Le ministre délégué aux ressources naturelles, Serge Simard, refuse de proclamer un moratoire sur l'exploration de l'uranium... Peut-être vous rappelez-vous de la menace de 20 médecins de la Côte-Nord de démissionner si une mine d'uranium entrait en fonction dans la région...
Le gouvernement Charest répond aux objections de la coalition Sept-Îles sans uranium qu'imposer un moratoire serait «hasardeux» pour l'économie québécoise et le ministre délégué ajoute que les opposants sont sans doute mal informés... Chose certaine, le gouvernement assure qu'aucun projet d'exploitation de l'uranium ne compromettrait la santé ni l'environnement ! Et le départ de 20 médecins dans une région qui en manque déjà ?
Le Québec est supposé être maître d'oeuvre en matière de ressources naturelles, mais il semble que depuis fort longtemps, libéraux comme péquistes aient abandonné leur souveraineté en la matière au profit des grandes compagnies minières. L'actuel Ministre des ressources naturelles, Pïerre Corbeil, a été un lobbyiste pour les compagnies minières entre ses mandats de 2007 et 2008. Yvan Loubier, ex-député bloquiste, est aujourd'hui lobbyiste pour une compagnie minière...
Partout au Québec, les compagnies minières (et gazières) peuvent exploiter sans formuler de demandes particulières aux autorités. Le Maire de St-Hilaire a appris cette semaine par le journal local qu'une compagnie faisait de l'exploration gazière sur son territoire... Partout, il semble que les droits du citoyen soient assujettis aux droits d'exploitation.
Un projet de loi sur l'exploitation minière est actuellement à l'étude à l'Assemblée nationale. Le dossier des compagnies minières et de leur poids politique démesuré réapparaîtra bientôt puisque plusieurs coalitions de citoyens se forment un peu partout et que Richard Desjardins est en train de préparer un documentaire sur le sujet... Quand on se rappelle de l'impact qu'avait eu L'erreur boréale sur l'industrie forestière...
À suivre... Mais d'ici là, un extrait de l'émission d'Enquête, dans lequel on voit également que le Maire de Sept-Îles ignorait qu'il y avait de l'exploration d'uranium sur son territoire :
mercredi 18 août 2010
mardi 17 août 2010
La Mosquée de Ground Zero.
Richard Hétu rend compte depuis plusieurs jours de l'immense controverse suscitée par le projet d'établir un centre culturel islamique ainsi qu'une Mosquée tout près de Ground Zero, le principal site des attentats du 11 septembre 2001. Qualifié de sacré aussi bien par la droite populiste que par le Président Obama, Ground Zero et son devenir suscitent la controverse depuis le début. L'adoption du 1er plan de reconstruction a d'ailleurs été retardée à plusieurs reprises.
Cette fois-ci, le projet de la Mosquée est mal perçu, jugé trop proche du lieu du drame. L'Association des victimes du 11 septembre a condamnée ce projet et le Parti républicain comme les figures de la droite montante (Glenn Beck, Sarah Palin, etc.) cherchent à discréditer Barack Obama sur ce dossier où son laisser-faire ou pire son «insensibilité» à l'égard du 9-11 serait alors révélée. Certains poursuivent leur délire en rappelant que le 2e prénom d'Obama est Hussein et affirment qu'il n'est pas vraiment Chrétien...
L'ironie dans tout ça est que ce projet est porté par un imam modéré, plusieurs fois utilisé «politiquement» semble-t-il par l'administration de W. Bush pour diffuser le message que l'Amérique est respectueuse de sa minorité musulmane et non pas en Guerre contre l'Islam...
Barack Obama a il me semble bien réagis à la crise, il a affirmé que la liberté de conscience était une valeur fondamentale du pays, au coeur même de sa construction et de sa pérennité. Sa position de principe ne sera pas payante politiquement. (il a d'ailleurs ajouté quelques heures plus tard, sans doute devant la panique de ses conseillers en communication, qu'il ne commentera plus la polémique entourant l'emplacement de la Mosquée...). Reste que c'est sa position de principe, prise lors d'une cérémonie inaugurant le mois du Ramadan à la Maison-Blanche qui a marqué les esprits. Les élections de mi-mandat auront lieu en novembre (435 Représentants et 34 Sénateurs tombent alors en élection). Plusieurs Démocrates menacés sont en train de lâcher Obama sur cette question sensible et fortement alimentée par les médias conservateurs...
Décidément, Obama ne l'a jamais facile...
Cette fois-ci, le projet de la Mosquée est mal perçu, jugé trop proche du lieu du drame. L'Association des victimes du 11 septembre a condamnée ce projet et le Parti républicain comme les figures de la droite montante (Glenn Beck, Sarah Palin, etc.) cherchent à discréditer Barack Obama sur ce dossier où son laisser-faire ou pire son «insensibilité» à l'égard du 9-11 serait alors révélée. Certains poursuivent leur délire en rappelant que le 2e prénom d'Obama est Hussein et affirment qu'il n'est pas vraiment Chrétien...
L'ironie dans tout ça est que ce projet est porté par un imam modéré, plusieurs fois utilisé «politiquement» semble-t-il par l'administration de W. Bush pour diffuser le message que l'Amérique est respectueuse de sa minorité musulmane et non pas en Guerre contre l'Islam...
Barack Obama a il me semble bien réagis à la crise, il a affirmé que la liberté de conscience était une valeur fondamentale du pays, au coeur même de sa construction et de sa pérennité. Sa position de principe ne sera pas payante politiquement. (il a d'ailleurs ajouté quelques heures plus tard, sans doute devant la panique de ses conseillers en communication, qu'il ne commentera plus la polémique entourant l'emplacement de la Mosquée...). Reste que c'est sa position de principe, prise lors d'une cérémonie inaugurant le mois du Ramadan à la Maison-Blanche qui a marqué les esprits. Les élections de mi-mandat auront lieu en novembre (435 Représentants et 34 Sénateurs tombent alors en élection). Plusieurs Démocrates menacés sont en train de lâcher Obama sur cette question sensible et fortement alimentée par les médias conservateurs...
Décidément, Obama ne l'a jamais facile...
lundi 16 août 2010
Les jeunes libéraux et le cynisme.
Quelques jeunes libéraux du Québec
Les jeunes libéraux du Québec se sont réunis cette fin de semaine pour proposer quelques solutions au cynisme qui domine le paysage politique québécois et «rapprocher l'élu du citoyen»... Que proposent-ils ?
Les jeunes libéraux ne proposent rien sur la nécessaire réforme du mode de scrutin. Pourtant, tous les partis politiques présents à l'Assemblée nationale se sont déjà engagés à réformer ce mode électoral qui fait en sorte que la majorité de nos députés sont effectivement élus par une minorité d'électeurs... Et notre mode de scrutin actuel, en plus de dévaloriser le droit de vote, contribue à perpétuer une joute partisane bipolaire malsaine qui fait que les partis sont sans cesse encouragés à s'affronter plutôt qu'à collaborer dans le meilleur intérêt de tous...
De plus, les jeunes libéraux semblent plutôt timorés en ce qui concerne la nécessaire réforme du financement des partis politiques. Pratiquement tous les scandales et les allusions qui ont terni la classe politique et le gouvernement Charest en particulier au cours des derniers mois touchaient au financement des partis et aux effets néfastes de ce trafic d'influence qui semble institutionnalisé au sein de l'appareil gouvernemental.
Il me semble que la meilleure solution pour enrayer le financement illégal des partis et mettre fin aux moyens détournés mis en oeuvre depuis plusieurs années serait d'interdire tout bonnement toute contribution de la part des citoyens et des entreprises aux partis politiques. C'est déjà le cas pour les entreprises depuis la réforme du 1er gouvernement Lévesque, mais les partis ont depuis trouvé toutes sortes de stratagèmes pour financer au-delà des limites permises, leurs partis. Le PLQ est à cet effet le Grand Champion du financement : pour siéger au Conseil des ministres du gouvernement Charest, il faut être capable d'aller chercher 100 000$ auprès de contributeurs divers... Ça vous en dit un peu sur la dépendance au cash de ce parti et sur les effets délétère d'une telle dépendance face à la transparence, la légalité, l'équité et les règles de bonne gouvernance...
Voilà donc que les jeunes libéraux cherchent à mettre fin au cynisme. Intéressant, mais ils proposent bien peu pour corriger un Grand Mal...
Revenons à ma solution : en interdisant toute contribution aux partis, seul le financement étatique serait maintenu en fonction du nombre de vote reçu par chaque parti lors de la dernière élection générale (cette modalité existe déjà dans la loi actuelle...). Il est bien évident qu'il faudrait aussi règlementer strictement les dépenses des partis en exigeant un plafond ainsi que limiter au strict minimum les pancartes et autres éléments contribuant à cette boulimie du financement qui favorise le contournement de la loi...
À ce sujet, la France a mis en oeuvre toute une série de mesures qui déterminent les lieux publics où les pancartes sont autorisées en plus de règlementer le temps d'antenne (ou l'espace média) qui doit être offert aux différents partis autorisés à concourrir lors de l'élection. Chose certaine, en interdisant tout financement direct des individus et des entreprises tout en règlementant strictement les dépenses lors des campagnes électorales, on égaliserait les chances entre les partis et on rendrait le financement illégal et ses effets pervers encore plus difficiles...
En tout cas, en ce qui concerne l'audace et la vision de «nos jeunes libéraux», on repassera !
P.S. C'est le Festival de l'expression citoyenne jusqu'au 22 août !
Les jeunes libéraux du Québec se sont réunis cette fin de semaine pour proposer quelques solutions au cynisme qui domine le paysage politique québécois et «rapprocher l'élu du citoyen»... Que proposent-ils ?
- Modifier les règlements de l'Assemblée nationale et renforcer les pouvoirs de la présidence de l'Assemblée, de façon à ce que les débats soient davantage axés sur des questions-réponses et non sur des faux-fuyants comme c'est effectivement le cas actuellement;
- Modifier les règles de financement des partis politiques de façon à ce que tout don aux partis transitent par la Direction générale des élections (DGE), un organisme indépendant;
- Interdire aux députés élus sous une bannière de changer de partis en cours de mandat : les députés-transfuges devraient alors se faire réélire sous leur nouvelle couleur et siégeraient entre temps comme indépendants.
Les jeunes libéraux ne proposent rien sur la nécessaire réforme du mode de scrutin. Pourtant, tous les partis politiques présents à l'Assemblée nationale se sont déjà engagés à réformer ce mode électoral qui fait en sorte que la majorité de nos députés sont effectivement élus par une minorité d'électeurs... Et notre mode de scrutin actuel, en plus de dévaloriser le droit de vote, contribue à perpétuer une joute partisane bipolaire malsaine qui fait que les partis sont sans cesse encouragés à s'affronter plutôt qu'à collaborer dans le meilleur intérêt de tous...
De plus, les jeunes libéraux semblent plutôt timorés en ce qui concerne la nécessaire réforme du financement des partis politiques. Pratiquement tous les scandales et les allusions qui ont terni la classe politique et le gouvernement Charest en particulier au cours des derniers mois touchaient au financement des partis et aux effets néfastes de ce trafic d'influence qui semble institutionnalisé au sein de l'appareil gouvernemental.
Il me semble que la meilleure solution pour enrayer le financement illégal des partis et mettre fin aux moyens détournés mis en oeuvre depuis plusieurs années serait d'interdire tout bonnement toute contribution de la part des citoyens et des entreprises aux partis politiques. C'est déjà le cas pour les entreprises depuis la réforme du 1er gouvernement Lévesque, mais les partis ont depuis trouvé toutes sortes de stratagèmes pour financer au-delà des limites permises, leurs partis. Le PLQ est à cet effet le Grand Champion du financement : pour siéger au Conseil des ministres du gouvernement Charest, il faut être capable d'aller chercher 100 000$ auprès de contributeurs divers... Ça vous en dit un peu sur la dépendance au cash de ce parti et sur les effets délétère d'une telle dépendance face à la transparence, la légalité, l'équité et les règles de bonne gouvernance...
Voilà donc que les jeunes libéraux cherchent à mettre fin au cynisme. Intéressant, mais ils proposent bien peu pour corriger un Grand Mal...
Revenons à ma solution : en interdisant toute contribution aux partis, seul le financement étatique serait maintenu en fonction du nombre de vote reçu par chaque parti lors de la dernière élection générale (cette modalité existe déjà dans la loi actuelle...). Il est bien évident qu'il faudrait aussi règlementer strictement les dépenses des partis en exigeant un plafond ainsi que limiter au strict minimum les pancartes et autres éléments contribuant à cette boulimie du financement qui favorise le contournement de la loi...
