Je sors de mon mutisme des fêtes pour vous envoyer vers ma plateforme de blogueurs citoyens où je publie également. J'ai appris que lors de l'enregistrement de Tout le monde en parle qui sera diffusé le 31 décembre prochain (disons que des connaissances à moi ont assisté à l'enregistrement), André Boisclair a «pété sa coche» hors d'ondes... Mais en onde, il a démontré qu'on peut très bien fourrer le Québec sans amour en défendant l'exploitation des gaz de schiste au mépris du Québec et de la vérité.
Suivre CE LIEN.
dimanche 25 décembre 2011
mardi 20 décembre 2011
pause de turbulence.
Le voisin prend une pause du web pour le temps des fêtes. C'est Noël ! Il faut parfois se le rappeler parce que le multiculturalisme niveleur du Canada tend à évacuer ce qui fait partie de notre patrimoine pour «contenter» des communautés culturelles qui n'en demandaient pas tant...
Je vous colle les paroles que ma fille chante à l'école (mais vous ne bénéficierez pas de sa belle petite voix rauque et douce):
«Enfants de Palestine ou enfants d'Israël,
D'Amérique ou de Chine en ce jour de Noël,
Que ton regard se pose
Sur la terre ou le ciel
Ne retiens qu'une chose
Il faut croire à Noël
Matin couleur de cendre ou matin d'arc en ciel
Qu'importe il faut attendre en ce soir de Noël
Que les fusils se taisent et répondent à l'appel
De cette parenthèse
Qui s'appelle Noël
Un jour viendra peut-être
Un jour au goût de miel
Où l'on verra paraître un oiseau dans le ciel
Aux plumes de lumiere
Un oiseau éternel
Colombe pour la terre
Un oiseau de Noël».
Joyeux Noël !
P.S. Je renonce à commenter plus que cela la nomination d'un coach unilingue anglais chez le Canadien de Montréal... Mais quand notre gouvernement, ses agences et ses ministères, bafouent notre propre langue; quand nos propres députés fédéraux élus au Lac St-Jean ou ailleurs, posent leurs questions en anglais à la Chambre des Communes; quand nous switchons à l'anglais dès que nous croisons un «Québécois pas de souche», pourquoi demander à la famille Molson de nous respecter?
Se respecter soi-même, puis exiger des autres, dans cet ordre.
Je vous colle les paroles que ma fille chante à l'école (mais vous ne bénéficierez pas de sa belle petite voix rauque et douce):
«Enfants de Palestine ou enfants d'Israël,
D'Amérique ou de Chine en ce jour de Noël,
Que ton regard se pose
Sur la terre ou le ciel
Ne retiens qu'une chose
Il faut croire à Noël
Matin couleur de cendre ou matin d'arc en ciel
Qu'importe il faut attendre en ce soir de Noël
Que les fusils se taisent et répondent à l'appel
De cette parenthèse
Qui s'appelle Noël
Un jour viendra peut-être
Un jour au goût de miel
Où l'on verra paraître un oiseau dans le ciel
Aux plumes de lumiere
Un oiseau éternel
Colombe pour la terre
Un oiseau de Noël».
Joyeux Noël !
P.S. Je renonce à commenter plus que cela la nomination d'un coach unilingue anglais chez le Canadien de Montréal... Mais quand notre gouvernement, ses agences et ses ministères, bafouent notre propre langue; quand nos propres députés fédéraux élus au Lac St-Jean ou ailleurs, posent leurs questions en anglais à la Chambre des Communes; quand nous switchons à l'anglais dès que nous croisons un «Québécois pas de souche», pourquoi demander à la famille Molson de nous respecter?
Se respecter soi-même, puis exiger des autres, dans cet ordre.
vendredi 16 décembre 2011
Godin, le poète politique.
Visionnez Godin dispo sur TéléQuébec.tv et on s'en r'parle...
On en parle déjà ici sur la plateforme de mes «voisins»...
On en parle déjà ici sur la plateforme de mes «voisins»...
jeudi 15 décembre 2011
Mode de scrutin: l'hypocrisie du PQ.
Le prochain conseil national du Parti québécois débattra d'une série de mesures pour «changer la politique» au Québec. L'une d'entre elles concerne l'adoption d'un mode de scrutin majoritaire uninominal à deux tours, comme on le fait pour élire les députés et le Président en France.
Le fonctionnement d'un tel mode de scrutin est simple. Les électeurs votent parmi tous les candidats en lice. Si aucun des candidats ne recueille 50%+1 des votes au 1er tour, on retient les 2 meilleurs candidats qui s'affronteront lors d'un 2e tour. Le 2e tour est donc là pour nous assurer que l'élu du peuple aura recueilli une réelle majorité des voix.
À première vue, un tel mode de scrutin peut paraître meilleur que le nôtre, dans lequel la majorité des députés sont élus en obtenant une simple pluralité des voix (rarement plus que 40% et des poussières), puisqu'ils profitent de la division des votes de leurs opposants. Mais un système à 2 tours dans le contexte québécois ne changerait pas grand chose à la réalité (sclérosée) actuelle... Le bipartisme imparfait perdurerait et les tiers partis seraient en grande partie éliminés au 2e tour.
Une réelle réforme du mode de scrutin impliquerait un changement du paysage politique. Elle favoriserait une représentation des différents partis qui serait fonction de l'appui populaire réel de chacun des partis. Par exemple, si Québec solidaire obtient 10% des voix, il obtiendrait alors environ 10% des sièges au parlement. Un système à 2 tours ne favorise en aucun cas une telle proportionnalité des résultats.
C'est ici que l'on comprend l'hypocrisie du PQ. Le mode de scrutin à deux tours n'a jamais fait partie de son programme, tandis que l'adoption d'un mode de scrutin proportionnel a fait partie à plusieurs reprises des plateformes péquistes... Le PQ cherche à détourner l'attention et à se présenter (encore!) comme le seul gardien de la souveraineté. Un système à 2 tours forcerait le ralliement des autres tiers partis vers le PQ au 2e tour... Le PQ cherche donc uniquement à «sauver sa peau» dans un contexte où sa disparition du paysage politique est envisageable.
