi 12 mars 2011 12:00)

Ce pourrait être le début de quelque chose... Notre version 2.0 du printemps arabe...

jeudi 24 février 2011

Kadhafi : un test pour la Communauté internationale.


Le Colonel Kadhafi, qui s'accorche dangereusement au pouvoir en Libye depuis que sa population a enclenché les protestations dans la foulée des révolutions tunisienne et égyptienne est un test pour la Communauté internationale.

Dans les années 1990, une série d'interventions dites «humanitaires» ont été autorisées par l'ONU dans le but de protéger des populations civiles identifiées comme victimes ou cibles de conflits armés. L'opération la plus connue fût lancée en ex-Yougoslavie pour «protéger» les populations de Bosnie contre les milices serbes... Ces missions ont été et avec raisons, fortement critiquées, parce qu'elles ont souvent favorisé l'objectif d'expansion territoriale d'une Grande Serbie en contribuant à déplacer des populations civiles pour éviter des massacres... Leur inefficacité et le ridicule de leur mandat (mission de «maintien de la paix» en terrain de guerre !) y est aussi pour beaucoup dans toute la réévaluation de ce type de missions. C'est pourquoi nous ne parlons plus du «Droit d'ingérence humanitaire» mais de la «Responsabilité de protéger» les populations civiles devant des régimes qui faillissent à le faire ou menacent leurs populations.

Reste que l'ambition de la Communauté internationale et le rôle de l'ONU demeurent associés à cette responsabilité : préserver la paix et la sécurité, valoriser la vie humaine et protéger les civils en zones de conflit. Les zones d'exclusions aériennes autorisées par l'ONU en Irak durant toute la décennie 1990 avaient pour but d'empêcher le régime de Saddam Hussein de bombarder sa population d'origine kurde, reconnue comme hostile à son autorité.

Le sanguinaire et orgueilleux colonel Kadhafi a un parcours politique semblable à celui de Saddam Hussein. Il est arrivé au pouvoir en 1969 sous une étiquette plutôt nationaliste arabe. Dans la décennie 1980, la Libye est devenue un État subventionnaire du terrorisme international et promoteur d'un anti-occidentalisme notoire. Peu à peu, le régime Kadhafi a glissé en réislamisant son espace politique. Puis sa rhétorique est devenue pan-africaine et anti-terroriste après septembre 2001, pour redevenir fréquentable... Aujourd'hui, devant cette extraordinaire démonstration de force de caractère et de courage des populations arabes, il s'apprête à mourir en Martyr...

Il y a un autre parallèle à faire entre Saddam et Mouhamar Kadhafi: les deux ont, au fil du temps, mis en place un pouvoir autoritaire et centré sur leurs clans. (Voir cet excellent article sur la question des tribus en Libye)

Que fera la Communauté internationale ? Et les régimes arabes en transition comme l'Égypte et la Tunisie, les deux voisins immédiats ? C'est un véritable test pour la crédibilité de l'ONU, des USA et de la ligue arabe...

mercredi 23 février 2011

«Le Québec: ce que l'humanité a de mieux...»

«Le Québec: ce que l'humanité a de mieux à offrir».

C'est Jean Charest qui a dit ça lors de son délirant discours inaugural aujourd'hui à l'Assemblée nationale...

Que voulait-il dire ? Que nous pouvons inspirer le reste de l'humanité par ... Notre corruption qui gangrène tout le processus décisionnel du national au municipal ? Le népotisme ? Peut-être pourrions-nous exporter le langage vide et mensonger de notre 1er sinistre qui dit ce que l'on veut entendre (en environnement par exemple) en posant des gestes contraires ? Ou encore diffuser une conception instrumentale de l'éducation et de la langue où le savoir doit nécessairement être cool et high tech (tous les profs auront un tableau blanc intelligent et un portable !) et en anglais (50% de la 6e année en anglais d'ici 5ans)?

Mais fallait-il vraiment espérer autre chose que le déni et la fuite en avant ? Peut-être que Charles Sirois de la nouvelle Coalition pour l'avenir du Québec pourrait s'allier avec les libéraux de Jean Charest : ils ont tous les deux un goût prononcé pour ce qui est «à la mode» en plus de priser les écarts entre le propos et l'action...

Charles Sirois, la coquille vide.

Lors de la 1ère conférence de presse de la Coalition pour l'avenir du Québec, l'accolyte de François Legault, Charles Sirois, se fait poser la question suivante : «Que pensez-vous du projet du gouvernement fédéral de faire une seule Commission des valeurs mobilières, malgré l'opposition du Québec ?»

M. Sirois, qui ne semble pas avoir lu son propre manifeste dans lequel on insiste sur l'importance de réaffirmer notre nationalisme économique et de maintenir des sièges sociaux ou centres de décisions dans ce domaine, répond qu'il n'a pas d'opinion sur le sujet...

Et M. Legault qui voulait évacuer la question nationale du débat... C'est bien parti !

lundi 21 février 2011

La coalition pour l'avenir du Québec.

Ça y est ! Contrairement à mes prédictions, François Legault a finalement lancé son mouvement politique : La Coalition pour l'avenir du Québec est née...

Son «programme» est publié ICI et sera sujet à discussion (tournée pan-québécoise) d'ici à ce que le tout se transforme en plateforme d'action l'automne prochain.

Il y a d'excellentes choses sur lesquelles j'ai souvent discouru dans ce blogue à propos de ce mouvement politique :

- L'impasse créée par notre double-échec politique, échec à réformer le fédéralisme canadien et échec à faire du Québec un pays; cette impasse doit être surmontée en cherchant à revenir à l'essentiel: Faire du Québec une nation capable d'intégrer ses immigrants en français; valoriser notre culture nationale et en faire un pôle d'attraction incontournable de notre identité.

- Revaloriser l'éducation et en faire une priorité nationale (je remarque que le texte du Manifeste de M. Legault questionne entre les lignes le pédagogisme débilitant de notre Ministère de l'éducation qui forme des cancres comme profs au secondaire, c'est bon signe : il y a au moins un discours sur la nécessité de l'effort et sur celle d'investir dans les profs comme dans le réseaux).

- L'idée avancée de revenir à un certain nationalisme économique me fait aussi plaisir, mais son contenu m'apparaît pour le moment un peu creux. Si ce nationalisme impliquait une réappropriation de nos ressources naturelles qui sont dilapidées et contrôlées par des capitaux privés contribuant aux partis au pouvoir, vous m'en verriez satisfait, mais le discours de M. Legault demeure évasif sur la question et l'entourage de sa coalition embryonnaire n'a rien pour me rassurer sur ce sujet...

Enfin, (mais nous y reviendrons sûrement), il n'y avait rien dans la conférence de presse de M. Legault sur l'environnement et sur la nécessité d'opérer un virage vert dans le domaine économique et énergétique pour faire du Québec un pôle de développement d'avenir en Amérique du Nord. Ceci m'apparaît quelque peu déphasé... et pour le moins décevant !

Maintenant, ceci demeure pour le moment un mouvement qui lance une vaste consultation. À vous de lui inculquer une direction !

Mais l'idée déjà avancée en ces pages d'une Grande coalition pour le changement est toujours envisageable... Sans quoi le cauchemar de 2007 (des libéraux corrompus et déconnectés reportés au pouvoir à cause de la division du vote d'opposition) peut tout aussi bien se reproduire...

vendredi 18 février 2011

Chris Christie : l'après-Obama.

Je vous ai parlé l'année dernière de Chris Christie, le Gouverneur du New-Jersey, comme une figure potentielle pour «battre Obama» du côté républicain en 2012. En tout cas, il apparaît pour moi beaucoup plus dangereux que Sarah Palin. C'est un homme intelligent, articulé, drôle et populiste à souhait. Un genre de Reagan gros format ou encore un Régis Labeaume américain (avec tout ce que ça implique en proportions...).

Eh bien Chris a annoncé qu'il n'était pas prêt pour la présidence en 2012 et que sa femme le tuerait s'il osait briguer la candidature républicaine... Mais son discours et la façon qu'il a de le tenir demeurent, et je crois fortement que c'est ce genre de personnalité qui émergera dans l'après-Obama.

Harper et le Parlement.


Stephen Harper est un homme dangereux, particulièrement parce que sa manière de gouverner se situe largement dans la rigidité. L'axe de la rigidité en politique est indépendant de l'axe gauche-droite, il serait donc un «axe vertical»:

Cet axe se rapporte aux façons d'exercer le pouvoir et aux rapports que la formation partisane favorisera entre l'État et la société civile. La position de la Rigidité sur cet axe se détermine ainsi :
- Le parti sera prêt à utiliser la violence, à réprimer la dissidence, à chercher à discréditer ses adversaires plutôt que (dans la souplesse) débattre sereinement d'enjeux où de visions opposées qui s'affrontent...
- Le pouvoir y sera concentré au sein d'un groupe restreint et il sera centralisé, sans contrepoids indépendants.
- La société civile sera de plus en plus dépendante de l'État, ou pire encore, dans l'extrême-rigidité, elle n'existera plus. Seul l'État occupera toute la scène, les individus agiront seuls face à l'État, sans associations libres pouvant les défendre et les informer pour qu'ils puissent exercer leurs libertés.