À ce sujet, la France a mis en oeuvre toute une série de mesures qui déterminent les lieux publics où les pancartes sont autorisées en plus de règlementer le temps d'antenne (ou l'espace média) qui doit être offert aux différents partis autorisés à concourrir lors de l'élection. Chose certaine, en interdisant tout financement direct des individus et des entreprises tout en règlementant strictement les dépenses lors des campagnes électorales, on égaliserait les chances entre les partis et on rendrait le financement illégal et ses effets pervers encore plus difficiles...
En tout cas, en ce qui concerne l'audace et la vision de «nos jeunes libéraux», on repassera !
P.S. C'est le Festival de l'expression citoyenne jusqu'au 22 août !
samedi 14 août 2010
Inception
J'ai vu Inception, le dernier film de Chritopher Nolan, qui a aussi réalisé Memento... Encore une fois, c'est à un scénario complexe et rocambolesque que nous assistons, bouche ouverte et sur le bout de notre siège. Le film est enlevant et son rythme rapide réussit à oblitérer presque tous les questionnements logiques qui pourraient surgir à notre esprit.
Je vous laisse découvrir le film par vous-mêmes, mais je tenais à vous partager mon appréciation du scénario, complexe et intelligent, ainsi que des effets visuels époustoufflants que «le monde du rêve», au coeur de l'histoire, permet d'envisager. Il faut toutefois être prêt à excuser
Et puis, Marion Cotillard est belle et mystérieuse...
Question : à la fin, selon vous, la toupie s'arrête-t-elle ?
Je vous laisse découvrir le film par vous-mêmes, mais je tenais à vous partager mon appréciation du scénario, complexe et intelligent, ainsi que des effets visuels époustoufflants que «le monde du rêve», au coeur de l'histoire, permet d'envisager. Il faut toutefois être prêt à excuser
- les nombreuses invraisemblances : les héros qui évitent sans cesse les balles d'une armée de mitrailleurs...
- peut-être aussi que quelques fois le film ne va pas assez loin dans les infinies possibilités de l'imagination (surtout en ce qui concerne l'architecture des villes imaginées) - après tout, nous sommes dans un rêve !
Et puis, Marion Cotillard est belle et mystérieuse...
Question : à la fin, selon vous, la toupie s'arrête-t-elle ?
mardi 10 août 2010
L'usure du pouvoir.
Le ministre de la justice du Québec, Jacques Dupuis, tire sa révérence. Il sera sans doute remplacé comme député de la circonscription St-Laurent par Jean-Marc Fournier qui annonce son retour en politique québécoise. C'est une bonne nouvelle. M. Fournier est un homme moins mesquin et apparemment plus honnête que M. Dupuis.
Jacques Dupuis et JM Fournier
Mais il reste que le retour de Fournier illustre combien il est difficile pour le gouvernement Charest d'attirer de nouvelles figures au sein de son équipe. La circonscription de St-Laurent est un Château-fort quasi-imprenable pour le Parti libéral : on y présenterait une boîte aux lettres qu'elle se ferait élire parce qu'elle est rouge ! Le prochain député est assuré de siéger au Conseil des ministres.
Jacques Dupuis et JM Fournier
Mais il reste que le retour de Fournier illustre combien il est difficile pour le gouvernement Charest d'attirer de nouvelles figures au sein de son équipe. La circonscription de St-Laurent est un Château-fort quasi-imprenable pour le Parti libéral : on y présenterait une boîte aux lettres qu'elle se ferait élire parce qu'elle est rouge ! Le prochain député est assuré de siéger au Conseil des ministres.jeudi 5 août 2010
Arcade Fire... et l'étalement urbain.
Le Ministère des transports du Québec (ces «mésadaptés sociaux»), décide de changer les panneaux de signalisation pour y augmenter la grosseur des caractères - vieillissement de la population oblige ?!!! Et le tout sera confié au secteur privé (pour récompenser les «amis» ?), alors que l'expertise de l'entreprise publique est reconnue et jugée supérieure... En plus de démontrer une incapacité à comprendre le sens des priorités - une telle décision est injustifiable dans le contexte budgétaire actuel où on demande plus sous formes de taxes et tarifs tout en fournissant moins sous formes de services - le gouvernement Charest poursuit sa politique du discours creux, tout en valorisant sans cesse ce mode de développement qui nous tue : étalement urbain, valorisation de l'automobile individuelle, espace sans cesse croissant dévolu à l'auto (autoroutes, stationnement...).
Pendant ce temps, j'écoute le dernier Arcade Fire, intitulé The Suburbs (les banlieues). C'est beau, du bon rock, pas pesant. Les arrangements sont originaux : violons, cor français, synthés un peu rétros. L'atmosphère générale est un peu nostalgique de l'enfance.
I won't live to see the death of everything that's wild.
Pendant ce temps, j'écoute le dernier Arcade Fire, intitulé The Suburbs (les banlieues). C'est beau, du bon rock, pas pesant. Les arrangements sont originaux : violons, cor français, synthés un peu rétros. L'atmosphère générale est un peu nostalgique de l'enfance. Le lien à faire ? Les politiques du gouvernement Charest en matière de transport sont désuètes, héritières d'une époque révolue, belle lorsqu'on la contemple à travers la musique et les images cartonnées d'un album rock (je me suis procuré l'album - le vrai - pas téléchargé !), mais terriblement irresponsable lorsqu'on connaît les perspectives qui se présentent à nous dans le contexte des changements climatiques...
Dans Half light II, Win Butler chante :
«You have hid in this home wich has no life,
Oh, this city's changed so much since I was a little child.
Pray to God I won't live to see the death of everything that's wild.
Though we knew this day would come,
Still it took us by surprise. In this town where I was born,
I now see through a dead man's eye.»
mardi 3 août 2010
If I can fly.
Je vous ai parlé quelques fois de Yoakim Bélanger.
Là, c'est à propos d'un film qu'il a réalisé pour un concours international de vidéo sur lequel David Lynch est jury. Un très beau 10 minutes qui fait le portrait en mouvement de ce danseur au corps marqué et aux traits durs... Les techniques employées sont encore une fois originales et le résultat est beau, particulièrement dans les moments où on devine la silouhette du danseur à travers le jeu presqu'aléatoire de l'encre dans l'eau...
Là, c'est à propos d'un film qu'il a réalisé pour un concours international de vidéo sur lequel David Lynch est jury. Un très beau 10 minutes qui fait le portrait en mouvement de ce danseur au corps marqué et aux traits durs... Les techniques employées sont encore une fois originales et le résultat est beau, particulièrement dans les moments où on devine la silouhette du danseur à travers le jeu presqu'aléatoire de l'encre dans l'eau...
politique 101 - L'élection du Président aux USA (1)
La pré-campagne menant aux élections primaires commence aux USA. Nous l'avons dit dans les Politiques 101 précédents, le régime présidentiel est fondé sur un idéal républicain dans lequel le peuple est la source de l'autorité. Le Président des USA est donc à la fois le chef d'État et le chef de gouvernement et il est élu par le peuple. Pour pouvoir rêver atteindre ce poste, il faut être né citoyen des USA; avoir 35 ans ou plus; résider au pays depuis au moins 14 ans. Mais au-delà de ces conditions prescriptives, il y a toute une procédure. La «mécanique électorale» des USA est souvent mal comprise. Allons-y étape par étape:
1- Les élections primaires sont celles qui se tiennent à l'intérieur de chacun des partis, pour chacun des États pris individuellement. Elles servent à élire des délégués généralement associés à des candidatures... Par exemple, dans la primaire démocrate de 2008, les 2 personnalités les plus en vues et qui se sont donnés une chaude lutte, étaient Barack Obama et Hillary Clinton. Les primaires républicaines ont alors opposées John McCain, Mike Huckabee, Mitt Romney, etc. Donc ce sont les délégués élus lors des primaires qui choisiront le candidat officiel de leur parti concourrant à la présidence des États-Unis.
Le processus des primaires est complexe, on doit donc simplifier grandement puisque le régime politique états-unien garantie aussi l'autonomie des États fédérés, ce qui engendre une grande diversité d'élections primaires.... Mais disons en gros qu'il y a
2- la convention nationale de chacun des partis (juillet et août de l'année de l'élection). C'est le véritable lancement de la campagne présidentielle puisque c'est à ce moment, dans de grands stades envahis par les chapeaux en styrofoam et les confettis, que l'on confirme la candidature officielle de chacun des partis : le peuple américain connaît alors les candidats qui s'opposeront. C'est surtout à ce moment que le candidat présidentiel officialise son co-listier : celui ou celle qui fera figure de Vice-président (le peuple américain vote en quelque sorte pour un couple Président-Vice-président). En 2008, la folle décision de John McCain de choisir alors Sarah Palin demeure encore inexplicable (ou plutôt injustifiable) pour moi...
3- La campagne électorale s'échelonne officiellement de la fin des Conventions nationales jusqu'au Mardi suivant le premier lundi de novembre, jour de l'élection présidentielle. On oublie souvent de spécifier que l'élection présidentielle aux USA est indirecte, c-à-d que c'est un Collège électoral (composé de 538 Grands-électeurs) qui élit le Président. Nous expliquerons cette «mécanique» dans un prochain Politique 101.
1- Les élections primaires sont celles qui se tiennent à l'intérieur de chacun des partis, pour chacun des États pris individuellement. Elles servent à élire des délégués généralement associés à des candidatures... Par exemple, dans la primaire démocrate de 2008, les 2 personnalités les plus en vues et qui se sont donnés une chaude lutte, étaient Barack Obama et Hillary Clinton. Les primaires républicaines ont alors opposées John McCain, Mike Huckabee, Mitt Romney, etc. Donc ce sont les délégués élus lors des primaires qui choisiront le candidat officiel de leur parti concourrant à la présidence des États-Unis.
Le processus des primaires est complexe, on doit donc simplifier grandement puisque le régime politique états-unien garantie aussi l'autonomie des États fédérés, ce qui engendre une grande diversité d'élections primaires.... Mais disons en gros qu'il y a
- les Caucus, qui se tiennent comme des assemblées traditonnelles (vote à main levée), dans les sous-sols d'églises ou les gymnases d'école ou selon la méthode des Town Hall meetings. Les gens prennent la parole publiquement, cherchent à convaincre d'appuyer tel ou tel candidat, certains se présentent même pour défendre une idée - le maintien des subventions agricoles par exemple - plutôt qu'un candidat à élire...Cette méthode «à l'ancienne» est entre autres pratiquée en Iowa.
- Les «primaires fermées» : Ces élections se tiennent au scrutin secret, mais elles sont réservées aux électeurs qui sont membres du parti en question (inscrits sur la liste électorale comme électeur républicain ou démocrate);
- Les «primaires ouvertes» : Dans la majorité des États, les primaires sont ouvertes aux électeurs indépendants. Donc, les membres du parti ET les électeurs indépendants peuvent voter à ce type de primaire. Il semble qu'il soit dorénavant interdit par exemple de participer à la primaire républicaine si on a participé à la primaire démocrate dans la même année.
2- la convention nationale de chacun des partis (juillet et août de l'année de l'élection). C'est le véritable lancement de la campagne présidentielle puisque c'est à ce moment, dans de grands stades envahis par les chapeaux en styrofoam et les confettis, que l'on confirme la candidature officielle de chacun des partis : le peuple américain connaît alors les candidats qui s'opposeront. C'est surtout à ce moment que le candidat présidentiel officialise son co-listier : celui ou celle qui fera figure de Vice-président (le peuple américain vote en quelque sorte pour un couple Président-Vice-président). En 2008, la folle décision de John McCain de choisir alors Sarah Palin demeure encore inexplicable (ou plutôt injustifiable) pour moi...
3- La campagne électorale s'échelonne officiellement de la fin des Conventions nationales jusqu'au Mardi suivant le premier lundi de novembre, jour de l'élection présidentielle. On oublie souvent de spécifier que l'élection présidentielle aux USA est indirecte, c-à-d que c'est un Collège électoral (composé de 538 Grands-électeurs) qui élit le Président. Nous expliquerons cette «mécanique» dans un prochain Politique 101.
lundi 2 août 2010
J'ai planté un chêne...
En randonnant avec les enfants en forêt, je me suis mis à fredonner J'ai planté un chêne de Gilles Vigneault. Ayant oublié les couplets, je ne chantais que le refrain aux enfants qui ont entonné en choeur et questionné la signification du propos. Puis, je me suis demandé à quel temps de verbe Vigneault avait écrit... En tous cas, voici les paroles. En les lisant, l'air vient presque naturellement...