Et ce qu'il y a de plus triste là-dedans, c'est que la cause souverainiste (supposément le projet au cœur de l'engagement politique des péquistes!) avancerait beaucoup plus si le Québec se dotait d'un véritable mode de scrutin proportionnel. En effet, un référendum gagnant implique que plus de 50% des gens appuient la souveraineté. Or, selon notre actuel mode de scrutin, les partis qui forment le gouvernement atteignent rarement ce seuil. Un mode à deux tours ne ferait que porter au pouvoir le parti qui déplaît le moins... Alors qu'avec un mode de scrutin de type proportionnel, on pourrait très bien envisager une grande coalition de partis nationalistes proposer à la population un projet rassembleur. Et l'avantage est que cette coalition représenterait déjà plus de 50% des votants!
Une vraie proportionnalité dans le mode de scrutin favorise ultérieurement l'obtention d'un référendum gagnant. Mais les péquistes se refusent à favoriser une telle réforme car ils se croient toujours propriétaires de la souveraineté. Il me semblait pourtant qu'en démocratie, la souveraineté appartenait au peuple?
À trop vouloir s'accrocher au pouvoir, on corrompt nos idées et on méprise le peuple. Parlez-en aux libéraux de Jean Charest!
Le fonctionnement d'un tel mode de scrutin est simple. Les électeurs votent parmi tous les candidats en lice. Si aucun des candidats ne recueille 50%+1 des votes au 1er tour, on retient les 2 meilleurs candidats qui s'affronteront lors d'un 2e tour. Le 2e tour est donc là pour nous assurer que l'élu du peuple aura recueilli une réelle majorité des voix.
À première vue, un tel mode de scrutin peut paraître meilleur que le nôtre, dans lequel la majorité des députés sont élus en obtenant une simple pluralité des voix (rarement plus que 40% et des poussières), puisqu'ils profitent de la division des votes de leurs opposants. Mais un système à 2 tours dans le contexte québécois ne changerait pas grand chose à la réalité (sclérosée) actuelle... Le bipartisme imparfait perdurerait et les tiers partis seraient en grande partie éliminés au 2e tour.
Une réelle réforme du mode de scrutin impliquerait un changement du paysage politique. Elle favoriserait une représentation des différents partis qui serait fonction de l'appui populaire réel de chacun des partis. Par exemple, si Québec solidaire obtient 10% des voix, il obtiendrait alors environ 10% des sièges au parlement. Un système à 2 tours ne favorise en aucun cas une telle proportionnalité des résultats.
C'est ici que l'on comprend l'hypocrisie du PQ. Le mode de scrutin à deux tours n'a jamais fait partie de son programme, tandis que l'adoption d'un mode de scrutin proportionnel a fait partie à plusieurs reprises des plateformes péquistes... Le PQ cherche à détourner l'attention et à se présenter (encore!) comme le seul gardien de la souveraineté. Un système à 2 tours forcerait le ralliement des autres tiers partis vers le PQ au 2e tour... Le PQ cherche donc uniquement à «sauver sa peau» dans un contexte où sa disparition du paysage politique est envisageable.
Et ce qu'il y a de plus triste là-dedans, c'est que la cause souverainiste (supposément le projet au cœur de l'engagement politique des péquistes!) avancerait beaucoup plus si le Québec se dotait d'un véritable mode de scrutin proportionnel. En effet, un référendum gagnant implique que plus de 50% des gens appuient la souveraineté. Or, selon notre actuel mode de scrutin, les partis qui forment le gouvernement atteignent rarement ce seuil. Un mode à deux tours ne ferait que porter au pouvoir le parti qui déplaît le moins... Alors qu'avec un mode de scrutin de type proportionnel, on pourrait très bien envisager une grande coalition de partis nationalistes proposer à la population un projet rassembleur. Et l'avantage est que cette coalition représenterait déjà plus de 50% des votants!
Une vraie proportionnalité dans le mode de scrutin favorise ultérieurement l'obtention d'un référendum gagnant. Mais les péquistes se refusent à favoriser une telle réforme car ils se croient toujours propriétaires de la souveraineté. Il me semblait pourtant qu'en démocratie, la souveraineté appartenait au peuple?
À trop vouloir s'accrocher au pouvoir, on corrompt nos idées et on méprise le peuple. Parlez-en aux libéraux de Jean Charest!
mercredi 14 décembre 2011
Voisiner le web citoyen.
En plus de continuer à publier sur ce blogue, le voisin est maintenant hébergé sur un site collectif où se voisinent plusieurs blogueurs. Il s'agit du site LeGlobe.ca, qui propose un «regard citoyen» sur l'actualité, la culture et la politique.
Faites-y un tour régulièrement, ça vous permettra de découvrir d'autres plumes sans nécessairement abandonner la mienne... Bonne lecture.
Faites-y un tour régulièrement, ça vous permettra de découvrir d'autres plumes sans nécessairement abandonner la mienne... Bonne lecture.
Investiture républicaine: qui est le meilleur ami d'Israël?
La course à l’investiture du Parti républicain aux USA qui débouchera au terme des élections primaires à la sélection du candidat officiel à la présidence pour ce parti, est en train de virer à une sorte de concours absurde du genre: «qui est le meilleur ami d’Israël»… «C’est moi, c’est moi», crient tous les candidats lors de leurs passages quasi-obligés devant les différents lobbys et médias juifs américains. Seul Ron Paul s’est pour le moment abstenu de cette surenchère en promettant de couper «toutes» les aides américaines à l’étranger !
Le dernier en lice est l’étoile montante Newt Gingrich (photo). Il a déclaré que le peuple palestinien est un «peuple inventé» pour ensuite promettre le déménagement de l’ambassade des USA en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.