Or, si vous lisez un peu sur la question ces temps-ci, tous les feux sont au rouge en ce qui concerne les rapports que Stephen Harper entretient avec le Parlement: le pouvoir central de notre système politique, le lieu par excellence de surveillance et de contrôle du gouvernement; le détenteur de la «souveraineté» et le lieu d'émanation de la volonté populaire. Stephen Harper méprise cette institution, il met fin à ses travaux lorsqu'un vote de confiance risque de le faire tomber (!); il ment effrontément aux députés et aux comités parlementaires qui le questionnent; il cache des informations, il falsifie des documents; réprime les personnalités et organismes qui ne pensent pas comme lui, etc. Que voulez-vous de plus ?

Qu'on parle en plus de son idéologie réactionnaire, de sa vision créationniste de la vie humaine, de sa volonté de transformer la culture au Canada ?

Chantal Hébert publie aujourd'hui un papier dans le Toronto Star qui affirme que la crise actuelle (le gouvernement Harper est accusé d'outrage au Parlement parce que la ministre Bev Oda a falsifié un document et a menti devant les comités parlementaires) est un meilleur argument pour déposer une motion de non-confiance et déclencher des élections : le gouvernement Harper constitue une menace à notre système démocratique parce qu'il opère un travail de sape et d'affaiblissement des différents contre-pouvoir existants dans un régime parlementaire.

jeudi 17 février 2011

La culture au coeur du développement.

Agenda 21C
Le Ministère de la culture du Québec (oui oui, notre ministre Christine St-Pierre peut lancer des initiatives prometteuses et s'abstenir de dire des âneries pendant quelques temps...) décide de lancer une série de consultation devant mener à la formulation d'un AGENDA 21 pour la CULTURE : l'Agenda21c.

L'idée est de mettre la culture au coeur du développement économique et social et de l'intégrer dans toutes les sphères de décision, comme c'est le cas avec le concept de développement durable pour l'environnement.

Il me semble que l'initiative mérite d'être soulignée. Surveillez les consultations menées par l'INM. (Voir ICI et ICI)

J'ai toujours considéré que notre société devait mettre la culture au coeur de son développement, particulièrement dans le domaine de l'éducation où sa place pourrait être beaucoup plus imposante tant dans le cursus scolaire que dans le parascolaire (avec les sports sur lesquels nous reviendrons un jour...).

La culture est notre principale richesse naturelle inépuisable : elle constitue le coeur de notre originalité en Amérique et représente aussi un domaine d'innovation important que nous sommes loins d'investir suffisamment il me semble.

Allons-y donc pour quelques fleurs à cette initiative de l'Agenda21c !

mardi 15 février 2011

David Cameron et le multiculturalisme.

Le 1er ministre britannique David Cameron impressionne par sa franchise depuis son arrivée au pouvoir. Il a entre autres commis un incident diplomatique lors de sa visite en Inde en accusant le Pakistan d'être complaisant envers le terrorisme islamique dans la région et d'être en partie responsable des difficultés de la mission militaire de l'OTAN en Afghanistan (vérité souvent évitée en diplomatie...).

Dans l'extrait ci-bas, il discute franchement des dérives de la politique du multiculturalisme, politique officielle longtemps favorisée par tous les partis politiques britanniques. Cette réévaluation du multiculturalisme semble d'ailleurs se généraliser en Europe : les Pays-Bas reviennent à la nécessité d'établir des balises claires (maîtrise de la langue, adhésion à certaines valeurs jugées fondamentales, etc.) permettant de mesurer une bonne intégration des immigrants; la chancelière allemande Angela Merkel vient de proclamer «l'échec du multiculturalisme» dans son pays.

Écoutez David Cameron, vous verrez qu'il proclame lui aussi l'exigence pour toutes sociétés d'établir clairement ce que Fernand Dumont appelait «nos raisons communes», c-à-d les éléments qui constitueraient la base de notre culture publique commune...

En espérant que ce débat qui est lancé en Europe puisse aussi influencer notre propre impasse multiculturelle (voir la rubrique d'hier...).

lundi 14 février 2011

Le bilinguisme «canadian».

Yves Boisvert rend compte ce matin dans La Presse d'un sondage sur le bilinguisme au Canada. Plusieurs paradoxes ressortent de celui-ci :

- D'abord, les Québécois - les plus bilingues d'entre tous au pays - ressentent que le français est menacé au Québec et que le bilinguisme canadien se porte plutôt mal; mais ils reconnaissent qu'il est très important de maîtriser l'autre lange officielle.
- De leur côté, les Canadiens-anglais perçoivent leur pays comme réellement bilingue, mais ne considèrent pas important de maîtriser le français...

Il semble donc que les «deux solitudes» perdurent dans les esprits. L'article d'Yves Boisvert ajoute que les Québécois considèrent maintenant que ce n'est plus «les Anglais» mais bien le multiculturalisme qui menace le fait français au Québec. Et Boisvert de conclure que cette crainte à l'égard du multiculturalisme est reliée aux revendications religieuses des nouveaux arrivants : «L'identité québécoise canadienne-française a été construite autour de la langue et de la religion catholique. Voir s'affirmer d'autres religions avec autant de ferveur, c'est remettre en question l'identité. C'est donc menacer la langue...»

Je rajouterais qu'il y a quelque chose de plus profond qui se profile derrière cette crainte posée par la politique canadienne du multiculturalisme : en l'adoptent en 1971 et en la constitutionnalisant en 1982, Pierre Elliott Trudeau faisait du Québec une communauté culturelle parmi d'autres au pays... Il brisait le projet québécois moderne (celui d'André Laurendeau, de René Lévesque, de Robert Bourassa, etc.) de FAIRE DU QUÉBEC UNE SOCIÉTÉ D'ACCUEIL capable d'intégrer ses immigrants en français !

Avec le multiculturalisme, l'immigrant qui arrive au Québec arrive en fait dans UNE nation bilingue et multiculturelle. C'est toute l'ambition de la loi 101 qui est fragilisée par cette politique hypocrite et mesquine...

Mais la faute ne relève pas que du Fédéral. Les différents gouvernements du Québec ont fini par adopter cette posture du Canada bilingue et multiculturel au Québec en communiquant souvent en anglais avec les nouveaux arrivants et en se conformant au relativisme des valeurs inhérant au multiculturalisme dans ses programmes d'éducation et ses façons d'entrer en contact avec les immigrants...

Nous y reviendrons, car la politique du multiculturalisme est de plus en plus décriée - on vient de proclamer son échec en Europe !

vendredi 11 février 2011

18 jours...

Il semble qu'Hosni Moubarak ait accepté de quitter le pouvoir... Après 18 jours de mobilisation historique ! N'est-ce pas inspirant ? Le poids du nombre existe encore !

Moubarak, le pompier-pyromane.


La rue arabe continue de se mobiliser, particulièrement en Égypte, où, devant l'entêtement d'Hosni Moubarak, le peuple demeure intraitable et réclame toujours son départ.

Bien sûr que Moubarak doit partir, non seulement parce que son autorité n'existe plus, mais également parce que sa réaction à la crise récente démontre toute son irresponsabilité et son orgueil : l'homme a décidé de se poser en «gardien de l'ordre et de la stabilité» en affirmant que son départ hâtif mènerait au chaos ! Mais on commence à comprendre que sa stratégie consiste plutôt à agir en pompier pyromane : il lance ses partisans contre les manifestants et les journalistes étrangers ou encore il utilise ce qu'il contrôle encore pour fragiliser sa succession potentielle... Bref, il tente par tous les moyens de repousser son départ. Est-ce pour protéger et transférer ses avoirs ? Pour renforcer son rapport de force avant de quitter, de façon à éviter des procès et dépossessions ?

Chose certaine, sa stratégie puise son inspiration dans un autre régime qui lui aussi, pour le moment, réussit à se maintenir : celui d'Abdelaziz Bouteflika, le Président algérien. Les deux hommes partagent maintenant une même méthode, celle de se présenter en rempart contre l'islamisme (pour bénéficier ainsi de l'appui ou de la complaisance de l'occident) tout en étant générateur de désordres à l'interne, pour pouvoir ainsi accuser les courants islamistes et démontrer au reste du monde que sans eux, le chaos ou le radicalisme triomphent... Plusieurs indications crédibles démontrent que le régime Bouteflika a commis une série d'attentats terroristes contre sa propre population dans les années 1990 pour ensuite accuser le Front islamique du salut et ses branches armées d'en être les auteurs... Il semble que de mêmes soupçons pèsent aujourd'hui sur le régime Moubarak à propos des attentats contre les Chrétiens coptes à Alexandrie le 31 décembre dernier !