Photos : J-Félix Chénier
Photos : J-Félix Chénier
| Acadia National Park |
À l'origine d'un cri.
Les producteurs Roger Frappier et Luc Vandal lancent leurs campagnes promotionnelles pour À l'origine d'un cri, de Robin Aubert. Cliquez ici pour un avant-goût. Ou encore regardez ceci pour une incursion dans le tournage...
vendredi 30 juillet 2010
Retour en douceur...
De retour de vacance. Acadia National Park, dans le Maine, puis Pohénégamouk, dans le Témiscouata (à la hauteur de Kamouraska, mais dans les terres...) Vélo, randos, wake board, etc.
Ce matin, premier retour sur «la vague» depuis mon incident du mois de mars... Cool.
Je vous suggère la lecture de ce papier de Solange Chalvin, une dame extraordinaire qui a côtoyé André Laurendeau, cet intellectuel fondamental qui avait développé sans doute l'une des visions les plus généreuses et réalistes de ce qu'aurait pu être le Canada, avant Trudeau...
Nous y reviendrons.
Ce matin, premier retour sur «la vague» depuis mon incident du mois de mars... Cool.
Je vous suggère la lecture de ce papier de Solange Chalvin, une dame extraordinaire qui a côtoyé André Laurendeau, cet intellectuel fondamental qui avait développé sans doute l'une des visions les plus généreuses et réalistes de ce qu'aurait pu être le Canada, avant Trudeau...
Nous y reviendrons.
samedi 17 juillet 2010
Avant le décrochage estival.
Je repars sous peu en vacance, histoire de décrocher davantage... On se retrouvera plus régulièrement à la rentrée...
Acadia National Park, Maine.
Mais d'ici là, quelques suggestions. Lire:
Acadia National Park, Maine.
Mais d'ici là, quelques suggestions. Lire:- Ce papier de Chantal Hébert, qui revient sur ce projet de Quebecor d'instaurer une chaîne d'info «conservatrice» de type Fox News au Canada...
- Cette chronique de Josée Blanchette, un petit bijou, parlant de ce français, Marc Roger (et de cette québécoise, Catherine Hébert, qui documente l'expérience) qui marche de Saint-Malo à Bamako - 5000 km - en offrant des lectures publiques aux quidams rencontrés sur son passage... Un griot blanc. Elle souligne également la parution du dernier numéro de Relations qui propose un dossier sur les silences... «Il est peu de réalité essentielle à l'existence qui soit si peu prise en compte que le silence. Pourtant, sans silence, pas de parole, pas de musique. Ni repos, ni sommeil. Le silence, c'est un peu la demeure des poètes, l'oxygène de la pensée et du jugement» Jean-Claude Ravet.
- Ce papier de Steve Proulx sur les vacances versus la routine...
- Ce compte-rendu du livre de Jean-Louis Servan-Schreiber (une «grande famille» en France...) sur le court-termisme qui nous assaille et nous empêche de penser et d'agir en fonction du long terme... Extraits : «Nos dirigeants sont de plus en plus soumis à une opinion publique de plus en plus volatile. (...) D'où l'avènement d'une politique de l'anecdote et de l'émotion qui ne traite plus des problèmes de fond, jugés électoralement peu payants. (...) De même pour la finance, où la recherche effrennée d'une rentabilité à court terme a causé les dégâts que l'on sait. (...) Même constat pour la publicité, qui véhicule le culte de la nouveauté et l'obsolescence programmée pour nous faire consommer toujours plus, et plus vite».
- Le dernier numéro du média gratuit Espaces, dispo un peu partout, offre un Dossier survie fort intéressant : plein de conseils judicieux pour les moments où les situations deviennent «limites». Quand la débrouillardise devient une exigence. On y suggère plein de trips à faire à vélo ou à pied et on y raconte des histoires hors de l'ordinaire... Voir à ce sujet le projet de 4 passionnés de montagnes québécois qui partent pour le Manaslu (8 156 m), du côté népalais.
mercredi 14 juillet 2010
La rigidité de Stephen Harper (4)
Hélène Buzzetti du journal Le Devoir est une des journalistes qui fait ressortir le plus clairement la rigidité du gouvernement Harper. J'ai discuté ici, ici et là de ce radicalisme des objectifs (loi et ordre, droit à l'avortement, «évangélisme politique» et vision doctrinaire des problèmes politiques) et des moyens (façon de gouverner, rapports avec les autres sphères du pouvoir et avec la société civile, etc.) au sein du Parti conservateur de M. Harper.
Si vous lisez l'article de Buzzetti de ce matin, vous constaterez que le projet du gouvernement Harper de mettre fin au caractère obligatoire du recensement engendre une protestation multiforme : les organismes de charité, les groupes communautaires, les centres de recherche universitaires, le milieu de la finance, le Vérificateur-Général, le Commissaire aux langues officielles, etc. Tous s'inquiètent de la valeur future des statistiques du recensement si celui-ci n'est rempli que par des volontaires... L'échantillon à l'étude ne serait alors plus représentatif... Et d'entendre le ministre Baird dire que son gouvernement mettra en circulation davantage de questionnaires longs pour pallier à la disparition du caractère obligatoire... Un p'tit cours de Méthodologie peut-être ?
En fait, il semble que ce projet participe de la volonté et de l'inclination naturelle du gouvernement Harper à camouffler ou rendre opaque l'information au public. Comment justifier davantage d'intervention de l'État dans le champ social et économique si nous n'avons pas accès aux principaux indicateurs de développement de notre société ?
Le gouvernement Harper est inquiétant ! Et le paysage politique canadien le devient tout autant, puisque l'opposition étant fortement éclatée, elle laisse de la place à ce courant idéologique radical du Canada pour s'installer au pouvoir, avec tout ce que ça comporte comme métastase sur notre démocratie, nos droits et libertés (avez-vous entendu parlé du G-20 ?) et notre droit à l'information...
Si vous lisez l'article de Buzzetti de ce matin, vous constaterez que le projet du gouvernement Harper de mettre fin au caractère obligatoire du recensement engendre une protestation multiforme : les organismes de charité, les groupes communautaires, les centres de recherche universitaires, le milieu de la finance, le Vérificateur-Général, le Commissaire aux langues officielles, etc. Tous s'inquiètent de la valeur future des statistiques du recensement si celui-ci n'est rempli que par des volontaires... L'échantillon à l'étude ne serait alors plus représentatif... Et d'entendre le ministre Baird dire que son gouvernement mettra en circulation davantage de questionnaires longs pour pallier à la disparition du caractère obligatoire... Un p'tit cours de Méthodologie peut-être ?En fait, il semble que ce projet participe de la volonté et de l'inclination naturelle du gouvernement Harper à camouffler ou rendre opaque l'information au public. Comment justifier davantage d'intervention de l'État dans le champ social et économique si nous n'avons pas accès aux principaux indicateurs de développement de notre société ?
Le gouvernement Harper est inquiétant ! Et le paysage politique canadien le devient tout autant, puisque l'opposition étant fortement éclatée, elle laisse de la place à ce courant idéologique radical du Canada pour s'installer au pouvoir, avec tout ce que ça comporte comme métastase sur notre démocratie, nos droits et libertés (avez-vous entendu parlé du G-20 ?) et notre droit à l'information...
mardi 13 juillet 2010
Lise Bissonnette au pouvoir !
L'Actualité (août 2010) propose une entrevue avec Lise Bissonnette qu'il vous faut lire si vous croyez encore à la culture québécoise, contrairement à la Directrice de la programmation du Festival d'été de Québec (ben continue à croire que seuls les autres peuvent être Big, Elvisse Grattonne !) En finale de cette belle entrevue, L'ex-Directrice du Devoir puis de La Grande Bibliothèque propose que l'on s'investisse collectivement pour rendre le Québec beau !
Extraits : «Il faut bien constater que le Québec n'est pas beau. Quand on arrive dans le Maine ou dans le Vermont, on se dit : C'est plus beau chez eux. On a laissé faire n'importe quoi au Québec : des centres commerciaux au bord de la mer, les entrées de certaines villes qui sont n'importe comment... Il s'est fait beaucoup de choses au cours des dernières années, les gens essaient de réparer un peu les erreurs du passé. Je pense qu'il y aurait là un projet collectif et artistique extraordinaire : redonner une beauté au Québec ». (fin de l'extrait)
Je ne peux qu'être complètement en accord, tant avec le diagnostic qu'avec la solution. Une entrevue (je ne trouve pas le lien électronique) fort intéressante, à lire.
Extraits : «Il faut bien constater que le Québec n'est pas beau. Quand on arrive dans le Maine ou dans le Vermont, on se dit : C'est plus beau chez eux. On a laissé faire n'importe quoi au Québec : des centres commerciaux au bord de la mer, les entrées de certaines villes qui sont n'importe comment... Il s'est fait beaucoup de choses au cours des dernières années, les gens essaient de réparer un peu les erreurs du passé. Je pense qu'il y aurait là un projet collectif et artistique extraordinaire : redonner une beauté au Québec ». (fin de l'extrait)
Je ne peux qu'être complètement en accord, tant avec le diagnostic qu'avec la solution. Une entrevue (je ne trouve pas le lien électronique) fort intéressante, à lire.
lundi 12 juillet 2010
Obama s'est-il écrasé ?
Le Président Barack Obama a-t-il déjà accompli le maximum de ce qu'il avait à accomplir ? L'immense promesse de changement suscitée par sa candidature puis par sa victoire est-elle en train de s'écraser lamentablement ?
En tout cas, la catastrophe dans le Golfe du Mexique se prolonge, comme un supplice (ce n'est pas le supplice de la goutte, mais celui des millions de millions de barils). Et Obama semble un Président faible et impuissant devant l'ampleur du désastre. Il aurait au moins réussi jusqu'ici à forcer BP à constituer un fonds de 20 milliards de $ pour indemniser les victimes directes de la marée noire... Mais la plupart de ses interventions sont apparues déphasées, quelques fois populistes ou alors axées sur le style professoral du Président : «Let's make this crisis a teachable moment for America ! » Selon lui, les États-Unis doivent profiter de cette catastrophe pour diminuer leur dépendance au pétrole, etc. Reste que le mal se poursuit et se prolonge et que l'image du Président en prend pour son rhume...
Et depuis mon retour de vacance, J'ai vu qu'Obama avait reçu Benyamin Netanyahou à la Maison Blanche et que les tensions entre les deux hommes sont cette fois disparues du discours... Comme si Israël avait encore une fois réussi à démontrer sa capacité à infléchir la politique étrangère des USA... Obama le prix Nobel de la paix s'écraserait-il lui aussi devant le poids du lobby israélien ? Irait-il jusqu'à compromettre à moyen terme la sécurité nationale des USA pour satisfaire des impératifs électoraux à court terme ? Il faut rappeler que les élections de mi-mandat ont lieu en novembre prochain aux USA... Et Obama s'est toujours présenté comme un pragmatique, alors... L'espoir est-il encore permis pour ce Président ?
Espérons en tout cas qu'il réalise plus que les seules réformes de la santé et des marchés financiers... (Ce qui est déjà quelque chose, malgré ce qu'en disent les détracteurs d'Obama...).
En tout cas, la catastrophe dans le Golfe du Mexique se prolonge, comme un supplice (ce n'est pas le supplice de la goutte, mais celui des millions de millions de barils). Et Obama semble un Président faible et impuissant devant l'ampleur du désastre. Il aurait au moins réussi jusqu'ici à forcer BP à constituer un fonds de 20 milliards de $ pour indemniser les victimes directes de la marée noire... Mais la plupart de ses interventions sont apparues déphasées, quelques fois populistes ou alors axées sur le style professoral du Président : «Let's make this crisis a teachable moment for America ! » Selon lui, les États-Unis doivent profiter de cette catastrophe pour diminuer leur dépendance au pétrole, etc. Reste que le mal se poursuit et se prolonge et que l'image du Président en prend pour son rhume...
Et depuis mon retour de vacance, J'ai vu qu'Obama avait reçu Benyamin Netanyahou à la Maison Blanche et que les tensions entre les deux hommes sont cette fois disparues du discours... Comme si Israël avait encore une fois réussi à démontrer sa capacité à infléchir la politique étrangère des USA... Obama le prix Nobel de la paix s'écraserait-il lui aussi devant le poids du lobby israélien ? Irait-il jusqu'à compromettre à moyen terme la sécurité nationale des USA pour satisfaire des impératifs électoraux à court terme ? Il faut rappeler que les élections de mi-mandat ont lieu en novembre prochain aux USA... Et Obama s'est toujours présenté comme un pragmatique, alors... L'espoir est-il encore permis pour ce Président ?