Ces deux déclarations ont bien sûr pour objectif de contenter un électorat mobilisé qui contribue financièrement aux campagnes de presque toute la classe politique à Washington. Ces intransigeants nient l’existence même de la réalité nationale palestinienne et cherchent à concrétiser l’annexion de Jérusalem-est par Israël. Ces puissants gravitant autour de l’AIPAC (American-israeli public affairs comitee) sont effectivement capables de faire et de défaire des carrières politiques (on comprend donc la surenchère des candidats républicains), mais leur action politique et leurs positions sont loin de favoriser une vie meilleure pour ce petit pays assiégé qu’est Israël… et surtout pour la grande majorité de ses citoyens!
Car il ne faut pas oublier qu’une forte proportion d’Israéliens sont modérés et favorables à la solution négociée de deux États : un juif et un palestinien, avec Jérusalem-ouest comme capitale pour Israël et Jérusalem-est pour la Palestine… Et quand je dis une «forte proportion», plusieurs enquêtes faites sur de longues périodes tendent à démontrer que c’est une majorité des deux côtés qui est prête à la coexistence pacifique.
On comprend donc que le conflit israélo-palestinien est en fait «capturé» par des minorités de blocage : le Hamas du côté des Palestiniens et la droite religieuse et ultra-nationaliste du côté des Israéliens…
À cela, il faut ajouter un blocage externe : celui de l’appui souvent indéfectible des États-Unis à Israël par l’entremise de la droite religieuse et du lobby juif américains, fortement mobilisés en faveur de l’expan-sionisme (jeu de mot) israélien…
Le ballet du «meilleur ami d’Israël» qui se joue présentement au sein des candidats à l’investiture républicaine est néfaste pour la sécurité même d’Israël et des USA. Il est irresponsable et dangereux.
Cela se fait au détriment de la stabilité et de la paix pour toute une région, et plus directement encore pour ceux que l’on prétend défendre: les citoyens d’Israël qui, en grande majorité, recherchent la paix.
jeudi 8 décembre 2011
Quand Jean Lesage engueule Jean Charest.
En 1962, le premier ministre du Québec Jean Lesage, convaincu par son ministre René Lévesque, décide de nationaliser les compagnies d'électricité. Dans son discours «Maîtres chez nous», (voir le livre extraordinaire dirigé par Charles-Philippe Courtois et Danic Parenteau, Les 50 discours qui ont marqué le Québec, CEC, 2011), le 1er ministre Lesage affirme qu'il est temps de mettre fin à une situation «intenable».
Extrait 1:
«Cette situation, c'est celle d'une société qui a été privée des moyens qui lui auraient permis de s'épanouir pleinement.C'est celle où les clefs d'une économie moderne appartiennent à des intérêts étrangers à nos préoccupations nationales et indifférents à nos aspirations légitimes».
N'entendez-vous pas une sorte de distorsion historique? ... Comme si Jean Lesage critiquait la façon dont le Québec est «gouverné» sous Jean Charest. Et critiquait jusqu'à ses nominations à la Caisse de Dépôts...
Extrait 2:
«Comme peuple adulte, nous ne pouvons plus supporter de croupir dans l'immobilisme forcé, immobilisme imposé par une clique politique à qui il plaît que notre province demeure une source de matière première, un réservoir de main d'oeuvre à bon marché ou un pays vieillot que l'on visite en touriste. (...)
Tout le monde chez nous comprend maintenant qu'on ne pourra jamais rien réussir de durable au Québec si, une fois pour toutes, on ne s'attaque pas à la racine du mal. Et la racine du mal, c'est que notre économie ne nous appartient pas. C'est aussi simple que cela, mais c'est aussi grave que cela».
Le Plan Nord de Jean Charest semble directement évoqué... Et la «clique politique», elle comprend Lucien Bouchard, les libéraux au grand complet, et sans doute François Legault, qui a très peu discouru sur ce sujet capital depuis son «retour en politique».
Lisez maintenant l'extrait 3, et vous entendrez Lesage décrier ce qu'en 2011, Daniel Breton de Maîtres chez nous 21e siècle, qualifie de «vol du siècle»... Remplacez seulement «union nationale» par Parti libéral du Québec et Parti québécois sous Lucien Bouchard, ce dernier étant aujourd'hui porte-parole de l'industrie pétrolière et gazière...:
«Il n'est pas surprenant alors que de telles gens - et l'Union nationale puisqu'il faut bien la nommer - se soient rendus coupables, il y a quelques années à peine d'un crime odieux que notre population ne pourra jamais leur pardonner. En effet, ces gens qui ont dénationalisé à leur profit personnel un secteur public - celui du gaz naturel - voudraient aujourd'hui nous faire croire qu'ils recherchent le Bien des Québécois ! Quelle farce !»
Fin de l'extrait. !!! Wow ! J'entends Lesage vilipender presque toute la classe politique, mais surtout ses «descendants» libéraux (on dirait des bâtards! excuses toutes plates aux vrais bâtards). Hydro sous Jean Charest a vendu ses réserves sur l'île d'Anticosti qu'elle savait importantes et consenti tout le gaz de schiste et naturel à des compagnies privées, pour la plupart albertaines et étrangères...
Jean Lesage ! Où es-tu?
Extrait 4:
«Ce sont des gens qui, pour obtenir un profit égoïste, n'ont pas hésiter à priver notre province d'un bien qui appartient à toute notre collectivité. Ce sont des gens qui ont trompé le peuple, qui l'ont volé, oui volé ! Et aujourd'hui ces serviteurs de trusts veulent donner un coup de poignard dans le dos de notre peuple en faisant mine de l'aider, alors qu'en réalité ils proposent la plus nocive des solutions possibles».
Et ça continue comme ça... On jurerait entendre Lesage engueuler Jean Charest. C'est beau et triste à la fois. Nous sommes de retour dans la Grande noirceur, mais on entend de loin un propos qui peut nous aider à en sortir.
Extrait 1:
«Cette situation, c'est celle d'une société qui a été privée des moyens qui lui auraient permis de s'épanouir pleinement.C'est celle où les clefs d'une économie moderne appartiennent à des intérêts étrangers à nos préoccupations nationales et indifférents à nos aspirations légitimes».
