mardi 14 septembre 2010

Diplomatie chrétienne.

Les chefs de l'Église chrétienne d'occident se rencontrent cette semaine à Londres. En effet, Le catholique Benoit XVI visite l'anglicane Elizabeth II. Tous deux sont chefs d'État - le Vatican et le Royaume-Uni - et tous sont deux chefs d'Église et la rupture de Londres avec Rome date du XVIe siècle, sous Henry VIII...

Et comme pour rappeler l'histoire, ce sont des «histoires de sexe» qui domineront... Henry VIII a rompu avec le catholicisme pour marier Anne de Boleyn... Aujourd'hui, l'Église anglicane est secouée par la question de l'homosexualité : pour ou contre le mariage gay ? alors que l'Église catholique est discréditée par les scandales de pédophilie qui secouent la garde rapprochée du Pape...

Cette rencontre diplomatique se tient donc dans une atmosphère particulière. Il fait partie de la priorité du Vatican de réunir la famille chrétienne, mais Alain Crevier, l'excellent journaliste de Second regard, parlait plutôt de «maraudage» pour décrire ce qui se cache peut-être derrière cette belle unité...

La crise déclenchée (au sein de l'Église anglicane canadienne) par le débat sur le mariage homosexuel a amené les conservateurs ou traditionnalistes de cette Église à se rapprocher de l'Église catholique, jusqu'ici très claire sur les principaux dogmes touchant à la sexualité : célibat des prêtres, non-ordination des femmes, avortement, homosexualité, etc. Le Pape Benoit XVI irait donc envoyer un message de «bienvenue» aux Chrétiens plus conservateurs : son Église est la vraie gardienne des «valeurs morales chrétiennes»...

À partir de cette analyse, il semble qu'il pourrait se dessiner quelque chose de tout-à-fait historique dans les rapports entre l'Église anglicane et l'Église catholique. La 1ère deviendrait tranquillement plus «progressiste» ou ouverte aux «nouvelles valeurs morales» héritières de la modernité alors que la seconde demeurerait la «gardienne des traditions».

Si l'analyse tient le coup, nous assisterions à un autre coup de jarnac de l'histoire : les Québécois quitteront progressivement leur Église catholique, pourtant grande responsable de notre survie culturelle (et sans doute plus présente que l'on croit dans notre arrière-plan culturel) pour adhérer à une Église jugée plus moderne et ouverte, mais aussi associée historiquement à un projet assimilationniste...

Et après on dira que «la modernité» a fait disparaître la religion des enjeux politiques!

4 commentaires:

  1. là -haut-,sur un nuage- le cardinal Bourne et Henri Bourassa seront agités...yg

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