Espérons en tout cas qu'il réalise plus que les seules réformes de la santé et des marchés financiers... (Ce qui est déjà quelque chose, malgré ce qu'en disent les détracteurs d'Obama...).
dimanche 11 juillet 2010
La Coupe du Monde et le conquérant hollandais...
Les Pays-Bas ont perdu à la Coupe du Monde. Ascension puis, chute de l'ancien colonisateur sud-africain. En effet, ceux qui ont implanté l'Apartheid en Afrique du Sud étaient d'origine hollandaise...
Et si vous avez remarqué, l'équipe néerlendaise était cette année davantage composée de «Van Bruken » et autres noms à consonnances d'origine. Elle comportait moins d'«étrangers...»... Signe que la crise du multiculturalisme qui sévit aux Pays-Bas a eu des répercussions sur la composition de l'équipe nationale...
Les recoupements entre sport et politique sont nombreux, mais l'ironie de ce retour-raté du colon blanc hollandais me fait sourire...
Et si vous avez remarqué, l'équipe néerlendaise était cette année davantage composée de «Van Bruken » et autres noms à consonnances d'origine. Elle comportait moins d'«étrangers...»... Signe que la crise du multiculturalisme qui sévit aux Pays-Bas a eu des répercussions sur la composition de l'équipe nationale...
Les recoupements entre sport et politique sont nombreux, mais l'ironie de ce retour-raté du colon blanc hollandais me fait sourire...
République «démocratique» du Congo : 50 ans d'indépendance.
Nous célébrons les 50 ans d'indépendance de plusieurs pays africains en 2010. La BBC présente ce diaporama de 50 visages associés à de courts récits pour commémorer l'événement.
L'énigme du retour.
J'ai terminé L'énigme du retour, de Dany Laferrière. C'est beau, coloré et reposant comme lecture. Laferrière y déploit un style unique, magnifique. La structure du récit impose un rythme lent puisque la majorité des chapitres sont écrits sous formes de strophes, comme des haïkus japonais. On a souvent l'impression de lire de la poésie mais ce n'en est pas formellement. On atteint un état de béatitude grâce à la rythmique et au portrait des gens du pays fait par l'auteur.
C'est comme une contemplation de la société haïtienne, très loin du misérabilisme ambiant à propos de ce pays depuis le fameux tremblement de terre. Par son parcours et ses rencontres, le narrateur démontre qu'un pays est d'abord porté par des gens et par une culture. Dany Laferrière a atteint une notoriété sans précédent et gagné le prix Médicis pour ce livre. Malgré toutes les controverses entourant l'attribution des prix littéraires, je ne peux qu'être d'accord pour honorer ce livre qui est un très grand livre, écrit par un grand écrivain.
C'est comme une contemplation de la société haïtienne, très loin du misérabilisme ambiant à propos de ce pays depuis le fameux tremblement de terre. Par son parcours et ses rencontres, le narrateur démontre qu'un pays est d'abord porté par des gens et par une culture. Dany Laferrière a atteint une notoriété sans précédent et gagné le prix Médicis pour ce livre. Malgré toutes les controverses entourant l'attribution des prix littéraires, je ne peux qu'être d'accord pour honorer ce livre qui est un très grand livre, écrit par un grand écrivain.
samedi 10 juillet 2010
HHhH (2)
Reinhard Heydrich
De retour du lac Clair (Quoi ? il faisait chaud à Montréal ? Ah bon), je rends compte d'une lecture formidable et fort instructive : HHhH de Laurent Binet. Je vous ai déjà parlé de ce livre ici.
L'histoire fait revivre 2 parachutistes, un Tchèque et un Slovaque, engagés pour assassiner Reinhard Heydrich, un haut-gradé du IIIe Reich, planificateur de la Solution finale. Le titre du livre évoque une expression qui courait au sein de la hiérarchie nazie : «Himmlers Hirn heist Heydrich - Le cerveau de Himmler s'appelle Heydrich». Ce «roman factuel» est une incursion fascinante (et inquiétante) dans le nazisme, et on apprend combien les Tchèques ont souffert durant l'occupation et l'ascension nazie. L'écriture est simple et efficace et le procédé de l'auteur est très intéressant : Tous les personnages et les faits sont avérés, et son récit est entrecoupé de réflexions sur la place et le rôle du narrateur face aux événements...
Pour ceux qui veulent s'imprégner de cette période extrêmement trouble de l'histoire, je le suggère fortement, c'est un des livres marquants que j'ai lu ces dernières années. Il me donne le goût de plonger dans Les Bienveillantes de Jonathan Littell...
De retour du lac Clair (Quoi ? il faisait chaud à Montréal ? Ah bon), je rends compte d'une lecture formidable et fort instructive : HHhH de Laurent Binet. Je vous ai déjà parlé de ce livre ici.
L'histoire fait revivre 2 parachutistes, un Tchèque et un Slovaque, engagés pour assassiner Reinhard Heydrich, un haut-gradé du IIIe Reich, planificateur de la Solution finale. Le titre du livre évoque une expression qui courait au sein de la hiérarchie nazie : «Himmlers Hirn heist Heydrich - Le cerveau de Himmler s'appelle Heydrich». Ce «roman factuel» est une incursion fascinante (et inquiétante) dans le nazisme, et on apprend combien les Tchèques ont souffert durant l'occupation et l'ascension nazie. L'écriture est simple et efficace et le procédé de l'auteur est très intéressant : Tous les personnages et les faits sont avérés, et son récit est entrecoupé de réflexions sur la place et le rôle du narrateur face aux événements...
Pour ceux qui veulent s'imprégner de cette période extrêmement trouble de l'histoire, je le suggère fortement, c'est un des livres marquants que j'ai lu ces dernières années. Il me donne le goût de plonger dans Les Bienveillantes de Jonathan Littell...
samedi 3 juillet 2010
mon programme de lecture...
Je pars en vacance et j'apporte avec moi : Le chevalier inexistant de Italo Calvino; Les mémoires de Raymond Aron (je cherche des textes pour mes étudiants...); La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie; Americain death trip de James Ellroy (autre traducteur...); Les réformistes de Éric Bédard... Rassurez-vous, je ne réussirai pas à tout lire, mais j'aime avoir le choix et entretenir plusieurs lectures en parallèle. Par exemple, en ce moment, je déguste L'énigme du retour de Dany Laferrière et je dévore HHhH de Laurent Binet.
On s'en reparle.
On s'en reparle.
Obama parmi les Présidents.
Lire ce billet de Richard Hétu traitant d'un sondage questionnant divers «experts» sur la présidence Obama par rapport à celle de ses 42 prédécesseurs...
vendredi 2 juillet 2010
Joseph Arthur... encore 5 soirs.
Il reste 5 spectacles de Joseph Arthur, invité pour 10 soirs consécutifs dans le cadre du Festival de Jazz, rue Mt-Royal, O Patro Vys.
Ma blonde y est allée 2 fois. Chaque soir étant différent, on peut explorer avec lui son répertoire riche et toujours en mouvement. Et chaque spectacle étant enregistré puis disponible en CD, je me suis procuré celui d'hier... Pour ceux qui veulent entendre une expérience unique...
Ma blonde y est allée 2 fois. Chaque soir étant différent, on peut explorer avec lui son répertoire riche et toujours en mouvement. Et chaque spectacle étant enregistré puis disponible en CD, je me suis procuré celui d'hier... Pour ceux qui veulent entendre une expérience unique...
jeudi 1 juillet 2010
Bonne journée nationale du déménagement !
source de la photo
Il paraît que la Reine est au Canada... Mais elle n'est pas au Québec, terre qui, on l'oublie, a une tradition républicaine ! Ici, c'est la journée nationale du déménagement et une Chaire de recherche en ethnologie de l'Université Laval vous en parle ici.
Et si vous voulez savoir pourquoi le 1er juillet 1867 ne suscite pas historiquement beaucoup d'enthousiasme et de célébration au Québec, lisez Lisée.
Il paraît que la Reine est au Canada... Mais elle n'est pas au Québec, terre qui, on l'oublie, a une tradition républicaine ! Ici, c'est la journée nationale du déménagement et une Chaire de recherche en ethnologie de l'Université Laval vous en parle ici.
Et si vous voulez savoir pourquoi le 1er juillet 1867 ne suscite pas historiquement beaucoup d'enthousiasme et de célébration au Québec, lisez Lisée.
mercredi 30 juin 2010
L'immense legs de soeur Roquet (ajout).
Voici un lien pour consulter une conférence prononcée par Ghislaine Roquet, une religieuse qui a fortement contribué aux réformes en éducation lors de la Révolution tranquille. Son parcours est fascinant et son propos est large et pénétrant.
Quelques passages de sa conférence témoignent de l'actualité de sa pensée. Elle demeure persuadée que pour transmettre quoi que ce soit, il nous faut «connaître nos sources». Et cela implique, devant une immigration nouvelle «qui a d'autres sources» qu'il faut savoir se définir et s'affirmer. Sa réflexion sur les rapports entre immigration et société d'accueil est empreinte de respect de soi et des autres, de générosité.
Pour (re)définir et affirmer «nos sources», Ghislaine Roquet suggère entre autres :
Mais ça, on en rediscutera...
Quelques passages de sa conférence témoignent de l'actualité de sa pensée. Elle demeure persuadée que pour transmettre quoi que ce soit, il nous faut «connaître nos sources». Et cela implique, devant une immigration nouvelle «qui a d'autres sources» qu'il faut savoir se définir et s'affirmer. Sa réflexion sur les rapports entre immigration et société d'accueil est empreinte de respect de soi et des autres, de générosité.
Pour (re)définir et affirmer «nos sources», Ghislaine Roquet suggère entre autres :
- d'accorder une plus grande place dans nos cours d'histoire à la forte dimension aventurière et courageuse de nos ancêtres : la majorité d'entre eux sont des marins ou des agriculteurs issus de territoires de bord de mer. Tous étaient aventuriers pour accepter de traverser l'océan et d'affronter l'hiver pour se bâtir un nouvel avenir...
- Elle propose aussi pour «la petite école» de revaloriser l'apprentissage de la langue par la chanson en puisant dans notre riche culture orale, elle remet par le fait même en question le discours misérabiliste de notre passé et évoque la richesse culturelle des habitants du «Canada» (le Québec d'aujourd'hui).
- Mme Roquet insiste enfin sur l'importance des Maîtres pour former des étudiants passionnés de connaissance.
Mais ça, on en rediscutera...
mardi 29 juin 2010
Les soubresauts militaires de l'OTAN en Afghanistan...
Lire ce blogue du Monde diplo qui aborde la question du congédiement par Barack Obama du Général américain Stanley McChrystal et de la suite des choses dans cette partie du monde mouvementée...
Histoires d'espions.
Jean-Claude Leclerc, dans Le Devoir, rend compte d'une histoire rocambolesque qui est passée inaperçue au Québec : le Directeur du SCRS (les services de renseignements et de sécurité du Canada - notre CIA) Richard Fadden a accordé une entrevue à la CBC dans laquelle il divulgue des renseignements qu'aucun autre dirigeant de services secrets ne devrait divulguer en aucun cas ! Une sorte d'entrevue-gaffe inconsciente a frappé notre Directeur du SCRS. Mais qu'a-t-il dit ? Que des espions chinois et moyen-orientaux avaient infiltré nos différentes administrations publiques - provinciales comme municipales... Il a divulgué quelles sont les craintes de notre pays (ex: sabotage informatique), qui nous ciblons (les citoyens canadiens de telles et telles origines, ceux ayant séjournés en Af-Pak - Afghanistan-Pakistan, en Somalie, au Yémen...), les parts de budget du SCRS allouées au contre-terrorisme, etc. etc. Incroyable !
Notre vulnérabilité est exposée à tous nos adversaires et-ou concurrents ! Bravo M. Fadden, vous venez peut-être de faire la plus grosse erreur dans le domaine des renseignements de sécurité de l'histoire du Canada.
Pendant ce temps, aux USA, on vient d'arrêter une dizaine de résidents du pays accusés d'espionnage pour le compte de la Russie. Certains d'entre eux s'étaient mariés et avaient fondés famille pour se fondre dans la masse américaine...
Notre vulnérabilité est exposée à tous nos adversaires et-ou concurrents ! Bravo M. Fadden, vous venez peut-être de faire la plus grosse erreur dans le domaine des renseignements de sécurité de l'histoire du Canada.
Pendant ce temps, aux USA, on vient d'arrêter une dizaine de résidents du pays accusés d'espionnage pour le compte de la Russie. Certains d'entre eux s'étaient mariés et avaient fondés famille pour se fondre dans la masse américaine...