Ces «fouteurs de troubles» doivent partir : ils ne constituent plus une police d'assurance contre le radicalisme islamiste (l'ont-ils vraiment déjà été ?), bien au contraire puisque leur autoritarisme et leurs régimes corrompus renforcent la crédibilité des islamistes qui contestent depuis fort longtemps et constituent aujourd'hui les groupes d'oppositions les mieux organisés... De plus, les poser en victime les aidera. Et enfin, l'appui de l'occident à Moubarak ou encore à Bouteflika (et à plusieurs autres, au 1er chef la famille régnante d'Arabie saoudite) nous discrédite aux yeux de la rue arabe, ce qui peut compromettre les chances des courants modernistes et démocratiques d'émerger dans ces pays puisqu'ils seront alors présentés comme des pantins de l'occident... Il est donc important que les USA cessent leur tergiversation et commencent à exercer une réelle pression sur ces régimes pour arbitrer une transition démocratique concertée et sérieuse, mais immédiate.

Ce qu'il y a de positif dans tout ce que l'on peut observer, c'est que malgré l'autoritarisme des régimes arabes, la société civile - «la rue arabe» - semble réellement exister et ne semble pas vouloir lâcher prise non plus... Le danger par contre, serait de «personnaliser» cette crise outrancièrement : le seul départ de Moubarak ne suffira pas, des réformes constitutionnelles profondes sont nécessaires. Et là encore, les USA, dont l'Égypte dépend de façon quasi-pathétique, peuvent jouer un rôle positif s'ils exigent plus de transparance et de résultats en ce qui concerne la transition démocratique à effectuer...

Lourd programme !

mercredi 9 février 2011

Maxime Bernier (Lord Durham) et le français.


Ne voilà-t-il pas que notre Maxime Bernier national en remet et déclare que la loi 101 est inutile. Cette loi dit-il, est l'incarnation même d'une «coercition étatique» puisqu'elle oblige les enfants des francophones et les enfants des immigrants au Québec d'envoyer leurs enfants à l'école francophone, au moins jusqu'au secondaire... (quoique depuis que les libéraux de Charest ont morcelé cette loi, si on a du $$$, on peut s'en libérer...)

Il est vrai que le Canada anglais et les USA n'imposent pas cette contrainte outrancière ! Est-ce parce que ce sont des sociétés plus «libérales», plus «justes», plus «démocratiques» que le Québec, cette société «totalitaire» ou à tendance liberticide ?

Mais non Maxime, le fait que le Canada anglais ou les USA n'imposent pas de lois linguistiques (quoique la Californie, le Nouveau-Mexique et d'autres États des USA ont adopté dans les dernières années des lois de type 101 pour proclamer l'anglais langue officielle et l'imposer dans l'affichage commercial...) si contraignantes relève simplement de la logique mathématique : ils sont assez nombreux démographiquement pour que leur langue s'impose naturellement, sans pression législative. Maintenant, le Québec est-il assez démographiquement fort en Amérique pour laisser le libre-choix en matière de langue d'enseignement ? Poser la question, c'est y répondre.

Le libertarisme de Maxime Bernier est une idéologie désincarnée, qui se pose comme le «gros bon sens» de la liberté individuelle face à «l'État puissant et méchant», mais cette idéologie ne tient pas la route lorsqu'il s'agit de la mettre en oeuvre. Traiter tous les individus symétriquement dans une situation asymétrique comme celle du Québec en Amérique du Nord signifierait la mort lente mais certaine du fait français sur ce continent.

Mais Maxime Bernier n'a que faire de la réalité et des mathématiques, il préfère bâtir sa notoriété en jouant un rôle fort populaire au Canada : celui du «Canadien-français de service» qui mettra le Québec à sa place ! Après tout, Jean Chrétien (et dans une moindre mesure Pierre Elliott Trudeau avant lui) ont joué cette partition (mauvais jeu de mot) avec succès.

La personnalité de Maxime Bernier devient donc fort populaire dans le ROC (rest of Canada), et cette popularité se construit sur des préjugés persistants : le Québec est une société «illibérale», presqu'incapable d'adopter les grands principes de la liberté individuelle et de la démocratie, si ce n'est grâce à la Charte et au Canada anglais, qui deviennent alors les remparts contre notre dérive totalitaire.

(Il y a un vieux fond de la pensée de Lord Durham qui ressurgit derrière ce discours et les applaudissements qu'il génère dans le ROC : en abolissant nos lois linguistiques, le Québec respecterait davantage les grands principes du libéralisme... Durham qui en 1840 proposait l'assimilation des Canadiens-français ne pensait pas autrement, il considérait que l'anglicisation du Québec servait des ambitions «civilisatrices», donc que l'anglais nous sortirait d'une certaine barbarie pour nous faire entrer dans le libéralisme...)

170 ans plus tard, Maxime Bernier, avec toute l'épaisseur (autre jeu de mot) de sa pensée, en rajoute et devient un nouveau pion au service de l'Empire...

vendredi 4 février 2011

All Québec in Toronto.

La gallerie Thompson-Landry n'affiche que des artistes québécois, en plein centre-ville de Toronto, principale vitrine de l'art au Canada anglais. Yoakim Bélanger y est exposé à partir de jeudi soir, le 10 février.

Voir un aperçu ICI.

jeudi 3 février 2011

L'orientalisme ou le mystère des femmes musulmanes.

Le Musée des Beaux Arts de Montréal (MBAM) vient d'acquérir une toile du peintre orientaliste Joseph-Jean Benjamin-Constant. L'orientalisme est un thème important de la littérature comme des arts visuels, particulièrement au XIXe siècle.

Eugène Delacroix incarne bien l'orientalisme en peinture. Benjamin-Constant (pas le penseur, mais l'artiste) en est un admirateur... Ses voyages au Maroc lui font peindre selon un certain exotisme oriental... Le regard européen sur l'Autre transparaît dans les thèmes généralement abordés :

Moments historiques forts (Mohamed II entrant à Constantinople - 1876, ci-contre)

ou mystères de la sensualité féminine (nombreuses toiles évoquant les Harems, l'endroit où les femmes de l'entourage du Sultan sont regroupées), ainsi que les Hamams, les «bains turcs» réservés aux femmes...

Les Hamams et thermes dans les pays musulmans sont des espaces de liberté extraordinaires pour les femmes. Le mystère demeure pour l'homme en ce qui concerne l'atmosphère réelle de ces lieux. Du côté des hommes, il y a une entraide et une proximité surprenante, qui n'existe pas en occident entre les hommes... Chez nous, où l'homosexualité semble s'extirper des grands tabous, la proximité entre les hommes demeure «suspecte», on ne veut pas apparaître comme un gay... Au Maroc, là où l'homosexualité est encore bafouée et perçue comme une maladie «morbide» (on s'est même fait dire qu'elle n'existait pas «en Islam»...), les hommes s'embrassent dans la rue, marchent en se tenant la main ou se lavent mutuellement et se massent dans les hamams et les thermes. Il faut aller au moins une fois dans sa vie aux thermes de Moulay Yacoub ou dans un hamam traditionnel (et pas cher !) ailleurs pour comprendre un peu le sens de mon propos. Mais le paradoxe que je viens d'évoquer à propos des hommes existe-t-il du côté des femmes ? Celles-ci étant plus effacées dans la sphère publique (allant jusqu'à se couvrir), prennent-elles leur «revanche» dans ces espaces de liberté que sont les thermes et les hamams ?

Quoiqu'il en soit, les peintres orientalistes ont accentué cette réflexion sur le mystère des femmes musulmanes. Mystère encore à ce jour persistant.

J-A Dominique Ingres - Le bain turc - 1862.

mercredi 2 février 2011

Dans l'attente du changement de régime...


Voici une photo de Patrick Baz, photographe de l'AFP, prise au Caire. Dans l'attente du changement de régime, cette photo est une véritable oeuvre d'art...

mardi 1 février 2011

Extraits publiés...

Le journal Maghreb-Canada a décidé de publier deux de mes derniers papiers sur la situation au Maroc par rapport aux révolutions arabes en cours...
VOIR LE RÉSULTAT ICI.

lundi 31 janvier 2011

L'usure des régimes arabes.

Je faisais lire à mes étudiants la session dernière un chapitre du livre de Georges Corm, Le Proche-Orient éclaté, intitulé «L'usure des régimes arabes».

Je ne veux pas me présenter comme plus perspicace que je le suis réellement, mais il me semble en effet que cette lecture était bien choisie : Corm y brosse un portrait dévastateur en ce qui concerne l'échec des élites en place à répondre aux besoins et aspirations de leurs propres sociétés. Il élabore sur les principales caractéristiques de ces régimes : autoritarisme et omniprésence de l'armée; bénéfices et rentes des marchés d'États au profit de l'élite politico-militaire; ouverture politique limitée combinée à un analphabétisme criant et à une absence quasi-totale de répartition de la richesse.

L'étincelle tunisienne aura suffit à embraser toute une région. Il faut maintenant observer vers quoi les «révolutions» en marche mèneront, mais jusqu'ici, tous les espoirs sont permis.

dimanche 30 janvier 2011

vendredi 28 janvier 2011

Maroc 2011 : photos (1)

Voici LE LIEN pour voir le 1er rouleau de mes photos du Maroc - 2011.