N'entendez-vous pas une sorte de distorsion historique? ... Comme si Jean Lesage critiquait la façon dont le Québec est «gouverné» sous Jean Charest. Et critiquait jusqu'à ses nominations à la Caisse de Dépôts...
Extrait 2:
«Comme peuple adulte, nous ne pouvons plus supporter de croupir dans l'immobilisme forcé, immobilisme imposé par une clique politique à qui il plaît que notre province demeure une source de matière première, un réservoir de main d'oeuvre à bon marché ou un pays vieillot que l'on visite en touriste. (...)
Tout le monde chez nous comprend maintenant qu'on ne pourra jamais rien réussir de durable au Québec si, une fois pour toutes, on ne s'attaque pas à la racine du mal. Et la racine du mal, c'est que notre économie ne nous appartient pas. C'est aussi simple que cela, mais c'est aussi grave que cela».
Le Plan Nord de Jean Charest semble directement évoqué... Et la «clique politique», elle comprend Lucien Bouchard, les libéraux au grand complet, et sans doute François Legault, qui a très peu discouru sur ce sujet capital depuis son «retour en politique».
Lisez maintenant l'extrait 3, et vous entendrez Lesage décrier ce qu'en 2011, Daniel Breton de Maîtres chez nous 21e siècle, qualifie de «vol du siècle»... Remplacez seulement «union nationale» par Parti libéral du Québec et Parti québécois sous Lucien Bouchard, ce dernier étant aujourd'hui porte-parole de l'industrie pétrolière et gazière...:
«Il n'est pas surprenant alors que de telles gens - et l'Union nationale puisqu'il faut bien la nommer - se soient rendus coupables, il y a quelques années à peine d'un crime odieux que notre population ne pourra jamais leur pardonner. En effet, ces gens qui ont dénationalisé à leur profit personnel un secteur public - celui du gaz naturel - voudraient aujourd'hui nous faire croire qu'ils recherchent le Bien des Québécois ! Quelle farce !»
Fin de l'extrait. !!! Wow ! J'entends Lesage vilipender presque toute la classe politique, mais surtout ses «descendants» libéraux (on dirait des bâtards! excuses toutes plates aux vrais bâtards). Hydro sous Jean Charest a vendu ses réserves sur l'île d'Anticosti qu'elle savait importantes et consenti tout le gaz de schiste et naturel à des compagnies privées, pour la plupart albertaines et étrangères...
Jean Lesage ! Où es-tu?
Extrait 4:
«Ce sont des gens qui, pour obtenir un profit égoïste, n'ont pas hésiter à priver notre province d'un bien qui appartient à toute notre collectivité. Ce sont des gens qui ont trompé le peuple, qui l'ont volé, oui volé ! Et aujourd'hui ces serviteurs de trusts veulent donner un coup de poignard dans le dos de notre peuple en faisant mine de l'aider, alors qu'en réalité ils proposent la plus nocive des solutions possibles».
Et ça continue comme ça... On jurerait entendre Lesage engueuler Jean Charest. C'est beau et triste à la fois. Nous sommes de retour dans la Grande noirceur, mais on entend de loin un propos qui peut nous aider à en sortir.
mardi 6 décembre 2011
Un 6 décembre.
dimanche 4 décembre 2011
Le Québec est-il beau?
Je pose la question sérieusement. On pense quelquefois que ça va de soi, que «de l'espace y'en a en masse», que la nature est belle chez nous, etc.
Je ne veux pas «péter vot' balloune», mais le Québec n'est pas si beau, il est même plus souvent qu'autrement simplement laid !
Promenez-vous au Québec. Qu'y voyez-vous? Des autoroutes (en mauvais état), des infrastructures routières (laides et en décrépitude), des concessionnaires automobiles et des restos pas bons aux bannières désuètes dans toutes les entrées des villes, des maisons placardées d'aluminium ou de pvc, des pylônes électriques, des centres d'achat et des parkings, des banlieues mornes et tristes, des villages désertés, souvent déprimés, sinon déprimants... Plein de paysages gâchés par toutes sortes de merdes qui témoignent de notre absence de culture et de notre mépris pour la beauté.
Bon ok, il y a du beau : Plusieurs églises et quelques villages qui résistent à la laideur envahissante, le ciel abitibien, la vallée de la Jacques-Cartier, celle de la rivière Malbaie, le parc Forillon, certaines vues sur le fleuve, d'autres sur le fjord, les plages de sable blanc de la basse côte-nord, les monts Groulx et les Chics-chocs, plusieurs lacs et rivières cachés encore préservés de la stupidité de ceux qui «bâtissent» le pays (et détruisent nos paysages et milieux de vie!). En fait, nos décideurs ne bâtissent pas le pays, ils salopent une province!
À défaut de faire du Québec un pays, pourrait-on le rêver mieux et planifier son développement futur pour qu'il redevienne simplement beau? Nos artistes, architectes, urbanistes et décideurs qui ont un minimum d'ambition devraient se lever et tasser les mononcs épais et corrompus qui écrivent nos plans d'aménagement et gouvernent notre «province»...
Quelques références :
1- Une série sur les expatriés de l'échangeur Turcot, autre exemple de notre bêtise perpétuée.
2- Un article sur la destruction de notre espace par des banlieues désâmées.
3- Un article sur les ruelles vertes à Montréal.
4- Et ces deux «papiers» touchant à la façon que l'on a de penser (ou d'impenser!) notre espace... ICI et ICI.
5- Le projet «Territoires» de Tristan Fortin-Le Breton.
Je ne veux pas «péter vot' balloune», mais le Québec n'est pas si beau, il est même plus souvent qu'autrement simplement laid !
Promenez-vous au Québec. Qu'y voyez-vous? Des autoroutes (en mauvais état), des infrastructures routières (laides et en décrépitude), des concessionnaires automobiles et des restos pas bons aux bannières désuètes dans toutes les entrées des villes, des maisons placardées d'aluminium ou de pvc, des pylônes électriques, des centres d'achat et des parkings, des banlieues mornes et tristes, des villages désertés, souvent déprimés, sinon déprimants... Plein de paysages gâchés par toutes sortes de merdes qui témoignent de notre absence de culture et de notre mépris pour la beauté.