Le port d'arme ? Infrangible !
La Cour Suprême des USA vient de confirmer que le 2e amendement à la constitution est infrangible. Cinq juges sur neuf ont confirmé l'interdiction d'interdire le port d'arme sur la base de cette formulation datant de 1791 et faisant partie du Bill of rights américain : «Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de posséder une arme ne sera pas transgressé».
On comprend assez vite combien le processus de nomination des juges aux USA est politisé et marquant pour la suite des choses puisque les juges qui ont fait basculer la décision ont tous été nommés par des Présidents républicains (Bush père et fils). Certaines interdictions au port d'arme pourront être maintenues en fonction des «problèmes sociaux» ou des «besoins et des valeurs locales», mais il reste qu'il sera dorénavant difficile (voire impossible pour le palier fédéral), d'établir des lois cherchant à limiter ou encadrer le port d'arme aux USA.
Si vous suivez quelque peu ce débat depuis l'ère Clinton (et les massacres dans les écoles qui sont survenus durant cette période), vous remarquerez que la tendance du législateur allait dans le sens d'un encadrement de ce «droit». Le pouvoir judiciaire vient de mettre un frein durable à cette tendance... Il semble que la culture politique américaine conçoive encore que le port d'arme est une garantie à l'indépendance individuelle ainsi qu'une façon de se prémunir contre la tyrannie du pouvoir politique...
Vu d'ici, on peut trouver complètement débile une telle conception, mais il y a une interprétation historique qui peut nuancer en quelque sorte cette folie du culte des armes aux USA... Le 2e amendement remonte aux origines mêmes du pays, avant la conquête vers l'Ouest. Or, à l'époque, on dit aux colons : «Go West», mais on est conscient que - comme dans Lucky Luke - la cavalerie arrive toujours en retard et n'est donc pas en mesure de garantir la sécurité et la propriété aux colons qui viennent acquérir des «terres nouvelles». On ne peut les protéger efficacement contre Jesse James, Billy the Kid ou contre les Sioux et les Mandanes... On leur permet donc de s'organiser en milices et de protéger leurs proches et leurs biens par le port d'arme, moyen par lequel la liberté individuelle et les rêves du Nouveau Monde deviennent possibles...
Bien sûr, maintenant en 2010, cette réalité m'apparaît farfelue et inquiétante, mais elle trouve une part de son explication dans les mythes qui ont construit ce pays...
On comprend assez vite combien le processus de nomination des juges aux USA est politisé et marquant pour la suite des choses puisque les juges qui ont fait basculer la décision ont tous été nommés par des Présidents républicains (Bush père et fils). Certaines interdictions au port d'arme pourront être maintenues en fonction des «problèmes sociaux» ou des «besoins et des valeurs locales», mais il reste qu'il sera dorénavant difficile (voire impossible pour le palier fédéral), d'établir des lois cherchant à limiter ou encadrer le port d'arme aux USA.
Si vous suivez quelque peu ce débat depuis l'ère Clinton (et les massacres dans les écoles qui sont survenus durant cette période), vous remarquerez que la tendance du législateur allait dans le sens d'un encadrement de ce «droit». Le pouvoir judiciaire vient de mettre un frein durable à cette tendance... Il semble que la culture politique américaine conçoive encore que le port d'arme est une garantie à l'indépendance individuelle ainsi qu'une façon de se prémunir contre la tyrannie du pouvoir politique...
Vu d'ici, on peut trouver complètement débile une telle conception, mais il y a une interprétation historique qui peut nuancer en quelque sorte cette folie du culte des armes aux USA... Le 2e amendement remonte aux origines mêmes du pays, avant la conquête vers l'Ouest. Or, à l'époque, on dit aux colons : «Go West», mais on est conscient que - comme dans Lucky Luke - la cavalerie arrive toujours en retard et n'est donc pas en mesure de garantir la sécurité et la propriété aux colons qui viennent acquérir des «terres nouvelles». On ne peut les protéger efficacement contre Jesse James, Billy the Kid ou contre les Sioux et les Mandanes... On leur permet donc de s'organiser en milices et de protéger leurs proches et leurs biens par le port d'arme, moyen par lequel la liberté individuelle et les rêves du Nouveau Monde deviennent possibles...
Bien sûr, maintenant en 2010, cette réalité m'apparaît farfelue et inquiétante, mais elle trouve une part de son explication dans les mythes qui ont construit ce pays...
USA : décès du Sénateur Byrd.
Le doyen du Sénat américain, Robert Byrd, est décédé. Il avait 92 ans et siégeait au Sénat des USA depuis plus de 57 ans ! Ce Sénateur de Virginie-occidentale est un symbole significatif de l'évolution du pays. Élu démocrate, il était raciste et ségrégationniste dans les années 1950, mais il a pris position pour Barack Obama lors des primaires démocrates de 2008 ! On voit tout le chemin parcouru par ce pays à travers cet homme.
Personnellement, c'est son opposition à la guerre d'Irak de 2003 qui m'a marqué : il fût alors l'un des élus américains les plus lucides et les plus fidèles aux principes fondateurs du régime présidentiel en s'insurgeant contre ce qu'il qualifiait alors de dérive de la «présidence impériale» sous W. Bush. Il jugeait que les élus du Congrès avaient renoncé à jouer leur rôle de contrepoids à l'égard du Gouvernement en «pré-autorisant» le recours à la force contre Saddam Hussein. Il s'inquiétait aussi des mensonges de l'administration Bush et de la désinvolture de la classe politique américaine à son endroit. Dans les heures sombres de l'ère post-11 septembre, Robert Byrd aura été un allumeur de conscience.
Personnellement, c'est son opposition à la guerre d'Irak de 2003 qui m'a marqué : il fût alors l'un des élus américains les plus lucides et les plus fidèles aux principes fondateurs du régime présidentiel en s'insurgeant contre ce qu'il qualifiait alors de dérive de la «présidence impériale» sous W. Bush. Il jugeait que les élus du Congrès avaient renoncé à jouer leur rôle de contrepoids à l'égard du Gouvernement en «pré-autorisant» le recours à la force contre Saddam Hussein. Il s'inquiétait aussi des mensonges de l'administration Bush et de la désinvolture de la classe politique américaine à son endroit. Dans les heures sombres de l'ère post-11 septembre, Robert Byrd aura été un allumeur de conscience.
lundi 28 juin 2010
Tipping point - Téhéran 1979.
Depuis Persepolis, de Marjane Satrapi, on dirait que nous assistons à une «nouvelle vague» de la bande-dessinée iranienne... Tipping point - Téhéran 1979, de Hamed Eshrat est en tous cas une bd qui a une esthétique comparable à celle de Persepolis, mais les dessins sont un peu plus travaillés et le récit porte sur les 1ères heures de la Révolution islamique de 1979 du point de vue d'une famille dont le père travaillait pour la police secrète du Shah qui sera renversé...
Un excellent complément (ou prélude) à la lecture ou au visionnement de Persepolis...
Un excellent complément (ou prélude) à la lecture ou au visionnement de Persepolis...
dimanche 27 juin 2010
American Tabloïd.
J'ai lu «d'une traite» American Tabloïd de James Ellroy. 700 pages sur les USA de 1958 jusqu'au 22 novembre 1963 à Dallas... L'auteur de la trilogie américaine (American Tabloïd en est le 1er tome) y imagine des personnages fictifs côtoyant les géants de l'époque : Howard Hughes, producteur héroïnomane et mégalomane de Hollywood, J. Edgar Hoover, Directeur du F.B.I.; Jimmy Hoffa leader syndical corrompu en lien avec la mafia, et bien sûr, le clan Kennedy avec Jack (John F.), Bobby et Joe, le père Kennedy...
L'intrigue est enlevante, en concordance avec l'évolution de la vie politique et culturelle de l'époque, la traduction française fait trop souvent chier avec ses tics langagiers fatigants : «couinements... il couina»... mais l'histoire est assez captivante pour tenir le coup... Ce qui reste : des images fortes de JFK avec Barb, une grande rousse qui couche avec lui mais qui fait partie d'un vaste complot cherchant à faire chanter le Président, un Bobby Kennedy intègre parmi les loups, des personnages forts issus de l'imaginaire de Ellroy, dont ce Pete Bondurant, collosse d'origine québécoise...
Le reste de la trilogie se prolonge jusqu'à 1972, année précédent le scandale du Watergate... C'est à une plongée dans une Amérique corrompue se nourrissant à tous les rateliers que James Ellroy nous convie. Les mythes états-uniens y sont remaniés, voires accentués par défaut. À lire, si vous êtes capables de supporter la traduction française avec ses «couinements»...
L'intrigue est enlevante, en concordance avec l'évolution de la vie politique et culturelle de l'époque, la traduction française fait trop souvent chier avec ses tics langagiers fatigants : «couinements... il couina»... mais l'histoire est assez captivante pour tenir le coup... Ce qui reste : des images fortes de JFK avec Barb, une grande rousse qui couche avec lui mais qui fait partie d'un vaste complot cherchant à faire chanter le Président, un Bobby Kennedy intègre parmi les loups, des personnages forts issus de l'imaginaire de Ellroy, dont ce Pete Bondurant, collosse d'origine québécoise...
Le reste de la trilogie se prolonge jusqu'à 1972, année précédent le scandale du Watergate... C'est à une plongée dans une Amérique corrompue se nourrissant à tous les rateliers que James Ellroy nous convie. Les mythes états-uniens y sont remaniés, voires accentués par défaut. À lire, si vous êtes capables de supporter la traduction française avec ses «couinements»...
jeudi 24 juin 2010
Bonne St-Jean !
Bonne St-Jean ! C'est notre fête nationale - «Gens du pays, c'est votre tour, de vous laisser parler d'amour». XXX
mercredi 23 juin 2010
Diego Maradona, el padrino...
Je demeure fasciné par le personnage - mythique en Argentine - de Diego Maradona. L'homme, véritable légende du foot, est aujourd'hui le coach de l'équipe nationale d'Argentine à la Coupe du Monde. Son équipe a de très bonnes chances de se rendre en finale... Chose certaine, le style du bonhomme est cinématographique. Il a l'air d'un petit caïd de luxe et son casting serait excellent pour tout film de Coppola ou de Scorsese...
Totem.
J'ai vu Totem, du Cirque du Soleil hier. C'est une réussite sur toute la ligne. On m'a dit qu'il s'agit d'un spectacle monté à partir d'une série de numéros déjà existants du Cirque et qu'on a confié à Robert Lepage la tâche de construire un liant entre ces numéros. Totem porte en quelque sorte sur le parcours de la vie. Le point de départ est le Cosmos, où par la chimie des éléments, la vie a été rendue possible. Puis, nous passons des sociétés primitives jusqu'aux sociétés modernes, le tout dans une mise en scène très belle et réussie.
Les numéros d'acrobaties sont toujours aussi superbes, mais cette fois-ci, les numéros de clowns m'ont particulièrement enchanté (ce ne fût pas toujours le cas dans les spectacles précédents du Cirque...). Encore une fois, Robert Lepage accomplit un travail d'orfèvre de la beauté et de l'inventivité.
Les numéros d'acrobaties sont toujours aussi superbes, mais cette fois-ci, les numéros de clowns m'ont particulièrement enchanté (ce ne fût pas toujours le cas dans les spectacles précédents du Cirque...). Encore une fois, Robert Lepage accomplit un travail d'orfèvre de la beauté et de l'inventivité.
mardi 22 juin 2010
Meech : 20 ans après.
Nous commémorons les 20 ans de l'échec de l'Accord du lac Meech cette semaine. Ce 23 juin 1990, plus de 500 000 personnes paradaient dans les rues montréalaises avec un sentiment de fierté blessée puisque le Canada anglais (les Assemblées législatives de Terre-Neuve et du Manitoba) refusait de reconnaître le caractère distinct du Québec au sein de l'ensemble canadien.
Rappel : Après l'échec référendaire de 1980, le 1er ministre Lévesque se lance dans la stratégie du «Beau risque» qui consiste à mettre l'option souverainiste en veilleuse et à formuler les demandes minimales du Québec pour accepter la réforme constitutionnelle de 1982 qui s'est opérée sans l'accord UNANIME du Québec. La loi constitutionnelle de 1982 a en effet diminué les pouvoirs de l'Assemblée nationale du Québec, particulièrement en matière d'éducation et de langue. C'est à partir de la Charte canadienne des droits et libertés enchâssée dans cette constitution par Trudeau que les juges de la Cour Suprême du Canada ont invalidé plusieurs dispositions de la loi 101 (et plus récemment de la loi 104) visant à faire du français la langue de travail, de l'affichage commercial, de l'éducation et de l'intégration des immigrants au Québec.