Retour en arrière...

Voici ce que je proposais comme réflexion à propos du régime de Mohammed VI l'an dernier à pareille date :
CLIQUEZ ICI.
Ça demeure pertinent à mon avis. À combiner avec mes derniers écrits, où l'impression d'un rôle positif joué par le Roi du Maroc est davantage soulignée.

Mohammed El-Baradeï : l'espoir.


L'ex-directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique et Prix Nobel de la paix 2005, Mohammed El-Baradeï, rentre en Égypte pour appuyer le mouvement de contestation du régime d'Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981. Voilà une personnalité crédible, peut-être capable de faire concurrence aux Frères Musulmans, la principale force d'opposition en Égypte.

Suggérons-lui d'intégrer la frange la plus modérée de l'islam politique au sein de sa coalition (peut-être devrait-il regarder l'expérience marocaine...), sans quoi il ne favorisera que la victoire des islamistes. Le régime Moubarak vient de faire un «shut down» du réseau internet sur le pays... Tiendra-t-il ?

mercredi 26 janvier 2011

À propos de la dictature marocaine.

Patrick Lagacé parle de la dictature marocaine ce matin dans La Presse. Il a raison, le régime marocain est encore un régime autoritaire. Mais il a tort lorsqu'il assimile ce régime aux autres dictatures de la région. D'abord parce que le Maroc est en réel processus de libéralisation. Pas une réelle démocratisation, mais une libéralisation.

Depuis la fin du régime de Hassan II, le père de l'actuel Roi Mohammed VI, le régime a procédé à une reconnaissance de ses propres dérives en créant la Commission Vérité et Réconciliation. C'est une expérience unique de réhabilitation des anciens dissidents, un processus de réparation des crimes commis à l'intérieur d'un même régime. (L'expérience sud-africaine est différente puisqu'elle a été mise en place lors d'un changement de régime...).

Le Maroc a donc procédé à une autocritique et celle-ci se poursuit. Bien sûr, les réflexes autoritaires du régime demeurent : emprisonnements et poursuites dissuasives contre des médias accusés de porter atteinte à la personne du Roi ou à l'unité du pays, impunité relative des autorités qui commettent des abus de pouvoir, etc. Mais il reste que la diversité de la presse existe, que des médias comme Maroc Hebdo, Nichane (et Tel Quel) en plus de tous les journaux affiliés aux nombreux partis politiques (plus de 30 !) continuent de repousser les frontières de l'autoritarisme et les tabous qui existent encore...

Donc, au-delà de l'autoritarisme du régime qui persiste mais qui se desserre, ce qui guette le Maroc et menace encore plus son processus de démocratisation, c'est une forme d'auto-censure intégrée de la part de la population et de ses élites, auto-censure qui s'explique sans doute par l'expérience historique d'un régime de fer (on a parlé des années de plomb pour décrire la dictature de Hassan II) et la persistance d'une culture politique de déférence à l'égard de l'Autorité de Sa Majesté le Roi (figure religieuse et politique).

La devise du Maroc est : «Dieu, la patrie, le Roi». Ces trois sujets sont tabous au pays, ils ne peuvent être abordés qu'avec des pincettes. Mais ces tabous sont de plus en plus repoussés par divers acteurs politiques, médiatiques et sociaux. On discute même dans certains milieux (surtout à gauche), de la nécessité de distinguer davantage la fonction religieuse du Roi de sa fonction politique. Le Parti du Progrès et du socialisme (PPS), qui participe au gouvernement en détenant plusieurs ministères, propose à cet effet une réforme constitutionnelle qui diminuerait les prérogatives du Roi au profit du Parlement et du gouvernement...


Et pour avoir rencontré la Ministre de la famille et de la solidarité sociale, Nouzha Skalli, je peux vous dire qu'une femme d'une si grande qualité ne ferait pas partie d'un gouvernement si celui-ci n'était que despotique et fermé aux aspirations de sa population. Mme Skalli, ex-militante communiste et féministe de la première heure, demeure convaincue du rôle positif que joue le Roi pour son pays actuellement. Bien sûr, elle trouve que les choses ne vont pas assez vite, que des compromis parfois frustrants doivent être faits avec les autres courants politiques présents au pays, mais elle préfère agir de l'intérieur et croit que son action fait réellement la différence.

Après l'avoir rencontré lors de mes deux derniers voyages au Maroc, j'en suis aussi convaincu.

mardi 25 janvier 2011

Le Maroc comme rempart contre l'islamisme.

J'ai parlé précédemment et à plusieurs reprises de la montée de l'islamisme dans le monde arabo-musulman, observable particulièrement depuis les années 1970, suite au déclin du nationalisme arabe si prestigieusement incarné par la figure historique de Gamal Abdel Nasser, cet «officier libre» qui a renversé la Monarchie égyptienne en 1952 pour instaurer une République, nationaliser la zone de Suez, électrifier les campagnes et émanciper «la nation arabe» du colonialisme européen et de la «fracture» (géographique et civilisationnelle) constituée par la création de l'État d'Israël.

Nasser

L'islamisme aurait donc construit son expansion sur le déclin du nationalisme arabe et sur l'échec de ses promesses. (La révolution du jasmin qui vient de se produire en Tunisie ne serait que le prolongement du déclin du nationalisme «républicain» évoqué ici).

Mais il serait fautif de faire émerger l'idéologie islamiste sur le seul déclin du nationalisme. Le mouvement fondateur de cette recherche de renouveau au sein de l'Islam est les Frères musulmans. Ce mouvement a été fondé par Hassan Al-Bana en 1928 au Caire en Egypte. Il demeure à ce jour l'un des mouvements les plus puissants dans le monde arabe et il a inspiré le fonctionnement du Hamas en Palestine, du Hezbollah au Liban et de toutes une série de mouvements sociaux et partis politiques, comme d'écoles théologiques, certaines modérées, d'autres radicales et favorisant un Jihad violent contre ceux qu'ils qualifient d'ennemis de l'Islam.

Il importe donc de distinguer :

1- les courants modérés de l'islamisme qui cherchent, comme plusieurs courants fondamentalistes chrétiens, à introduire leur conception religieuse dans la vie commune tout en entretenant un dialogue avec les autres règles et normes, celles de la culture des Droits de l'Homme par exemple, souvent en acceptant même la prépondérance des lois civiles sur les religieuses. On retrouve aux USA plusieurs groupes chrétiens évangélistes qui ont investi le champ social depuis longtemps, palliant aux insuffisances des services publics. Les Frères musulmans ont fait de même en Égypte, répandre leur conception de l'Islam tout en ayant une fonction sociale : construire des écoles, contribuer à organiser la société civile en favorisant la création de syndicats, etc.

2- les courants radicaux de l'islamisme qui cherchent à lutter contre l'Occident qui répand ses valeurs destructrices et contre les élites locales qui se sont éloignées de leur conception réinterprétée du Coran. (Il faut lire Gilles Kepel et Olivier Roy, deux islamologues français pour connaître quelques assises sur lesquelles je me fonde ici. Et pour saisir la complexité et la diversité de l'Islam, lire Islam et laïcité de Abdou Filali Ansary, Le Fennec, Casablanca, 2010)

Ce qui inquiète en ce moment dans la montée de l'islamisme, c'est que le courant radical (le 2) semble devenir la principale force d'opposition dans plusieurs pays : Arabie saoudite, Syrie, Irak, Jordanie, Égypte, Libye, Tunisie (?), Algérie... Tous ces pays ont vu croître en leur sein un islamisme salafiste qui cherche à perpétuer l'infériorité des femmes, repousser l'influence occidentale avec mépris et violence, et généralement renverser le pouvoir en place pour instaurer un Califat politico-religieux au service de l'Oumma, la Communauté des croyants. Cette conception radicale de l'Islam met la priorité sur le principe d'obéissance (la Ta'a) par rapport au principe de consultation (la Shura), tous deux pourtant essentiels et non-priorisés dans le Coran en ce qui concerne les règles de la vie en communauté.

L'islamisme radical que l'on vient de décrire risque dangereusement de prendre le pouvoir en Arabie saoudite, au Yémen, en Syrie, en Irak, en Égypte, en Algérie et en Tunisie... La raison réside dans les sentiments de colère des populations de ces pays face à l'indigence morale, la corruption, l'autoritarisme et la gabegie des autorités en place. Les mouvances islamistes ont su récupérer cette colère en investissant le champs social, puis politique. Le Hamas en Palestine s'est construit comme cela. Le Hezbollah au Liban, bien que chiite et financé par l'Iran, a construit sa légitimité de la même manière, en prenant en charge les populations paupérisées et délaissées du Sud-Liban et de West-Beyrouth... Quel pays du Maghreb ou du Machreck sera la prochaine victime ?