Bon ok, il y a du beau : Plusieurs églises et quelques villages qui résistent à la laideur envahissante, le ciel abitibien, la vallée de la Jacques-Cartier, celle de la rivière Malbaie, le parc Forillon, certaines vues sur le fleuve, d'autres sur le fjord, les plages de sable blanc de la basse côte-nord, les monts Groulx et les Chics-chocs, plusieurs lacs et rivières cachés encore préservés de la stupidité de ceux qui «bâtissent» le pays (et détruisent nos paysages et milieux de vie!). En fait, nos décideurs ne bâtissent pas le pays, ils salopent une province!
À défaut de faire du Québec un pays, pourrait-on le rêver mieux et planifier son développement futur pour qu'il redevienne simplement beau? Nos artistes, architectes, urbanistes et décideurs qui ont un minimum d'ambition devraient se lever et tasser les mononcs épais et corrompus qui écrivent nos plans d'aménagement et gouvernent notre «province»...
Quelques références :
1- Une série sur les expatriés de l'échangeur Turcot, autre exemple de notre bêtise perpétuée.
2- Un article sur la destruction de notre espace par des banlieues désâmées.
3- Un article sur les ruelles vertes à Montréal.
4- Et ces deux «papiers» touchant à la façon que l'on a de penser (ou d'impenser!) notre espace... ICI et ICI.
5- Le projet «Territoires» de Tristan Fortin-Le Breton.
samedi 3 décembre 2011
Lire J-F Nadeau.
Il faut lire le papier de Jean-François Nadeau dans Le Devoir de ce samedi. Sur ce qui nous guette avec les conservateurs ignares au pouvoir, ce que notre système économique «produit» sans que nous nous en rendions compte... C'est beau, fort et triste à la fois.
Extraits:
«Au Kansas, l'initiative radicale du gouverneur a été saluée par des groupes néolibéraux, dont celui du milliardaire David Koch, qui affirment, selon une perspective bien arrêtée, qu'aucun citoyen ne devrait voir une partie de ses taxes utilisée «pour financer les goûts de ceux qui siègent dans des commissions culturelles». Dans la béance de ce raisonnement, soustraire de l'argent afin d'enrichir l'ignorance ne semble pas choquer.
(...)
Et pendant ce temps, au royal Canada, les sbires de Stephen Harper sourient en montrant les dents. Ils le font en idéologues convaincus, souvent à la manière fine d'une Nathalie Elgraby de l'Institut économique de Montréal qui, du haut de sa chaire de chroniqueuse des quotidiens de Quebecor, soutient que les artistes sont confits en tabous qu'il importe de briser au plus vite, quitte à fracasser pour ce faire les arts autant que les créateurs.
La richesse des riches et le maintien de ceux qui le sont à demi pour les servir — la classe moyenne — exigent que tout ce qui est public soit privatisé afin de mieux contribuer au bonheur des puissants, y compris au chapitre de la culture.»
Autre passage, critiquant l'obscénité de la guignolée des médias:
«La situation économique tragique que décrit Alain Deneault permet à des gens de bonne volonté, du genre de René Homier-Roy, de vendre tout sourire des soirées au champagne ou une balade en Rolls-Royce pour aider les pauvres, étant entendu, comme l'animateur le déclarait le 25 novembre à la radio de nos impôts, que «les riches, on ne les attire pas avec des affaires qui ne les intéressent pas». Pour s'occuper de la pauvreté, il faut donc désormais gaver davantage encore les riches, tout en les remerciant ensuite de leurs excès si profitables à l'ensemble de la société... »
Extraits:
«Au Kansas, l'initiative radicale du gouverneur a été saluée par des groupes néolibéraux, dont celui du milliardaire David Koch, qui affirment, selon une perspective bien arrêtée, qu'aucun citoyen ne devrait voir une partie de ses taxes utilisée «pour financer les goûts de ceux qui siègent dans des commissions culturelles». Dans la béance de ce raisonnement, soustraire de l'argent afin d'enrichir l'ignorance ne semble pas choquer.
(...)
Et pendant ce temps, au royal Canada, les sbires de Stephen Harper sourient en montrant les dents. Ils le font en idéologues convaincus, souvent à la manière fine d'une Nathalie Elgraby de l'Institut économique de Montréal qui, du haut de sa chaire de chroniqueuse des quotidiens de Quebecor, soutient que les artistes sont confits en tabous qu'il importe de briser au plus vite, quitte à fracasser pour ce faire les arts autant que les créateurs.
La richesse des riches et le maintien de ceux qui le sont à demi pour les servir — la classe moyenne — exigent que tout ce qui est public soit privatisé afin de mieux contribuer au bonheur des puissants, y compris au chapitre de la culture.»
Autre passage, critiquant l'obscénité de la guignolée des médias:
«La situation économique tragique que décrit Alain Deneault permet à des gens de bonne volonté, du genre de René Homier-Roy, de vendre tout sourire des soirées au champagne ou une balade en Rolls-Royce pour aider les pauvres, étant entendu, comme l'animateur le déclarait le 25 novembre à la radio de nos impôts, que «les riches, on ne les attire pas avec des affaires qui ne les intéressent pas». Pour s'occuper de la pauvreté, il faut donc désormais gaver davantage encore les riches, tout en les remerciant ensuite de leurs excès si profitables à l'ensemble de la société... »
mercredi 30 novembre 2011
Guy Delisle à Jérusalem
Chroniques de Jérusalem vient de sortir en librairie.
Je vous renvoies à ce lien et au journal Le Devoir d'aujourd'hui pour que vous plongiez comme je le fais ces temps-ci dans l’œuvre de Guy Delisle, ce bédéïste d'origine québécoise qui s'est promené un peu partout pour rendre compte de son quotidien pas si ordinaire. Le personnage central est un genre de «Paul» qui dessine des carnets sur ses observations. Léger et profond à la fois.