Puisque les Québécois ont dit NON en 1980, mais que la constitution de 1982 a été adoptée sans le consentement du peuple québécois et contre l'avis de tous les partis politiques québécois, Lévesque a proposé à l'époque de formuler quelques demandes au reste du pays pour réintégrer la constitution du Canada. Il y a risque que cela réussise et que l'option souverainiste décline par le fait-même se disait-il, mais c'est une beau risque puisque le Québec verrait alors certaines de ses revendications comblées... L'arrivée de Brian Mulroney comme 1er ministre canadien en 1984 et l'élection de Robert Bourassa en 1985 à Québec allait confirmer ce qui deviendrait le «Quebec round» : c-à-d une ronde de négocation constitutionnelle consacrée aux revendications du Québec. Pusique celui-ci avait été écarté des négos en 1981 lors de «la nuit des longs couteaux», il devenait légitime de se tourner vers le Québec, d'autant plus que l'élection de Mulroney était fondée sur cet objectif de «réconciliation nationale» en réintégrant le Québec dans le giron constitutionnel canadien «dans l'honneur et l'enthousiasme».
La revendication principale de l'Accord du lac Meech introduisait une clause interprétative à la constitution qui disait que «le Québec forme au sein du Canada une société distincte» et qu'il fallait reconnaître que «l'Assemblée nationale du Québec avait le devoir de protéger et promouvoir le fait français au Québec». Si l'Accord avait été adopté, on peut penser que les Juges de la Cour Suprême du Canada auraient pris une décision plus nuancée récemment en ce qui concerne la loi 104 (dossier fort important de la langue d'enseignement pour les francophones et les immigrants). Mais comme l'Accord est mort de sa belle mort, les juges canadians interprètent la constitution à partir du prisme trudeauiste des droits individuels...
Tout le paysage politique canadien et québécois actuel est tributaire de cette époque :
Pendant ce temps, les générations montantes qualifient souvent ce Grand Débat de ringard et dépassé, et la culture politique héritée de la Charte canadienne des droits et libertés de 1982 fait son oeuvre et rend de plus en plus difficile et impraticable notre simple volonté de faire du français la langue publique commune au Québec. La simple prédominance du français est compromise par le bilinguisme individuel et «coast to coast» de Trudeau. Posez-vous la question : «Qui porte le bilinguisme au Canada ?» La réponse, invariable depuis 1969 dans les rapports du Commissaire aux langues officielles du Canada : c'est dans les portions francophones du pays que le bilinguisme se porte bien... Et le multiculturalisme inhérent à la Charte fait de la culture québécoise une simple composante de la grande mosaïque canadienne...
Le Québec n'est plus une culture d'accueil francophone dans l'espace canadien - c'était en gros l'objectif de Meech - et la réponse de Jean Charest au jugement invalidant la loi 104 envoie maintenant le message que la langue du succès et des riches au Québec, c'est l'anglais !
Comment réactiver un espace politique prometteur pour le Québec dans ce contexte ? À suivre...
Rappel : Après l'échec référendaire de 1980, le 1er ministre Lévesque se lance dans la stratégie du «Beau risque» qui consiste à mettre l'option souverainiste en veilleuse et à formuler les demandes minimales du Québec pour accepter la réforme constitutionnelle de 1982 qui s'est opérée sans l'accord UNANIME du Québec. La loi constitutionnelle de 1982 a en effet diminué les pouvoirs de l'Assemblée nationale du Québec, particulièrement en matière d'éducation et de langue. C'est à partir de la Charte canadienne des droits et libertés enchâssée dans cette constitution par Trudeau que les juges de la Cour Suprême du Canada ont invalidé plusieurs dispositions de la loi 101 (et plus récemment de la loi 104) visant à faire du français la langue de travail, de l'affichage commercial, de l'éducation et de l'intégration des immigrants au Québec.
Puisque les Québécois ont dit NON en 1980, mais que la constitution de 1982 a été adoptée sans le consentement du peuple québécois et contre l'avis de tous les partis politiques québécois, Lévesque a proposé à l'époque de formuler quelques demandes au reste du pays pour réintégrer la constitution du Canada. Il y a risque que cela réussise et que l'option souverainiste décline par le fait-même se disait-il, mais c'est une beau risque puisque le Québec verrait alors certaines de ses revendications comblées... L'arrivée de Brian Mulroney comme 1er ministre canadien en 1984 et l'élection de Robert Bourassa en 1985 à Québec allait confirmer ce qui deviendrait le «Quebec round» : c-à-d une ronde de négocation constitutionnelle consacrée aux revendications du Québec. Pusique celui-ci avait été écarté des négos en 1981 lors de «la nuit des longs couteaux», il devenait légitime de se tourner vers le Québec, d'autant plus que l'élection de Mulroney était fondée sur cet objectif de «réconciliation nationale» en réintégrant le Québec dans le giron constitutionnel canadien «dans l'honneur et l'enthousiasme».
La revendication principale de l'Accord du lac Meech introduisait une clause interprétative à la constitution qui disait que «le Québec forme au sein du Canada une société distincte» et qu'il fallait reconnaître que «l'Assemblée nationale du Québec avait le devoir de protéger et promouvoir le fait français au Québec». Si l'Accord avait été adopté, on peut penser que les Juges de la Cour Suprême du Canada auraient pris une décision plus nuancée récemment en ce qui concerne la loi 104 (dossier fort important de la langue d'enseignement pour les francophones et les immigrants). Mais comme l'Accord est mort de sa belle mort, les juges canadians interprètent la constitution à partir du prisme trudeauiste des droits individuels...
Tout le paysage politique canadien et québécois actuel est tributaire de cette époque :
- Le Bloc québécois a été fondé par un groupe de députés fédéraux déçus de l'échec de Meech;
- Le Reform party puis l'Alliance canadienne (la frange droitiste dominante du Parti conservateur unifié de M. Harper aujourd'hui) sont nés d'un sentiment de frustration dans l'Ouest associé aux demandes du Québec qui monopolisaient trop l'espace politique du pays à leurs yeux;
- Sur la scène québécoise, l'Action démocratique est née de l'insatisfaction de certains libéraux de la réponse offerte par Robert Bourassa à l'échec de Meech...
Pendant ce temps, les générations montantes qualifient souvent ce Grand Débat de ringard et dépassé, et la culture politique héritée de la Charte canadienne des droits et libertés de 1982 fait son oeuvre et rend de plus en plus difficile et impraticable notre simple volonté de faire du français la langue publique commune au Québec. La simple prédominance du français est compromise par le bilinguisme individuel et «coast to coast» de Trudeau. Posez-vous la question : «Qui porte le bilinguisme au Canada ?» La réponse, invariable depuis 1969 dans les rapports du Commissaire aux langues officielles du Canada : c'est dans les portions francophones du pays que le bilinguisme se porte bien... Et le multiculturalisme inhérent à la Charte fait de la culture québécoise une simple composante de la grande mosaïque canadienne...
Le Québec n'est plus une culture d'accueil francophone dans l'espace canadien - c'était en gros l'objectif de Meech - et la réponse de Jean Charest au jugement invalidant la loi 104 envoie maintenant le message que la langue du succès et des riches au Québec, c'est l'anglais !
Comment réactiver un espace politique prometteur pour le Québec dans ce contexte ? À suivre...
lundi 21 juin 2010
samedi 19 juin 2010
De retour du bois (bis).
Le Mont Colden vu de Marcy dam.
Je reviens tout juste d'une semaine dans les Adirondacks (ADK), en solitaire. Ça fait du bien.
(Je suis parti ce matin parce qu'après 6 jours de silence et d'absence de toute civilisation à l'horizon, je devenais impatient avec l'arrivée des randonneurs de la fin de semaine... le simple bruit d'un chaudron se faisant laver dans le lac me dérangeait...)
Pour ceux qui ne sont jamais allés dans ce parc de l'État de New-York, à environ deux heures et quelques de Montréal, il faut vous dire qu'il n'y a malheureusement pas d'équivalent au Québec : les ADK offrent le plus beau massif montagneux dans la région et surtout la meilleure «gestion - style old school» que l'on puisse envisager pour un parc destiné à la randonnée en montagnes. Les sentiers sont bien entretenus, mais restent étroits et «naturels», c-à-d que contrairement à ce que fait la Sépaq (la Société des établissements de plein air) chez nous, on n'infantilise pas les randonneurs en leur offrant un parcours en poussière de roche... On n'encombre pas le campeur avec des méthodes de réservation complexes et on ne lui charge qu'un maigre 10$ par jour (tarif de 40$ pour la semaine) pour le stationnement, montant que plusieurs ne paient pas, à tort selon moi, ne serait-ce que pour préserver cette «mentalité» qui donne aux ADK une ambiance différente du Mont Washington par exemple, où on peut terminer une rando au sommet en côtoyant un gros amerloc qui vient d'acheter son auto-collant «This Car climbed the Mount Washington» ! La présence de Rangers dans les ADK fait aussi en sorte que les abrutis du camping en forêt sont policés et qu'une auto-discipline émerge chez l'habitué des lieux. Le réseau de sentier est vaste et exceptionnel, les paysages sont purs... C'est un petit paradis.
J'y ai fait trois randonnées, deux bonnes grosses. Quatre sommets : Phelps, Colden, Marcy et Skylight. Des moments de grâce, de profonde solitude... Personne à Marcy dam pendant trois jours, à part moi et la crainte de l'ours... La brume sur les montagnes se lève avec le soleil. La forêt expire. La rivière coule telle un torrent - je pense à Anne Hébert - et son bruit assourdissant s'évanouira à mesure que l'on en s'éloigne. Les points de vue du haut de ces montagnes sont grandioses : aucune trace de civilisation à l'horizon, aucun ouvrage, aucun fil électrique, rien qui puisse évoquer l'humanité. Ce pourrait être la fin du monde que je ne le saurais pas. Le temps passe. Lentement. Pendant les randos, je traverse plusieurs fois des ruisseaux et des rivières et je me baigne dans une eau pure et claire.
Ce matin, je reprends contact avec le monde en lisant mes journaux accumulés sur la table de la cuisine...
Je reviens tout juste d'une semaine dans les Adirondacks (ADK), en solitaire. Ça fait du bien.(Je suis parti ce matin parce qu'après 6 jours de silence et d'absence de toute civilisation à l'horizon, je devenais impatient avec l'arrivée des randonneurs de la fin de semaine... le simple bruit d'un chaudron se faisant laver dans le lac me dérangeait...)
Pour ceux qui ne sont jamais allés dans ce parc de l'État de New-York, à environ deux heures et quelques de Montréal, il faut vous dire qu'il n'y a malheureusement pas d'équivalent au Québec : les ADK offrent le plus beau massif montagneux dans la région et surtout la meilleure «gestion - style old school» que l'on puisse envisager pour un parc destiné à la randonnée en montagnes. Les sentiers sont bien entretenus, mais restent étroits et «naturels», c-à-d que contrairement à ce que fait la Sépaq (la Société des établissements de plein air) chez nous, on n'infantilise pas les randonneurs en leur offrant un parcours en poussière de roche... On n'encombre pas le campeur avec des méthodes de réservation complexes et on ne lui charge qu'un maigre 10$ par jour (tarif de 40$ pour la semaine) pour le stationnement, montant que plusieurs ne paient pas, à tort selon moi, ne serait-ce que pour préserver cette «mentalité» qui donne aux ADK une ambiance différente du Mont Washington par exemple, où on peut terminer une rando au sommet en côtoyant un gros amerloc qui vient d'acheter son auto-collant «This Car climbed the Mount Washington» ! La présence de Rangers dans les ADK fait aussi en sorte que les abrutis du camping en forêt sont policés et qu'une auto-discipline émerge chez l'habitué des lieux. Le réseau de sentier est vaste et exceptionnel, les paysages sont purs... C'est un petit paradis.
J'y ai fait trois randonnées, deux bonnes grosses. Quatre sommets : Phelps, Colden, Marcy et Skylight. Des moments de grâce, de profonde solitude... Personne à Marcy dam pendant trois jours, à part moi et la crainte de l'ours... La brume sur les montagnes se lève avec le soleil. La forêt expire. La rivière coule telle un torrent - je pense à Anne Hébert - et son bruit assourdissant s'évanouira à mesure que l'on en s'éloigne. Les points de vue du haut de ces montagnes sont grandioses : aucune trace de civilisation à l'horizon, aucun ouvrage, aucun fil électrique, rien qui puisse évoquer l'humanité. Ce pourrait être la fin du monde que je ne le saurais pas. Le temps passe. Lentement. Pendant les randos, je traverse plusieurs fois des ruisseaux et des rivières et je me baigne dans une eau pure et claire.