J'ai au moins l'impression que ce ne peut être le Maroc. Pour plusieurs raisons, entre autres parce que l'Islam marocain est sans doute l'Islam qui a les racines de tolérance et de dialogue inter-civilisationnel les plus profondes et les plus solides. C'est l'Islam de Cordoue, d'où les Juifs et les Musulmans ont été chassés lors de la Reconquista en 1492... C'est l'Islam des populations berbérophones, qui ont toujours été enclines à séparer les règles politiques et religieuses. C'est aussi une Monarchie dirigée par un Commandeur des Croyants propre au Maroc, ce qui permet au pays de mieux lutter contre les ambitions hégémoniques de l'Égypte ou de l'Arabie saoudite, deux puissances culturelles dans le monde arabo-musulman et qui ont directement contribué à l'expansion de l'islamisme comme idéologie.

Voilà donc l'ironie : le Maroc, un pays où les pouvoirs religieux et politiques sont incarnés par la même personne, réussit mieux à lutter contre l'islamisme radical que ces «républiques» arabes qui ne cessent de faire des compromis avec les mouvances radicales en réislamisant leurs systèmes politiques...

Une autre raison qui peut expliquer pourquoi le Maroc peut devenir un étendard (ou même un rempart) contre l'islamisme radical réside dans la stratégie mise en place par le régime. Les partis islamistes (le Parti Justice et développement - PJD - est la 2e force politique en importance au Parlement et il est affilié à des journaux et des mouvements sociaux...) sont aurtorisés s'ils acceptent de débattre sous l'autorité du Roi... Ils ont finit par exemple par accepter le nouveau code de la famille (la Moudawana) adopté en 2004 qui octroyait beaucoup plus de droits à la femme...

Les mouvements islamistes marocains qui réclament le renversement de la Monarchie, qui menacent l'ordre et la sécurité sont fortement réprimés. Les autres pays arabes ont tous cherchés à bénéficier de l'appui des USA en réprimant fortement tous les courants islamistes. Le Maroc a plutôt décidé d'intégrer ses mouvances les plus modérées et de briser les mouvances radicales. Pour ce faire, le Roi Mohammed VI a fondé l'Arrabeta Mohammedia des Oulémas qui a pour fonction de former les Imams dans les différentes Mosquées du pays, limitant ainsi la prolifération des imams radicaux (sous influence saoudienne ou autres...). L'Arrabeta des Oulémas développe également un discours sur la lutte aux ITS, particulièrement le Sida. Elle est même sur ce point plus avancée que l'Église catholique, n'hésitant pas à faire la promotion et la distribution de condoms en partenariat avec des organisations de la société civile...

Voilà donc quelques raisons qui expliquent pourquoi le Maroc est peu enclin à subir les contrecoups de la révolution tunisienne ou pire, à voir émerger sur son sol un islamisme radical qui remplacerait le régime en place. Alors qu'ailleurs, c'est une autre histoire...

lundi 24 janvier 2011

Le retour d'un Président.

La tragédie de Tucson où un tireur fou a tiré sur une représentante démocrate et tué plusieurs citoyens qui assistaient à une assemblée publique (du type Town hall meetings) dans un centre commercial a permis au Président Obama de livrer un de ses meilleurs discours depuis le début de sa présidence.

À 23:55 du vidéo ci-bas, Obama évoque les victimes et le fait qu'une tragédie comme celle-ci devrait servir à unifier le pays et non à le diviser. Puis, il semble diriger à mots couverts une critique à l'égard du mouvement Tea Party et de ses relais médiatiques qui ont créé une atmosphère dangereuse en identifiant comme anti-américains ceux qui ne sont pas en accord avec leur credo ultra-conservateur. Il en appelle alors à un retour du civisme dans le discours public et au fait que le pays se doit d'être à la hauteur des aspirations de ses enfants. On reconnaît dans ce discours ce qui a fait la figure d'Obama : un homme réfléchi, en phase avec ce qu'il y a de meilleur dans les valeurs américaines de délibération collective et de self-government...

Le tribun est de retour !

dimanche 23 janvier 2011

La secousse tunisienne face à la stabilité marocaine.

Je reviens tout juste du Maroc où j'ai pu encore une fois constaté que le leadership du Roi Mohammed VI est fort apprécié, du moins pour le moment. C'est pendant mon séjour là-bas que la «révolution» tunisienne a réussi à renverser le Président Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans.

Il y avait quelque chose de fort intéressant à discuter de cet événement avec le citoyen marocain. D'abord pcq les Marocains ont longtemps considéré que les Tunisiens étaient les «faiblards» du monde arabe; incapables qu'ils étaient selon eux de se mobiliser collectivement et d'être à la hauteur de leurs discours... Or, voilà que c'est en Tunisie que les secousses politico-sismiques les plus fortes depuis fort longtemps dans la région ont commencé. Et ce sont toutes les Républiques arabes de la région, particulièrement l'Algérie et l'Égypte qui risquent de subir les contrecoups d'une telle révolte populaire... Ensuite pcq la plupart des commerçants avec lesquels j'ai jasé de la situation disaient qu'une telle révolte n'était pas envisageable au Maroc actuellement. La Monarchie marocaine semble fort appréciée puisque le Roi est perçu comme un acteur positif, principal responsable des changements sociaux et politiques des 10 dernières années.

Pourtant, les problèmes endémiques du monde arabe se retrouvent aussi au Maroc : omniprésence de la police et de l'armée, corruption et inégalités sociales criantes, marché de l'emploi obstrué même pour les jeunes diplômés, etc. Mais ce qui s'est passé en Tunisie et qui risque de se répercuter ailleurs dans la région, c'est que les promesses «républicaines» (Algérie, Égypte, Libye, Tunisie sont des républiques alors que le Maroc est une Monarchie où le Roi demeure la principale figure politique et religieuse) d'une croissance qui profitera à tous et de régimes qui servent de remparts à l'obscurantisme islamiste se sont avérées mensongères et ont plutôt donné place à des régimes autoritaires et bloqués sur les plans politiques, sans réussir à freiner la montée du fondamentalisme religieux...

Encore une fois, sans idéaliser le règne de Mohammed VI, on peut croire que de tels chamboulements inaugurés par la société civile en Tunisie, donc par le bas, n'atteindront pas le Maroc. En effet, au Maroc, c'est «par le haut», à l'initiative même du Roi que les libertés politiques sont en ascension et que les conditions de vie pour le plus grand nombre commencent à se bonifier: l'accès à l'électricité et à l'eau s'améliorent grandement, la lutte à l'analphabétisme fait des pas de géants, la situation de la femme et des populations berbérophones (Amazigh) sont aussi en constante progression... Bref, le Roi du Maroc est perçu comme un acteur de changement social alors que les Présidents des Républiques arabes sus-mentionnées sont perçus comme des freins aux aspirations de leur propre société civile.

Nous reviendrons sous peu sur la question de la montée de l'islamisme dans le monde arabe, cette idéologie radicale qui se présente trop souvent comme la principale alternative à l'autoritarisme et à la corruption qui sévissent dans l'ensemble de la région. Car là encore, l'expérience marocaine des dernières années pourrait servir d'exemple et de rempart efficace contre le retour en arrière que proposent les différents courants islamistes salafistes (le salafisme évoque un «retour aux anciens», voire aux origines de l'Islam, considéré comme dévié par la pression occidentale et la sédition des élites locales).

D'ici là, je reprends contact avec les miens.

jeudi 30 décembre 2010

2e épopée marocaine.

C'est reparti (ou presque) pour le Maroc. On se reparle un autre jour...
Bonne année à vous !

Photo : J-Félix Chénier - «Ma maman» amazigh, près de Tidzi, Maroc.

mardi 28 décembre 2010

Le retour du marché.

Dans la foulée de la crise financière de 2008 où les gouvernements des États se sont posés en sauveurs du Grand capital privé, on se disait en quelque sorte que le libéralisme «pur» qui prône le libre-jeu du marché allait en prendre pour son rhume et qu'une réglementation significative du secteur financier suivrait...

Le chroniqueur économique du Devoir Éric Desrosiers évoque dans ce papier qu'au contraire, malgré ses évidentes failles, les théories dominantes de la science économique des dernières années font un retour en force et qu'elles accélèrent en quelque sorte la pression sur la zone Euro (serait-ce le début de la fin pour cette monnaie unique ?) ainsi que sur les promesses «obamiennes», compromettant ses réformes, donc l'idée même que ce Président puisse s'inscrire dans la durée autrement que par le symbole d'affranchissement qu'il incarne...

Et François Brousseau dans le même journal qui parle de ces deux méga-riches que sont Warren Buffett et Bill Gates et qui dans leurs discours semblent favorables à une plus grande imposition des riches aux USA... Seraient-ils gênés d'être si riches et de si peu contribuer à la caisse commune ? Pendant ce temps, Obama s'est écrasé en prolongeant les exemptions d'impôts pour les plus riches...

lundi 27 décembre 2010

Netanyahou et la peur.