Je vous renvoies à ce lien et au journal Le Devoir d'aujourd'hui pour que vous plongiez comme je le fais ces temps-ci dans l’œuvre de Guy Delisle, ce bédéïste d'origine québécoise qui s'est promené un peu partout pour rendre compte de son quotidien pas si ordinaire. Le personnage central est un genre de «Paul» qui dessine des carnets sur ses observations. Léger et profond à la fois.
L'électoralisme dangereux de Legault.
Le «chef» de la CAQ, François Legault s'est déclaré contre les péages sur les ponts dans la région de Montréal. Il affirme ne pas vouloir alourdir le fardeau fiscal des Montréalais... Mensonge et mauvaise foi ! Et en plus, mauvais sens des priorités !
Les péages sur les ponts toucheraient en priorités les banlieusards, ceux que François Legault courtise et pense gagner lors des prochaines élections... Les péages seraient pourtant une solution moderne et juste : ils induisent un coût à un comportement qui est nuisible à l'environnement, aux finances publiques et qui aggrave les inégalités...
J'ai écris dans un «papier» précédent: «L'étalement urbain coûte cher à notre société sur tous les plans :
- il gruge nos dernières terres agricoles,
- favorise l'augmentation des gaz à effets de serre,
- affaiblit le lien social et éloigne l'individu des différents réseaux et services (pas fort dans un contexte de vieillissement!)
- multiplie la nécessité de construire des infrastructures lourdes et dispendieuses que nous «léguons» aux autres générations et que nous faisons financer par ceux qui n'en profitent pas directement.
Qui en effet défraie les coûts des aqueducs, de l'électricité et des routes que l'on construit pour les nouvelles banlieues? Certainement pas les acheteurs de ces nouvelles maisons ! Il y a là un enjeu qui touche autant l'intra que l'intergénérationnel... »
L'étalement urbain est dangereux pour le développement du Québec (et de la planète!), mais François Legault n'en parle pas. Il préfère augmenter les frais de scolarité ET établir des projets-pilote pour introduire davantage le privé en santé... Beau sens des priorités.
Électoralisme bête et dangereux.
Les péages sur les ponts toucheraient en priorités les banlieusards, ceux que François Legault courtise et pense gagner lors des prochaines élections... Les péages seraient pourtant une solution moderne et juste : ils induisent un coût à un comportement qui est nuisible à l'environnement, aux finances publiques et qui aggrave les inégalités...
J'ai écris dans un «papier» précédent: «L'étalement urbain coûte cher à notre société sur tous les plans :
- il gruge nos dernières terres agricoles,
- favorise l'augmentation des gaz à effets de serre,
- affaiblit le lien social et éloigne l'individu des différents réseaux et services (pas fort dans un contexte de vieillissement!)
- multiplie la nécessité de construire des infrastructures lourdes et dispendieuses que nous «léguons» aux autres générations et que nous faisons financer par ceux qui n'en profitent pas directement.
Qui en effet défraie les coûts des aqueducs, de l'électricité et des routes que l'on construit pour les nouvelles banlieues? Certainement pas les acheteurs de ces nouvelles maisons ! Il y a là un enjeu qui touche autant l'intra que l'intergénérationnel... »
L'étalement urbain est dangereux pour le développement du Québec (et de la planète!), mais François Legault n'en parle pas. Il préfère augmenter les frais de scolarité ET établir des projets-pilote pour introduire davantage le privé en santé... Beau sens des priorités.
Électoralisme bête et dangereux.
lundi 28 novembre 2011
Benkirane: 1er ministre du Maroc

Abdellilah Benkirane, Secrétaire-général du Parti Justice et développement (PJD), parti islamiste «modéré» du Maroc, sera sans doute appelé par le Roi Mohammed VI à diriger le prochain gouvernement du pays. En effet, l'une des modifications constitutionnelles adoptées par référendum le 1er juillet dernier dans la foulée de la pression de la «rue arabe» consiste à ce que le 1er ministre du pays sera dorénavant le chef du parti arrivé premier aux élections législatives...
Or, le PJD a obtenu le plus de suffrages vendredi dernier lors des élections anticipées, mais aussi le plus de sièges (ce qui n'avait pas été le cas en 2007). Le Roi offrira donc au chef du PJD, Benkirane, de former un gouvernement. Mais celui-ci devra chercher alliance avec d'autres partis pour former une majorité parlementaire puisque le PJD ne détient que 107 des 395 sièges... Benkirane a déjà mentionné son ouverture à l'égard des nationalistes du parti de l'Istiqlal - un parti historique lié à l'Indépendance du pays en 1956 - qui composaient déjà une bonne partie du gouvernement précédent.
Alors donc, que s'est-il passé? Le Maroc glisse-t-il vers l'islamisme? (*) D'abord, le PJD a mieux réussi à mobiliser son électorat, particulièrement les nouveaux arrivés des villes et une certaine élite intellectuelle en proie à une inquiétude lancinante, celle de l'occidentalisation menaçant l'identité même du pays... Il y a aussi le discrédit général envers la classe politique, considérée soit comme corrompue soit comme trop conciliante envers le Roi... Et puis, le mouvement du 20 février porté par la jeunesse marocaine a décidé de boycotter les élections, ce qui n'a pu que favoriser ceux qui y ont participé...
J'ai rencontré l'année dernière avec un groupe d'étudiants ce Benkirane. Il a un certain charisme, un peu pince sans rire. Son discours populiste facile en fait un personnage médiatique intéressant. Il a souvent condamné le Makhzen (le pouvoir de l'ombre ou l'élite du Palais...) et il se présente comme «islamiste modéré». Sa modération s'explique par le fait qu'il accepte de vivre sous l'autorité du Roi. C'est aussi pourquoi son parti a dû accepter (à contre-coeur) la réforme du code de la famille en 2004. S'opposer à cette réforme, c'était s'opposer au Roi... On voit donc que la marge de manœuvre d'un futur gouvernement du PJD demeure celle que lui permettra le Roi.