Ce matin, je reprends contact avec le monde en lisant mes journaux accumulés sur la table de la cuisine...
jeudi 10 juin 2010
Un vieux couple en déclin ?
La relation USA-Israël se détériore à la vitesse grand V. Lire cette rubrique de Richard Hétu pour vous en convaincre.
La carotte et le bâton...
Barack Obama vient d'octroyer une aide de 400 millions $ aux Palestiniens. Et il continue à réclamer que l'on fasse toute la lumière dans le dossier de l'attaque israélienne contre la flottille pour Gaza. Il a de plus affirmé que la situation humanitaire à Gaza était «insoutenable»... Il envoit un message intéressant dans le contexte actuel :
Il devra ensuite sortir un bâton plus ferme contre les dirigeants du Hamas qui refuseront de reconnaître le droit à l'existence d'Israël et qui persiteront dans la voie de la violence. Et ensuite, il devra avoir le courage de faire réellement pression sur les radicaux israéliens. Cela implique que la stratégie américaine doit finir par briser le mouvement des colons... On peut donc prédire que le gouvernement Netanyahou risque de tomber au terme de l'usage du bâton (les cyniques diront la baguette) américain.
L'image de la carotte et du bâton (les incitatifs et les sanctions) demeure pertinente sur le plan théorique pour entrevoir les principaux instruments de la diplomatie avant le recours à la force... Et il faut savoir moduler - par une combinaison et une gradation des moyens - sa démarche pour réussir...
- la carotte aux modérés et Mahmoud Abbas, leader du Fatah et Président de l'Autorité palestinienne (qui n'a d'autorité que le nom...) en est un.
- et le bâton à Israël, dans la foulée de son refus à mettre fin à la colonisation des territoires palestiniens ET dans le sillage de l'attaque disproportionnée contre la «flottille humanitaire» vers Gaza. Il semble d'ailleurs qu'il y ait actuellement de fortes pressions états-uniennes sur Israël pour qu'elle respecte la Résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU qui exige «une enquête impartiale, crédible et transparente conforme aux critères internationaux».
Il devra ensuite sortir un bâton plus ferme contre les dirigeants du Hamas qui refuseront de reconnaître le droit à l'existence d'Israël et qui persiteront dans la voie de la violence. Et ensuite, il devra avoir le courage de faire réellement pression sur les radicaux israéliens. Cela implique que la stratégie américaine doit finir par briser le mouvement des colons... On peut donc prédire que le gouvernement Netanyahou risque de tomber au terme de l'usage du bâton (les cyniques diront la baguette) américain.
L'image de la carotte et du bâton (les incitatifs et les sanctions) demeure pertinente sur le plan théorique pour entrevoir les principaux instruments de la diplomatie avant le recours à la force... Et il faut savoir moduler - par une combinaison et une gradation des moyens - sa démarche pour réussir...
mercredi 9 juin 2010
Liban : les ennemis d'Israël accusés de tuer la culture.
L'éditorial du journal L'Orient - Le jour réagit fortement et intelligemment à une controverse entourant le spectacle du groupe Placebo au Liban. Le groupe est accusé d'être «pro-israélien» puisqu'il a effectué une tournée en Israël précédemment. Gad Elmaleh a subi un sort similaire en 2009 et a finit par annuler son concert au pays du cèdre.
Extraits :
«Il semble que la liberté d'interdire soit devenue le seul moyen pour quelques complexés de prouver qu'ils existent. Soit. C'est à se demander parfois s'il sert encore à quelque chose de rationaliser, d'échafauder des argumentations logiques, avec plusieurs exemples à l'appui, pour prouver l'insondable stupidité de ces "boycotteurs d'Israël" qui n'ont rien trouvé de mieux qu'un groupe de rock, Placebo, comme bouc émissaire. Si Israël commet ses crimes en toute impunité internationale, il faut bien que quelqu'un paie la facture à l'arrivée, non ? (...)
Pour sublimer son impuissance face à la criminalité d'Israël... "Je hais, donc j'existe" est depuis longtemps devenu l'alpha et l'oméga d'un simulacre de pensée, voire d'une non-pensée, qui tente de se travestir derrière un florilège d'accusations stupides, de slogans imbéciles, de diabolisations mesquines - et ce pour donner l'illusion qu'elle est une pensée. (...)
Dans ce sens, il convient de féliciter les auteurs de la campagne contre Placebo et, avant cela, contre Gad Elmaleh : ils ont bien réussi leur coup. Non seulement leur haine leur confère une existence médiatique et politique, mais, de plus, leur pire ennemi, Israël, leur doit une fière chandelle. Pourquoi ? Parce qu'ils contribuent à faire du Liban exactement ce que la politique israélienne souhaite qu'il soit : un pays replié sur lui-même, cloîtré, en marge de la scène politique, économique et culturelle internationale, un pays boudé et déserté par les touristes, un pays en état d'urgence et d'instabilité permanente, où la moindre manifestation culturelle revêt immanquablement un caractère polémique politique, un no man's land culturel, un pays sans âme. En bref, une sorte de Gaza II. »
Pour poursuivre le débat sur le sujet, cliquer ici.
Extraits :
«Il semble que la liberté d'interdire soit devenue le seul moyen pour quelques complexés de prouver qu'ils existent. Soit. C'est à se demander parfois s'il sert encore à quelque chose de rationaliser, d'échafauder des argumentations logiques, avec plusieurs exemples à l'appui, pour prouver l'insondable stupidité de ces "boycotteurs d'Israël" qui n'ont rien trouvé de mieux qu'un groupe de rock, Placebo, comme bouc émissaire. Si Israël commet ses crimes en toute impunité internationale, il faut bien que quelqu'un paie la facture à l'arrivée, non ? (...)
Pour sublimer son impuissance face à la criminalité d'Israël... "Je hais, donc j'existe" est depuis longtemps devenu l'alpha et l'oméga d'un simulacre de pensée, voire d'une non-pensée, qui tente de se travestir derrière un florilège d'accusations stupides, de slogans imbéciles, de diabolisations mesquines - et ce pour donner l'illusion qu'elle est une pensée. (...)
Dans ce sens, il convient de féliciter les auteurs de la campagne contre Placebo et, avant cela, contre Gad Elmaleh : ils ont bien réussi leur coup. Non seulement leur haine leur confère une existence médiatique et politique, mais, de plus, leur pire ennemi, Israël, leur doit une fière chandelle. Pourquoi ? Parce qu'ils contribuent à faire du Liban exactement ce que la politique israélienne souhaite qu'il soit : un pays replié sur lui-même, cloîtré, en marge de la scène politique, économique et culturelle internationale, un pays boudé et déserté par les touristes, un pays en état d'urgence et d'instabilité permanente, où la moindre manifestation culturelle revêt immanquablement un caractère polémique politique, un no man's land culturel, un pays sans âme. En bref, une sorte de Gaza II. »
Pour poursuivre le débat sur le sujet, cliquer ici.
Le Mali en photos.
Une ex-étudiante, Myriam Arsenault-Jacques, de retour d'un séjour au Mali, partage ses photos sur le lien suivant. À voir !
Nationaliser nos églises !
Une lettre signée par plusieurs intellectuels de divers horizons demande au 1er ministre Charest d'établir un moratoire d'un an sur toutes ventes d'églises au Québec et de constituer un comité d'experts qui établirait une liste d'églises à nationaliser de façon à éviter la dilapidation de notre patrimoine religieux.
Dans le contexte actuel, où l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus (TSNJ) dans mon quartier est sur le point d'être vendue, alors qu'elle constitue un objet patrimonial d'envergure en plus de contenir en son sein un orgue Casavan jugé exceptionnel, le processus menant à la nationalisation de certaines églises du Québec devrait être mis en oeuvre immédiatement !
Mais le gouvernement Charest a-t-il du respect pour notre culture ? Ah, j'oubliais qu'il considère que le français au Québec, c'est la langue des pauvres ! Et l'attachée politique de notre Sinistre de la culture, Christine St-Pierre, qui a dit qu'«on ne pouvait pas sauver tous les chats de ruelle» en parlant de la Cathédrale de l'Est qu'est l'église TSNJ !
L'opposition pourrait présenter une motion qui reprend littéralement le programme de la coalition pour la sauvegarde de notre patrimoine religieux.
Écrivez à votre député !
Dans le contexte actuel, où l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus (TSNJ) dans mon quartier est sur le point d'être vendue, alors qu'elle constitue un objet patrimonial d'envergure en plus de contenir en son sein un orgue Casavan jugé exceptionnel, le processus menant à la nationalisation de certaines églises du Québec devrait être mis en oeuvre immédiatement !
Mais le gouvernement Charest a-t-il du respect pour notre culture ? Ah, j'oubliais qu'il considère que le français au Québec, c'est la langue des pauvres ! Et l'attachée politique de notre Sinistre de la culture, Christine St-Pierre, qui a dit qu'«on ne pouvait pas sauver tous les chats de ruelle» en parlant de la Cathédrale de l'Est qu'est l'église TSNJ !
L'opposition pourrait présenter une motion qui reprend littéralement le programme de la coalition pour la sauvegarde de notre patrimoine religieux.
Écrivez à votre député !
mardi 8 juin 2010
Women without men.
Shirin Neshat est une artiste, cinéaste et photographe d'origine iranienne. Elle vit aujourd'hui à New-York. Son film intitulé Women without men est présentement à l'affiche. Il relate le parcours de 4 femmes iraniennes à l'époque du régime de Mossadegh. Ce régime fut un des premiers dans le monde musulman, voire même dans le Tiers-monde, à nationaliser les compagnies pétrolières, à l'époque sous contrôle britannique. Ce nationalisme de décolonisation a inspiré le nationalisme arabe, incarné par la figure mythique de Gamal Abdel Nasser, qui dominera le paysage politique de la région jusqu'à la fin des années 1970. La montée de l'islamisme, cette idéologie politique qui interprète radicalement la religion musulmane, est reliée au déclin du nationalisme dans cette partie du monde...
En Iran, Mossadegh a été renversé par un coup d'État orchestré par la CIA en 1953. Les USA ont alors installé le Chah (Pahlavi) au pouvoir, issu d'une grande famille iranienne. Vingt-six ans plus tard, la Révolution islamique iranienne mettait les religieux (Ayatollah) au pouvoir.
En Iran, Mossadegh a été renversé par un coup d'État orchestré par la CIA en 1953. Les USA ont alors installé le Chah (Pahlavi) au pouvoir, issu d'une grande famille iranienne. Vingt-six ans plus tard, la Révolution islamique iranienne mettait les religieux (Ayatollah) au pouvoir.
lundi 7 juin 2010
Jcall et Jstreet : la société civile pour la paix.
Je vous ai entretenu souvent dans ce blogue de la forte proportion d'Israéliens modérés favorables à la solution négociée de deux États : un juif et un palestinien. Grosso modo, j'affirmais que le conflit israélo-arabe était en fait «capturé» par des minorités de blocage : le Hamas du côté des Palestiniens et la droite religieuse et ultra-nationaliste du côté des Israéliens... Il fallait ajouter à cela un blocage externe : celui de l'appui souvent indéfectible des États-Unis à Israël par l'entremise de la droite religieuse et du lobby juif, fortement mobilisés en faveur de l'expansionisme (jeu de mot) israélien...
Or, les choses sont en train de bouger en Europe comme aux États-Unis par le truchement de deux collectifs qualifiés de «pro-israéliens en faveur de la paix» : Jcall en Europe et Jstreet aux États-Unis.
Jcall réunis plusieurs intellectuels juifs européens comme Bernard-Henry Lévy, Alain Finkielkraut et Daniel Cohn-Bendit qui affirment tous qu'être pro-israélien implique une critique saine et lucide de la politique radicale actuellement menée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
Jstreet a été formé récemment aux États-Unis (certains disent que l'organisation est issue des milieux pro-Obama) dans la même optique, mais son impact pourrait à terme être plus important puisqu'il fait émerger dans ce pays un mouvement composé de Juifs de plus en plus critiques à l'égard de l'unilatéralisme israélien. Jstreet cherche aussi à contrebalancer le poids souvent jugé démesuré du principal lobby juif américain, l'AIPAC, et ils investissent aujourd'hui le Congrès des USA pour influencer les décideurs en faveur d'une politique américaine plus modérée au Proche-Orient, politique qui déboucherait vers la solution négociée des deux États.