Pour ceux qui s'intéressent au pire des conflits sur notre planète, il faut lire cet éditorial du journal israélien Haaretz. Akiva Eldar y écrit que le premier ministre Benyamin Netanyahou alimente les pires instincts de son électorat en entretenant la peur de l'arabe qui cherche à annihiler le peuple juif...

Extraits :
«But instead of warning of the dangers inherent in the continuation of the conflict, Netanyahu has chosen to exploit the primitive fear of the other. Instead of warning of Israel's increasing isolation, he is increasing the public's fear of the unknown. Those who are feared are hated and those who are hated are killed, Nelson Mandela has said.

Netanyahu is sowing fear, we are harvesting hatred, and our children are killing and being killed
»

Percutant ! et lucide.

dimanche 26 décembre 2010

S'inscrire dans la durée.

Voilà la préoccupation centrale de toute civilisation : s'inscrire dans la durée. Ne pas être simplement éphémère, mais au moins laisser une trace, une poussière significative ou du moins signifiante.

Je pense à cette nécessité et je me dis plein de choses : j'éduque mes enfants en cherchant à leur inculquer quelque chose de signifiant et en faisant en sorte que leur passage ici sur terre soit passionnant. Je cherche à perpétuer ce que je considère méritoire de l'être : la curiosité, l'aimabilité, la générosité, la responsabilité; je travaille à discréditer ce que je considère répréhensible : l'égocentrisme, le je m'enfoutisme, l'arrogance et la paresse (l'acétie ???).

Quoiqu'il en soit, s'inscrire dans la durée est toujours exigeant, mais il me semble, toujours nécessaire. sans quoi nous sommes condamnés à l'insignifiance. Le défi est de trier quoi transmettre.

Par exemple, quel sera le legs de Barack Obama ? Une réforme de l'assurance-santé trop modeste ? Un quart de réforme de Wall Street ? Des discours exceptionnels ? Il me semble que nous devons espérer mieux ou simplement plus :
- un arbitrage intelligent du conflit israélo-arabe;
- un virage vert dans les transports qui ne cherche pas à plaire aux Républicains;

Quoi d'autres ? Le menu est vaste !

lundi 20 décembre 2010

Bientôt, le Maroc.

Je repars bientôt pour trois semaines au Maroc, accompagnant des étudiants pour un stage d'étude.

Le Maroc est vraiment à la croisée des chemins dans le domaine politique. Il y a une réelle libéralisation des moeurs au pays, visible tant par la tenue vestimentaire que par la diversité de la presse. Mais celle-ci demeure mise à mal par un régime qui pratique encore un autoritarisme soft sur trois sujets : Dieu, la patrie, le Roi.

Et le paradoxe dans tout ça, c'est que même si on ne peut contester le Roi, et que cela freine la liberté d'expression, c'est la personne même du Roi qui favorise la «transiition démocratique» du pays. Sans Lui, le nouveau code de la famille adopté en 2004 et qui octroie un meilleur statut à la femme marocaine - l'un des meilleurs dans le monde arabe - sans Sa Majesté le Roi donc, ce code n'aurait pas été adopté... Le système économique se transforme aussi, l'État étant de moins en moins présent comme pourvoyeur d'emplois. Certaines privatisations (conduite des eaux) ont aussi eu lieu...

Le pays demeure pourtant fortement imprégné, par son rythme mais aussi par réelle conviction, de religiosité. Ceci dit sans aucune «hauteur» de ma part, bien au contraire. En ce temps des fêtes où toute la symbolique religieuse disparaît ici, j'ai l'impression que je retrouverai au Maroc pendant une période où il n'y a pas de Grandes fêtes religieuses, la beauté d'une société qui habite sa culture au quotidien, par une série de rituels significatifs et sentis pratiqués par tous, au sein d'une communauté encore liée, voire tissée serrée.

J'ai souvent l'impression que notre Révolution tranquille a coupé vite (trop sechèment sans doute) avec la culture religieuse, ce qui a affaibli «notre tonus moral» comme dirait Jacques Grand'Maison. C'est aussi là que le Roi du Maroc, Mohammed VI, devient une figure importante pour le pays : il est le Commandeur des croyants, il est donc ce gardien de la tradition religieuse capable de freiner «le désenchantement du monde» occasionné par une rupture trop radicale avec la culture religieuse.

Car disons-le, il y a un appauvrissement pour chacun lorsque l'on se prive de l'extraordinaire richesse de l'apport des religions : comment apprécier la beauté d'une église, d'une mosquée ou d'une synagogue si on ne connaît rien de la religion ? Je pense ici autant aux récits évoqués par chacune des religions du Livre (Judaïsme, Christianisme, Islam) qu'aux Arts en général tirés de cette inspiration sans borne qu'est Dieu ou la simple transcendance. Comment aimer la peinture ou la musique, sans une capacité minimale au recueillement, à la dévotion à l'égard de la Beauté ?

Au Maroc, cet éveil politique et culturel que l'on perçoit réellement - c'est pourquoi j'évoquais notre Révolution tranquille tout-à-l'heure, le Maroc est un pays de jeunes ! - cet éveil donc, se fait aussi grâce à l'appui populaire du Roi et à l'importance de ses pouvoirs. Et pour ces raisons, le pays ne balaiera pas de sitôt son héritage culturel religieux.

Entre la laïcité froide et le rigorisme religieux, l'espace qui se crée au Maroc est prometteur (il faut dire que l'islam marocain a toujours été un islam tolérant et «moderniste», c-à-dire ouvert à la science et au dialogue inter-religieux). Ce pays pourrait inspirer le reste du monde arabo-musulman, qui se cherche quelque peu après le déclin du nationalisme arabe et la montée de l'islamisme...

samedi 18 décembre 2010

Les unions, quossa donne ?

Ironique de voir Yvon Deschamps cette semaine s'excuser auprès des journalistes en lock-out du Journal de Montréal pour avoir accordé une entrevue au journal du boss de Quebecor ? PKP serait-il un bon boss ?

Yvon en a profité pour donner en exclusivité à Rue Frontenac, le journal des vrais journalistes et employés en conflit depuis deux ans, la primeur exclusive de sa retraite. Et il a rappelé qu'il croyait toujours en la nécessité des syndicats : «C’est la seule façon d’assurer la protection des travailleurs et c’est la façon la plus civilisée d’organiser le travail, et d’établir les rapports de force entre le patronat et les travailleurs».

Puis, dans une lettre subséquente, il propose un bilan :

«Quand j’ai écrit les unions qu’ossa donne, mon premier monologue, je l’ai fait en pensant à mon grand-père qui a travaillé en usine de l’âge de 12 ans jusqu’à 65 ans. Donc 53 ans, 12 heures par jour, 6 jours par semaine, 52 semaines par année. Il est mort avant que les ouvriers aient droit aux vacances. À 65 ans on lui a donné une montre et on l’a retourné chez lui dans la misère des années trente. Je n’aurai pas de montre, mais c’est correct, j’en ai déjà une

et il signe : «Signé: le mari de Judi Richards, Yvon Deschamps».

L'homme le plus féministe de l'histoire du Québec prend sa retraite. Qui prendra sa relève ? Quand même pas Ricardo !

vendredi 17 décembre 2010

Toune du vendredi.

Voici un projet sur lequel Tom Waits a prêté sa voix unique, provenant d'outre-tombe et marquée par les longues nuits enfumées et imbibées d'alcool... Et le vidéo d'animation est réalisé par l'artiste montréalais Fluorescent Hill. La toune Spacious Thoughts est de DJ collective N.A.S.A, sur l'album The Spirit of Apollo.

Tom Waits est toujours à la même place, dans sa tanière californienne, et en même temps, il est partout, même ici, c-à-d là où on ne l'attend pas. À quand un show du Grand Tom à Montréal ?

Spacious Thoughts from Anti Records on Vimeo.

Dans le même esprit...

Dans le même esprit d'espoirs désespérants qu'évoquent la musique de Patrick Watson et les graffitis de Banksy, voici une vidéo trouvée sur viméo.

Patrick Watson

Je m'aperçois que malgré mes différents bilans musicaux, je n'ai pas encore vraiment parlé de Patrick Watson dans ce blogue, cet artiste montréalais incomparable ! Ses airs aériens, ses mélodies chaleureuses enveloppées des percussions déconstruites de Robbie Kuster tournent dans ma tête sans que je m'en lâsse depuis 2006, avec son album Close to Paradise, qui fût son grand succès... Mais pour moi, son dernier album, Wooden arms, est encore meilleur... Plus authentique ou en tout cas, moins imprégné de diverses influences identifiables, comme si Watson et sa gang avaient trouvé leur propre voie.

Et pour ceux qui veulent découvrir une facette plus atmosphérique, plus cinématographique de sa musique, faisant penser à un autre band montréalais du Mile end - Godspeedyoublackemperor - Watson fait aussi partie d'un groupe qui s'appelle Sevensproject.

Voici tout de même deux vidéos pour découvrir le gars en question. Un premier, très beau, tiré de Wooden arms, et le deuxième, enregistré à l'excellente émission Q de la CBC.