Chose certaine, Abdellilah Benkirane ne m'est pas apparu comme un homme d'une grande profondeur intellectuelle. J'ai pourtant côtoyé là-bas des intellectuels islamistes associés au PJD qui avaient une véritable pensée sur les rapports entre religion et politique... Ces intellectuels ressemblaient à plusieurs intellectuels conservateurs d'occident pour qui la culture des droits de l'homme, grande conquête de la modernité, ne doit pas pour autant se délester de la profondeur de l'expérience religieuse (**).
Issu de cette mouvance politique, Benkirane m'est au contraire apparu comme un politicien intuitif, superficiel et arrogant. À une question portant sur l'importance de l'éducation au Maroc, il a répondu par des anecdotes sur les riches berbères self-made-men du pays... Ses réponses à nos questions pourtant concrètes relevaient soit d'anecdotes, soit de slogans... Je suis sorti de cet entretien déçu de cette figure montante de la politique marocaine. (Et en plus, il a interrompu notre entretient à plusieurs reprises pour répondre à son foutu cellulaire!)
Alors M. Benkirane? Quels rapports croyez-vous qu'il faudrait favoriser entre le respect des droits individuels et le maintien de la tradition islamique pour le Maroc? Avez-vous des exemples concrets de ce dialogue qu'il faut établir entre «droit-de-l'hommisme» et islam?
Un personnage comme Benkirane peut-il réellement favoriser un rééquilibrage de la politique marocaine? Sur la question religieuse, son espace me semble très limité: le Roi demeure l'Autorité suprême. Le pouvoir du PJD repose plutôt sur le fait que c'est un parti qui n'est pas proche de l'élite économique et militaire, ni de celle du Palais. C'est déjà un changement significatif pour le Roi qui n'avait jamais vraiment concédé le pouvoir sans d'abord avoir récupéré ses anciens opposants...
Mais le chapitre sur les rapports de pouvoir entre un Parlement aujourd'hui dominé par les islamistes modérés et un «Roi moderniste» demeure à écrire ! Tout n'est pas joué...
p.s. un bogue m'empêche de vous fournir ce lien autrement :
** http://leblogueduvoisin.blogspot.com/2010/12/bientot-le-maroc.html
mercredi 23 novembre 2011
Quelques mythes confrontés.
Suivez ces capsules préparées par l'IRIS (Institut de recherche et d'information socio-économique).
En voici quelques exemples:
Celle-là est pas pire pantoute:
En voici quelques exemples:
Celle-là est pas pire pantoute:
dimanche 20 novembre 2011
Mononc Serge, le punk.

Mononc Serge est sans doute un punk, sans l'allure du punk. Le mouvement punk est né en Angleterre, dans un pays qui aime les conventions, le respect des coutumes et des traditions. Un pays qui se dit fidèle aux bonnes moeurs et au respect de la hiérarchie... Or, les punks ont toujours brisé ces «règles» et refusé la hiérarchie: par leur tenue vestimentaire, leur coiffure, leur musique, leur propos, leur vulgarité supposée mais nécessairement assumée.
En 1ère partie de Bernard Adamus vendredi dernier, Mononc Serge a fait une prestation solo punk dans l'attitude et chansonnière acoustico-trash musicalement... L'attitude punk s'exprime dans ses textes : Requiem pour la marde, Hitler Robert, Fourrer, sont des titres de chanson qui ont nécessairement pour but de briser des tabous... Et ce qu'il y a de plus fascinant là-dedans est que Mononc a réussi à faire en sorte que la salle scande haut et fort «Fourrer!» le poing levé. Et ce n'était pas gagné d'avance, car il était en 1ère partie...
Malgré le look «normal» du gars, on peut donc dire que c'est un punk. Il harrangue la foule, profère des insanités, brise les tabous, tout ça dans une bonne humeur contagieuse qui ne se prend pas au sérieux. Mais l'attitude punk de Mononc Serge va plus loin. Le gars s'auto-produit, il est son propre gérant et réussit à bâtir sa carrière en diminuant au maximum le nombre d'intermédiaires. Il pratique donc l'autogestion, valeur centrale du mouvement punk tel qu'il s'est surtout développé en Europe.
L'anarchie et l'autogestion seraient donc au coeur du mouvement punk. Et comme je l'expliquais il y a quelques semaines dans ce blogue, c'est aussi au coeur de l'esprit de la mouvance Occupy Wall street.
Mais comme Mononc Serge m'apparaît comme un véritable punk, je me dis que le gars n'hésiterait pas à ridiculiser dans une de ses chansons les militants de la place du peuple campés au Square Victoria... En fait, l'attitude punk de Mononc Serge laisse parfois penser qu'il ne respecte rien. Faux, il y a Mononc et il y a Serge. C'est le Mononc qui est grossier et souvent déplacé. Le Serge est courtois et a même de la classe... (Je le sais, c'est l'oncle de mes enfants, qui ne comprennent pas encore l'ironie lorsqu'ils l'appellent Mononc Serge!)
En fait, une des choses qui semble être respectée autant par le Mononc punk que par le Serge posé et discret, c'est la langue française. Avant de mépriser le personnage quelque peu trash de Mononc Serge, attardez-vous à ses textes. Vous verrez qu'on peut dire plein de grossièretés apparemment épouvantables dans un français recherché et bien envoyé. Et l'ironie du propos : dans plusieurs de ses tounes, il y a une dénonciation forte des dérives de notre société. Par exemple, dans «Bacaisse», Mononc Serge dénonce le culte de la maigreur qui envahit le monde de la pub et de la mode en culpabilisant celles qui ne se conforment pas à ce standard ridicule. Dans une de ses tounes de Noël, il dénonce le sentimentalisme humanitaire de l'occident qui nous montre quelques images catastrophes d'une Afrique qui se meurt pour ensuite s'empiffrer dans la surconsommation de cossins inutiles...
Les punks servent à cela : questionner les normes, briser les tabous, foutre les conventions en l'air. Déranger. Dans cet esprit, Mononc Serge est clairement l'un des punks les plus articulés qui soit.
mercredi 16 novembre 2011
La CAQ est lancée...