Un des arguments les plus intéressants véhiculés par Jcall et Jstreet relève du danger qui guette la démocratie israélienne si celle-ci continue à coloniser les territoires palestiniens, au mépris du Droit international et des droits humains les plus élémentaires... Ce discours est porteur puisqu'il se revendique d'un sionisme humaniste et démocratique, courant qui était présent et peut-être même dominant lors de la création de l'État hébreux. Les porte-parole de Jcall et Jstreet insistent aussi sur les risques de voir émerger en Israël un pouvoir militaire usurpateur de la démocratie.
Cette éventualité est selon moi déjà enclenchée : la démocratie israélienne est depuis ses débuts fragilisée par le poids important de l'armée - Tsahal - au sein de la société... Ce poids historique s'explique : Israël a été créé dans la guerre et Tsahal est vite devenue garante de son droit à l'existence dans la région. De plus, l'armée israélienne a été conçue comme le «creuset de la nation», c-à-d que c'est au sein de l'armée que les Israéliens et les Israéliennes s'intègrent à la culture nationale. Tsahal est aussi le principal vecteur d'ascension sociale au pays...
Mais la militarisation du pouvoir à laquelle on assiste depuis quelques années est pire puisqu'elle est associée à un projet d'expansion territoriale en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ce qui fait que les Israéliens qui s'établissent dans ces territoires le font au prix d'une occupation militaire toujours plus sanglante et inhumaine...
Pour simplifier, on pourrait dire que Tsahal a été garante du droit à l'existence d'Israël de sa création en 1948 jusqu'aux conquêtes territoriales de 1967. Mais de 1967 à nos jours, l'armée de défense d'Israël s'est mise au service d'un projet de conquête et d'expansion territoriale qui risque à terme de kidnapper la démocratie et de faire émerger un apartheid épouvantable dans les territoires occupés.
Cet appel pour la paix lancé par Jcall et Jstreet résonne déjà au sein de l'électorat juif américain et même pour certains membres du Congrès. Et la population israélienne modérée pourrait à nouveau se mobiliser pour la paix en utilisant les mêmes arguments fondamentaux : la démocratie israélienne est mise en danger par une minorité de radicaux.
À quand un mouvement similaire du côté des intellectuels du monde arabe ?
Or, les choses sont en train de bouger en Europe comme aux États-Unis par le truchement de deux collectifs qualifiés de «pro-israéliens en faveur de la paix» : Jcall en Europe et Jstreet aux États-Unis.Jcall réunis plusieurs intellectuels juifs européens comme Bernard-Henry Lévy, Alain Finkielkraut et Daniel Cohn-Bendit qui affirment tous qu'être pro-israélien implique une critique saine et lucide de la politique radicale actuellement menée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
Jstreet a été formé récemment aux États-Unis (certains disent que l'organisation est issue des milieux pro-Obama) dans la même optique, mais son impact pourrait à terme être plus important puisqu'il fait émerger dans ce pays un mouvement composé de Juifs de plus en plus critiques à l'égard de l'unilatéralisme israélien. Jstreet cherche aussi à contrebalancer le poids souvent jugé démesuré du principal lobby juif américain, l'AIPAC, et ils investissent aujourd'hui le Congrès des USA pour influencer les décideurs en faveur d'une politique américaine plus modérée au Proche-Orient, politique qui déboucherait vers la solution négociée des deux États.
Un des arguments les plus intéressants véhiculés par Jcall et Jstreet relève du danger qui guette la démocratie israélienne si celle-ci continue à coloniser les territoires palestiniens, au mépris du Droit international et des droits humains les plus élémentaires... Ce discours est porteur puisqu'il se revendique d'un sionisme humaniste et démocratique, courant qui était présent et peut-être même dominant lors de la création de l'État hébreux. Les porte-parole de Jcall et Jstreet insistent aussi sur les risques de voir émerger en Israël un pouvoir militaire usurpateur de la démocratie.
Cette éventualité est selon moi déjà enclenchée : la démocratie israélienne est depuis ses débuts fragilisée par le poids important de l'armée - Tsahal - au sein de la société... Ce poids historique s'explique : Israël a été créé dans la guerre et Tsahal est vite devenue garante de son droit à l'existence dans la région. De plus, l'armée israélienne a été conçue comme le «creuset de la nation», c-à-d que c'est au sein de l'armée que les Israéliens et les Israéliennes s'intègrent à la culture nationale. Tsahal est aussi le principal vecteur d'ascension sociale au pays...
Mais la militarisation du pouvoir à laquelle on assiste depuis quelques années est pire puisqu'elle est associée à un projet d'expansion territoriale en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ce qui fait que les Israéliens qui s'établissent dans ces territoires le font au prix d'une occupation militaire toujours plus sanglante et inhumaine...
Pour simplifier, on pourrait dire que Tsahal a été garante du droit à l'existence d'Israël de sa création en 1948 jusqu'aux conquêtes territoriales de 1967. Mais de 1967 à nos jours, l'armée de défense d'Israël s'est mise au service d'un projet de conquête et d'expansion territoriale qui risque à terme de kidnapper la démocratie et de faire émerger un apartheid épouvantable dans les territoires occupés.
Cet appel pour la paix lancé par Jcall et Jstreet résonne déjà au sein de l'électorat juif américain et même pour certains membres du Congrès. Et la population israélienne modérée pourrait à nouveau se mobiliser pour la paix en utilisant les mêmes arguments fondamentaux : la démocratie israélienne est mise en danger par une minorité de radicaux.
À quand un mouvement similaire du côté des intellectuels du monde arabe ?
jeudi 3 juin 2010
Un Québec à nouveau folklorisé.
Lire Josée Legault, de l'hebdo Voir. La question linguistique au Québec est sa spécialité. (Elle fût mon prof à l'UQÀM).
Extrait :
«La chose est très sérieuse: ce régime, par conséquent, crééra deux catégories d'immigrants, d'allophones et de francophones: d'un côté, ceux qui voudront et pourront se «payer» ce droit & auront des «circonstances familiales» aptes à répondre à la «grille d'analyse» des fonctionnaires. Et de l'autre côté, ceux qui en seront incapables.
Surtout, en créant deux catégories d'immigrants, le gouvernement accordera de facto à la minorité anglo-québécoise un statut de «société d'accueil» pour une partie des nouveaux arrivants au Québec». (fin de l'extrait)
Tout ce que le Québec cherchait à construire avec la loi 101, c-à-d une société d'accueil capable d'intégrer ses immigrants en français, est à nouveau ébréché. Charest le Grand Fossoyeur poursuit l'entreprise de folklorisation du Québec inachevée par Trudeau !
Extrait :
«La chose est très sérieuse: ce régime, par conséquent, crééra deux catégories d'immigrants, d'allophones et de francophones: d'un côté, ceux qui voudront et pourront se «payer» ce droit & auront des «circonstances familiales» aptes à répondre à la «grille d'analyse» des fonctionnaires. Et de l'autre côté, ceux qui en seront incapables.
Surtout, en créant deux catégories d'immigrants, le gouvernement accordera de facto à la minorité anglo-québécoise un statut de «société d'accueil» pour une partie des nouveaux arrivants au Québec». (fin de l'extrait)
Tout ce que le Québec cherchait à construire avec la loi 101, c-à-d une société d'accueil capable d'intégrer ses immigrants en français, est à nouveau ébréché. Charest le Grand Fossoyeur poursuit l'entreprise de folklorisation du Québec inachevée par Trudeau !
mercredi 2 juin 2010
Le français, c'est pour les pauvres !
Le gouvernement Charest vient de décider qu'il se conformera à la décision de la Cour Suprême du Canada invalidant la loi 104. Il renonce donc à utiliser la clause dérogatoire qui aurait permis au gouvernement de réaffirmer la supprématie du parlement sur les tribunaux pour une période de 5 ans renouvelable et d'imposer la loi 101 à tous.
Rappel. En 2002, l'Assemblée nationale du Québec adopte à l'unanimité la loi 104 qui cherche à colmater une brèche dans la loi 101. En effet, plusieurs parents inscrivaient leurs enfants à l'école anglaise privée non-subventionnée ($$$) pendant un an et obtenaient ensuite pour ces enfants, leurs frères et soeurs et leur descendence le droit à l'enseignement en anglais au Québec. L'adoption de la loi 104 voulait corriger cet échappatoire.
La loi 101, adoptée en 1977, oblige l'enseignement en français au Québec pour les enfants des francophones et les enfants des immigrants. Les anglophones du Québec et les immigrants issus du Canada qui ont reçu une éducation en anglais sont exemptés de cette obligation.
La Cour Suprême du Canada a jugé que la loi 104, qui cherchait simplement à éviter que certaines familles plus fortunées puissent contourner la loi 101, était trop contraignante. Elle a poussé l'audace de ce jugement en suggérant au gouvernement d'évaluer ce que serait un parcours authentique permettant d'octroyer le droit d'étudier en anglais au Québec...
Je n'entrerai pas ici dans une analyse profonde de ce jugement que je considère plus politique que judiciaire, mais il convient sans doute de rappeler qu'avec ce jugement, les riches ont plus de droits au Québec que les moins riches ! Dorénavant, il y aura les immigrants et les francophones riches, capables de contourner la loi 101 parce qu'ils en ont les moyens et les autres, les loosers, qui devront étudier dans cette langue bâtarde, cette langue de pauvres : le français. L'égalité juridique n'est-elle pas fondée sur le fait que les lois sont les mêmes pour tous, sans égards à notre condition ?
Le Conseil supérieur de la langue française avait bien saisi l'odieux de cet arrêt judiciaire et essentiellement pour cette raison, il recommandait au gouvernement d'appliquer la loi 101 à toutes les écoles, subventionnées ou non. Le gouvernement Charest n'a pas eu ce courage. Il est sur le point de déposer un projet de loi qui permettra aux familles ayant inscrit leur enfant à l'école anglaise non-subventionnée pendant 3 ans d'obtenir le droit à l'école anglaise... Avec Charest, plus vous êtes riches, plus vous avez la liberté de vous soustraire aux règles collectives.
Cette réponse à un jugement odieux dénote aucune considération pour la justice sociale, ni aucun respect pour la Charte de la langue française ! Mais pouvait-on s'attendre à autre chose ? Charest, l'envoyé d'Ottawa, avait-il les mains liées ?
Rappel. En 2002, l'Assemblée nationale du Québec adopte à l'unanimité la loi 104 qui cherche à colmater une brèche dans la loi 101. En effet, plusieurs parents inscrivaient leurs enfants à l'école anglaise privée non-subventionnée ($$$) pendant un an et obtenaient ensuite pour ces enfants, leurs frères et soeurs et leur descendence le droit à l'enseignement en anglais au Québec. L'adoption de la loi 104 voulait corriger cet échappatoire.La loi 101, adoptée en 1977, oblige l'enseignement en français au Québec pour les enfants des francophones et les enfants des immigrants. Les anglophones du Québec et les immigrants issus du Canada qui ont reçu une éducation en anglais sont exemptés de cette obligation.
La Cour Suprême du Canada a jugé que la loi 104, qui cherchait simplement à éviter que certaines familles plus fortunées puissent contourner la loi 101, était trop contraignante. Elle a poussé l'audace de ce jugement en suggérant au gouvernement d'évaluer ce que serait un parcours authentique permettant d'octroyer le droit d'étudier en anglais au Québec...
Je n'entrerai pas ici dans une analyse profonde de ce jugement que je considère plus politique que judiciaire, mais il convient sans doute de rappeler qu'avec ce jugement, les riches ont plus de droits au Québec que les moins riches ! Dorénavant, il y aura les immigrants et les francophones riches, capables de contourner la loi 101 parce qu'ils en ont les moyens et les autres, les loosers, qui devront étudier dans cette langue bâtarde, cette langue de pauvres : le français. L'égalité juridique n'est-elle pas fondée sur le fait que les lois sont les mêmes pour tous, sans égards à notre condition ?
Le Conseil supérieur de la langue française avait bien saisi l'odieux de cet arrêt judiciaire et essentiellement pour cette raison, il recommandait au gouvernement d'appliquer la loi 101 à toutes les écoles, subventionnées ou non. Le gouvernement Charest n'a pas eu ce courage. Il est sur le point de déposer un projet de loi qui permettra aux familles ayant inscrit leur enfant à l'école anglaise non-subventionnée pendant 3 ans d'obtenir le droit à l'école anglaise... Avec Charest, plus vous êtes riches, plus vous avez la liberté de vous soustraire aux règles collectives.
Cette réponse à un jugement odieux dénote aucune considération pour la justice sociale, ni aucun respect pour la Charte de la langue française ! Mais pouvait-on s'attendre à autre chose ? Charest, l'envoyé d'Ottawa, avait-il les mains liées ?
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