Patrick Watson - Fireweed from Opak Media on Vimeo.



jeudi 16 décembre 2010

Banksy - le graffiteur masqué.

Libération propose un survol des célèbres graffitis de Banksy, cet artiste anglais qui, comme Réjean Ducharme chez nous, protège son anonymat.

Celui-ci, effectué sur le fameux «mur de sécurité» séparant Israël de la Cisjordanie, est particulièrement réussi.

Félix et la langue du commerce.

Trouvé par le blogue de JF Lisée cet extrait de Félix Leclerc jasant autour de la langue et du français au Québec. C'est beau.

mardi 14 décembre 2010

Les rythmes étranges

Les Rythmes Étranges: 21.1 Québec (Canada): Le Groupe Haïti-Mini, Patchuco. Pressage Privé, 1972;
Voir ce blogue pour découvrir un tas de choses en musique du monde, incluant la musique de «notre» diaspora haïtienne bien de chez nous !

et le parlementaire de l'année ?

Amir Khadir en a surpris plus d'un à l'Assemblée nationale cette année ! Un sondage publié hier dans Le Devoir le proclamait l'élu le plus populaire du Québec...

Lire cet excellent papier de Patrick Lagacé ICI.

Seule incongruité dans le texte de Lagacé, car celui-ci affirme : «J'imagine qu'à Québec, des animateurs de radio dré-drette, qui ont fait de Khadir leur homme de paille préféré, se sont étouffés dans leurs Corn Flakes, hier, en lisant le sondage du Devoir. Hein, Amir Khadir, politicien le plus populaire au Québec? Un autre signe que le Québec, c'est Cuba, pour l'adorable Clique de Val-Bélair...»

Or, il est peu probable que les animateurs de radio «dré-drette» lisent Le Devoir...

et la personnalité de l'année ?


TIME magazine rendra public demain sa «personnalité de l'année». Il faut peut-être rappeler que les critères reposent sur l'importance de la couverture médiatique et de l'impact (états-unien et international) de cette personne...

2010 risque de déboucher sur Julian Assange, le fondateur de Wiki Leaks...

D'autres suggestions ?

Et la personnalité de la décennie ? Je propose Luis Ignacio Lula Da Silva, le Président brésilien sortant.

lundi 13 décembre 2010

Rumeur sur la ville...

Une rumeur provenant d'une «source anonyme» dit que contrairement à mes prédictions 2011, François Legault ne renonce pas à créer son parti politique. Il annoncerait au contraire d'ici la fin janvier avoir rassemblé une quinzaine de candidats prêts pour la prochaine élection. Le hic résiderait dans le fait qu'il n'y a pas vraiment de figures fédéralistes qui se joignent au nouveau parti...

On peut donc déjà penser que les principales victimes de ce nouveau véhicule seront l'ADQ puis le PQ... Et le scénario de 2007 pourrait réapparaître, comme un mauvais souvenir : un gouvernement libéral minoritaire, qui se maintient au pouvoir malgré son incurie grâce à la division du vote...

À moins que le PQ réussisse à éviter le pire en proposant comme je l'espère un pacte de non-agression avec certains partis pour former une Grande coalition capable de remplacer les libéraux... Pauline Marois est-elle capable de tant de hauteur ? Et François Legault, d'un peu d'abnégation ?

Une bonne nouvelle !

Les élèves québécois se classent très bien en les comparant avec les autres sur la scène internationale dans les disciplines de la lecture, des maths et des sciences ! C'est une enquête internationale qui le confirme.

Lire Yves Boisvert, qui encore une fois, réagit intelligemment à cette dépêche...
Extrait :
«Sans farce: pour obtenir de pareils résultats, nos profs doivent avoir fait deux, trois trucs vraiment bien pendant que les pédagogues du Ministère avaient le dos tourné à concocter des réformes.

On allait peut-être oublier que ce métier attire encore pas mal de gens qui aiment passionnément les enfants et la transmission du savoir
». (fin de l'extrait)

Reste que cette nouvelle relativise «la catastrophe» que l'on évoque souvent à propos de notre système d'éducation. C'est une bonne nouvelle ! Et c'est rare !

vendredi 10 décembre 2010

Jouets (ONF, 1966)

Le site de l'Office national du Film (ONF) déborde d'archives et de films forts intéressants. C'est pourquoi il est mon favori du mois...

En voici un qui suggère une réflexion, en ce temps des fêtes qui approche, sur la consommation, l'horreur de la guerre, et la vie qui continue par-delà ces horreurs, dans une certaine indifférence... Comme si notre société «dramatiquement en paix» comme l'a déjà dit Wajdi Mouawad (sans doute pour provoquer notre indifférence et notre confort...) zappait constamment d'un sujet à l'autre : dramatique ici, trivial là, sans que cela change quoi que ce soit au court des choses...

Joyeux magasinage des fêtes !

mercredi 8 décembre 2010

La reconnaissance de l'État palestinien.

Le Brésil, l'Argentine (et bientôt l'Uruguay), ont reconnu officiellement l'existence d'un État palestinien sur les frontières d'avant 1967. Ceci implique que cet «État» comprendrait la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-est comme capitale...

Israël et les USA ont condamné ce geste qualifié d'improductif. Le porte-parole du département d'État des USA est même allé jusqu'à dire «que toute action unilatérale est contre-productive» ! Dans le contexte où les USA viennent d'abandonner leur demande de gel de la colonisation des territoires palestiniens par Israël pour relancer les négociations, cette déclaration est presque ridicule...

L'unilatéralisme est la principale constante de la politique israélienne depuis 1967. Lors de cette guerre, Israël a conquis plusieurs territoires et a commencé l'implantation de civils dans ces territoires (la colonisation), ce qui est contraire au Droit international et constitue en soit un projet d'expansion et d'annexion territoriale, empêchant ainsi un État palestinien d'émerger.

La décision du Brésil, puis de ses voisins, de reconnaître l'existence d'un État palestinien, ne contrevient en rien au droit à l'existence d'Israël. Elle peut même être positive (j'en parlais ICI).

Cette décision démontre toutefois que l'impuissance américaine dans la région commence à faire émerger de nouveaux joueurs qui cherchent à faire contrepoids. Bien sûr, la capacité du Brésil et de l'Argentine d'infléchir la position expansioniste du gouvernement israélien actuel est fort limitée, mais elle démontre qu'Israël est ses alliés, en retardant indéfiniement les nécessaires négociations de paix, risquent de délégitimer leur position et de se retrouver de plus en plus isolés sur la scène internationale... (Je l'évoquais ici).

Je suis un fort partisan du droit à l'existence et à la sécurité pour Israël : à aucun autre endroit dans le monde, les Juifs peuvent dire collectivement, c'est ici chez nous... Mais Israël a gagné son indépendance. Il faut maintenant permettre aux Palestiniens d'avoir leur État dans la région...

Le Brésil, puissance montante de la scène internationale, serait-il en train de créer une brèche dans l'hégémonie américaine dans la région du Proche et Moyen-Orient ?

Et que penser de la prédiction suivante : Luis Ignacio Lula Da Silva (il quitte officiellement la présidence en janvier) comme prochain Secrétaire général des Nations Unies ?

mardi 7 décembre 2010

John Baird, cette envie de chier...

Ça fait plusieurs mois que je me retiens de ne pas traiter de tous les noms le «ministre de l'environnement» fédéral John Baird. Mais cette semaine, lors de la conférence de Cancùn, le Canada a montré son vrai visage à la communauté internationale en cherchant à torpiller tout effort international pour réduire les émissions de gaz à effets de serre.

Le Canada nage en pleine ère Bush.(Et le Québec de M. Charest aussi, malgré ses beaux discours, car il développe essentiellement des projets autoroutiers et se lance tête baissée dans l'exploitation des gaz de schiste, tous des «projets» qui profiteront directement aux «petits amis» du régime...).

Et regardez John Baird, le sinistre ministre en mission suicide pour défendre la grande industrie polluante et rétrograde... Une vraie face d'envie de chier ! Je m'en voulais d'être aussi grossier, mais qui est le plus odieux ? Moi avec mes insultes à 5 sous ou lui et son gouvernement qui compromettent tout effort nécessaire pour opérer un virage moins énergivore ?

Et le pire dans tout ça, c'est que les conservateurs nuisent à l'économie canadienne en retardant gravement le virage technologique susceptible de donner une avance sur la scène internationale à notre économie... Pendant ce temps, les USA d'Obama commencent à faire un effort louable et la Chine s'en va vers un système de plafonnement et d'échanges de crédits d'émissions... Et l'Allemagne est déjà en avance sur tous les plans... Le Canada ? Dernier cave du peloton, il chie dans son froque !

jeudi 2 décembre 2010

Wikileaks : un 1er bilan.

J'attire votre attention sur ce papier de Karine Prémont, prof de science po à Grasset et chercheure à Raoul-Dandurand de l'UQÀM. Elle propose un 1er bilan à propos de la méga-fuite orchestrée par Wikileaks ICI.

Extraits :
«En fait, ces fuites — comme la majorité d'entre elles — auront fort probablement l'effet contraire de celui recherché par Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, qui affirme travailler au nom de la transparence et de la responsabilité des gouvernements du monde entier. Habituellement, les fuites ont plutôt pour conséquence de renforcer le secret entourant les discussions de l'équipe décisionnelle et, par le fait même, la prise de décision en politique étrangère.

Tel fut le cas de l'affaire Iran-Contra sous Reagan: pour éviter que ne soit révélée la poursuite du financement des militants Contra malgré les interdictions du Congrès, l'équipe décisionnelle a été réduite de manière substantielle et les décisions ont été prises par un groupe très restreint. La même chose a pu être observée durant la présidence Nixon: les fuites sur les bombardements secrets au Cambodge ont mené le président et son principal conseiller, Henry Kissinger, à prendre seuls les décisions de politique étrangère.

Le renforcement du secret entourant le processus décisionnel est généralement la conséquence la plus importante — et souvent la seule — des fuites liées à la politique étrangère des États-Unis. Les récentes fuites diffusées par WikiLeaks ne devraient pas faire exception.
»

Troublant, n'est-ce pas ?

Vos prédictions 2011 ?

Alors, quelles sont vos prédicitons pour 2011 ?

Comme ce blogue est passionné de politique, on peut se risquer et en lancer quelques-unes, sans se prendre au sérieux :

- L'Iran acquiert la bombe atomique;

- Le gouvernement Netanyahou tombe en Israël pour avoir accepté un gel de la colonisation des territoires palestiniens sous pressions américaines;

- Barack Obama et la Chine arrachent un traité de non-agression à la Corée du Nord en échange d'une aide économique et alimentaire...

- Jean Charest prépare sa sortie en devenant Secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie; Nathalie «Palin» Normandeau mesure ses appuis pour lui succéder...

- Gilles Duceppe mesure ses appuis pour remplacer Pauline Marois à la tête du PQ...

- François Legault renonce à transformer son idée de mouvement politique en parti...

- Les élections fédérales sont déclenchées au printemps, après le refus d'une majorité de députés à la Chambre des Communes d'entériner le budget Flaherty; Les Conservateurs sont reportés au pouvoir, toujours minoritaires, mais s'emparent progressivement de la région métropolitaine de Toronto. Le NPD s'effondre dans les provinces du centre... Le «progressisme canadian» est en crise !

- Gamal Moubarack succède à son père comme Président égyptien (au pouvoir depuis 1981...) Même succession père-fils en Libye où les Khadafi dominent sans partage... Ha ces «républiques» à l'allure monarchique...

- Sarah Palin confond les changements climatiques avec les changements saisonniers...

Et les morts de 2011 ? Les paris sont ouverts ! Le Pape Benoit XVI ? Remplacé par un Pape latino-américain ?

mardi 30 novembre 2010

The Suburbs.

Je vous ai souvent parlé ici du dernier album d'Arcade Fire, ce groupe du Mile End qui connaît un succès international. Voici le vidéo de la chanson-titre du dernier album. Il évoque bien cette nostalgie de l'enfance des banlieues nord-américaines... Mais puisqu'il est tourné aujourd'hui en 2010, il démontre aussi combien nos «plans de développement» sont maintenant périmés et stupides : regardez la largeur des rues !

Quel est selon vous, le pourcentage de l'espace au sol couvert par les infrastructures reliées à l'automobile dans ce type de banlieue, qui constitue encore aujourd'hui la norme en ce qui concerne le développement de notre territoire ?

Arcade Fire - The Suburbs (Official Video) from City Slang on Vimeo.

4 liens.

1- Pour vous convaincre qu'un simple moratoire sur les gaz de schiste n'est pas une mesure radicale... voir CECI.
2- La lettre que JF Lisée écrit à Pierre-Karl Péladeau à propos de son double bras-de-fer, celui entre lui et Sylvain Lafrance, de Radio-Canada (deux empires qui s'attaquent en diffamation...) et celui entre lui et le syndicat du Journal de Montréal...
3- Comment les auteurs de l'émission les SIMPSONS présentent le réseau Fox News lors de ses deux derniers épisodes...
4- Mon bilan musical 2010.

lundi 29 novembre 2010

Gaz de schiste - les artistes se mobilisent.

Plusieurs artistes se mobilisent pour réclamer un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. Il me semble qu'effectivement, l'idée d'un simple moratoire est la bonne revendication. Arrêtons-nous le temps de nous assurer que si cela se fait, que ça se fasse correctement.

Mais non, le gouvernement Charest est tellement pressé qu'il travestit les audiences publiques et sous-traite sa campagne d'information à l'industrie...

Pour signer la pétition, cliquer ICI.

dimanche 28 novembre 2010

Le Palmarès musical 2010.

Comme l'an passé, on s'essaye de faire un bilan en ce qui concerne la musique qui tourne dans mes oreilles depuis un an...

Karkwa - Les chemins de verre. Plus doux (trop ?) que les précédents, plus introspectif encore, mais toujours aussi beau et bon, le dernier Karkwa est celui de la consécration pan-canadienne (prix Polaris critiqué dans le ROC parce qu'ils ne connaissent rien à la culture québécoise...). À voir une fois dans sa vie en show !

Neil Young - Le Noise. Mes attentes étaient trop grandes : réunir le vieux Neil et Daniel Lanois, celui qui a présidé à la renaissance de Bob Dylan et au triomphe incroyable de U2. Les albums de Lanois sont pour moi des oeuvres presque toujours magistrales... Et cette collaboration historique s'est faite en deux temps : avant l'accident de moto qui a failli tuer Lanois et après cet accident. Ça s'entend ! Lanois a fait bifurquer sa réalisation vers la distorsion et la réverbération. Le vieux Neil, seul avec sa guitare au son post-grunge, en ressort jeune (Young)... C'est fort ! Et lorsque Neil déplogue sa gutiare, il nous offre de véritable bijoux qui deviendront des classiques comme Love and War et Peacefull Valey boulevard.

Daniel Bélanger - Nous. Après L'échec du matériel (quel beau titre, surtout dans le contexte de la crise qui allait suivre !), Daniel Bélanger sort un album plus groove, qui prend du temps à s'immiscer mais qui vieillira très bien. Le talent de Bélanger est ici entouré d'un band qui propulse ses chansons dans une structure moins propre, moins travaillée en quelque sorte, et ce n'est pas un défaut !

Massive Attack - Heligoland. Massive Attack est de retour avec son son cool, légèrement «salon tamisé avec alcool»... On aime.

Jimmy Hunt - Le disque a été trop encensé par la critique, ce qui a fait que la première écoute a été décevante. Mais l'album du chanteur de Chocolat se découvre petit à petit et il est effectivement excellent ! De bonnes mélodies, des textes simples ou alors effacés qui font ressortir une grande qualité sur le plan des arrangements et de la recherche de sons. La structure des tounes demeure toutefois simple, elle aussi. Et le chant un peu en retrait de Jimmy Hunt fait qu'on peut l'imaginer sortir d'un vieux Juke Box dans un diner avec une serveuse qui nous appelle «mon choux» !

Black Dub - Le dernier projet de Daniel Lanois. L'homme prend du recul (après son accident) au profit d'une chanteuse qui a du SOUL dans la voix ! Mais l'ambiance feutrée et enveloppante de Lanois reste.

Arcade Fire - The Suburbs. C'est l'album de l'année pour moi ! De belles mélodies, des paroles écrites comme des poèmes simples mais forts évocateurs de l'adolescence dans les banlieues nord-américaines. Voir ma chronique passée. C'est déjà un classique.

Martin Léon - Les Atomes. C'est le moins fort des albums de Martin Léon selon moi, mais il demeure agréable et s'écoute quand même d'une traite sans trop d'anicroches. Lui aussi, comme Lanois dont il peut évoquer l'atmosphère, a décidé de s'entourer de voix féminines... Ben correct de même !

Radio-Radio - Belmundo Regal. Chargé et décousu, mais léger et sans prétention, Radio-Radio réussit à nous transporter dans un délire chanté en chiac (franglais acadien). Rythmé, entraînant. Joyeux.

Fistfull of Mercy - Réunion improbable de mes deux chanteurs préférés - Ben Harper et Joseph Arthur - avec en bonus le fils de George Harrison, Dhani. Les attentes étaient trop grandes, donc la déception était certaine. Mais ça demeure un bijou de folk beatlesque avec un vieux fond de Crosby, Stills, Nash & Young... J'irai voir en show en 2011, ce sera sans doute meilleur lorsque les gars se connaîtront mieux! Harper et Arthur sont des créateurs boulimiques en perpétuelles transformations, et ce n'est jamais insignifiant.

Mention spéciale aux 12 hommes rapaillés en l'honneur de Gaston Miron. Le 2e album est peut-être moins bon que le 1er, mais il y a là plusieurs perles fabuleuses. Et ça nous fait (re)plonger dans Miron d'une nouvelle façon.