Bon, la Coalition pour l'Avenir du Québec (CAQ) est officiellement devenue un parti politique cette semaine. Je fais partie de ceux qui ont un certain temps espéré que ce parti puisse incarner quelque chose de positif dans le paysage politique morose du Québec actuel. Suis-je naïf?
Chose certaine, je suis déçu. Une des raisons pour lesquelles j'entretenais quelques espoirs s'explique par le positionnement de départ de François Legault qui disait grosso modo : «la querelle entre souverainistes et fédéralistes n'a débouché sur rien, il faut rebâtir un consensus sur le fait que la majorité des Québécois est nationaliste». Je crois en effet qu'avant de nous relancer dans l'aventure souverainiste, il nous faut rebâtir la confiance dans nos institutions et réaffirmer la prédominance du français.
Or, rien sur les nécessaires réformes démocratiques dans le programme ou le discours de la CAQ! Et malgré la volonté d'invoquer la clause dérogatoire pour mettre fin aux écoles passerelles (qui permettent aux riches de s'acheter le droit d'aller à l'école anglaise), je doute que la manoeuvre puisse être couronnée de succès, tant sur le plan constitutionnel (la clause dérogatoire ou nonobstant peut suspendre les articles 2 et 7 à 15 de la charte, mais la Cour Suprême a invoqué un autre article, le 24, pour invalider la loi 104) que sur le plan politique puisque M. Legault a glissé vers une politique du renoncement en matière politique : illusoire mise de côté de la question nationale, sans doute pour attirer les électeurs libéraux allergiques à tout affrontement avec Ottawa... L'attrait du pouvoir et la nécessaire caution de Paul Desmarais auraient-ils édulcorés le «nationalisme» de M. Legault?
Enfin, la principale raison pour laquelle je suis déçu de la CAQ est qu'elle promeut une vision essentiellement comptable de la société. Rien sur l'environnement, sur l'exploitation des ressources naturelles (pourtant au coeur de la crise de confiance que l'on a envers notre actuel gouvernement), sur la nécessité d'envisager un développement économique respectueux de ce que nous léguerons aux prochaines générations...
Le seul mérite de l'arrivée de la CAQ est qu'elle forcera les autres formations politiques à se positionner et à se démarquer. Cela stimulera sans doute le débat public...
Chose certaine, je suis déçu. Une des raisons pour lesquelles j'entretenais quelques espoirs s'explique par le positionnement de départ de François Legault qui disait grosso modo : «la querelle entre souverainistes et fédéralistes n'a débouché sur rien, il faut rebâtir un consensus sur le fait que la majorité des Québécois est nationaliste». Je crois en effet qu'avant de nous relancer dans l'aventure souverainiste, il nous faut rebâtir la confiance dans nos institutions et réaffirmer la prédominance du français.
Or, rien sur les nécessaires réformes démocratiques dans le programme ou le discours de la CAQ! Et malgré la volonté d'invoquer la clause dérogatoire pour mettre fin aux écoles passerelles (qui permettent aux riches de s'acheter le droit d'aller à l'école anglaise), je doute que la manoeuvre puisse être couronnée de succès, tant sur le plan constitutionnel (la clause dérogatoire ou nonobstant peut suspendre les articles 2 et 7 à 15 de la charte, mais la Cour Suprême a invoqué un autre article, le 24, pour invalider la loi 104) que sur le plan politique puisque M. Legault a glissé vers une politique du renoncement en matière politique : illusoire mise de côté de la question nationale, sans doute pour attirer les électeurs libéraux allergiques à tout affrontement avec Ottawa... L'attrait du pouvoir et la nécessaire caution de Paul Desmarais auraient-ils édulcorés le «nationalisme» de M. Legault?
Enfin, la principale raison pour laquelle je suis déçu de la CAQ est qu'elle promeut une vision essentiellement comptable de la société. Rien sur l'environnement, sur l'exploitation des ressources naturelles (pourtant au coeur de la crise de confiance que l'on a envers notre actuel gouvernement), sur la nécessité d'envisager un développement économique respectueux de ce que nous léguerons aux prochaines générations...
Le seul mérite de l'arrivée de la CAQ est qu'elle forcera les autres formations politiques à se positionner et à se démarquer. Cela stimulera sans doute le débat public...
dimanche 13 novembre 2011
Youssef: un inédit de Courtemanche.
Lisez ce texte inédit de Gil Courtemanche, décédé cette année.
Le ton est toujours polémique (et la nuance en prend un coup!), mais sur la question de notre commune humanité, y a-t-il des compromis à faire ?
Le ton est toujours polémique (et la nuance en prend un coup!), mais sur la question de notre commune humanité, y a-t-il des compromis à faire ?
vendredi 11 novembre 2011
L'Affiche à l'affiche.
photo: Philippe DucrosCourrez à l'Espace libre pour voir L'Affiche de Philippe Ducros, dont je parlais ICI il y a plusieurs mois...
jeudi 10 novembre 2011
USA: le conservatisme en crise?
Le candidat à l'investiture républicaine Rick Perry, actuel gouverneur du Texas et poulain de la droite économique, sociale et morale, s'est littéralement effondré hier dans un débat portant sur l'économie. Il a oublié pendant de longues secondes une des trois agences gouvernementales qu'il voulait abolir...
Pendant ce temps, le candidat de la droite fiscale, la comète Herman Cain, demeure légèrement en avance sur Mitt Romney (celui qui affrontera Obama en 2012 selon mes prédictions antérieures ... et actuelles.), malgré de multiples accusations d’agression sexuelle pesant contre lui. Les autres candidats? Michelle Bachmann, la porte-parole du Tea Party est hors jeu selon moi. On se tourne actuellement vers Newt Gingrich (the Grinch?), ex-président de la Chambre des Représentants sous Clinton. Je ne crois pas à cette candidature... Trop radicale, antipathique et controversée (plusieurs «affaires extra-conjugales»...).
Les électeurs républicains doivent se rendre à l'évidence, celui qui a le plus de chance de battre Obama en 2012 ne plaît pas à la base militante et bruyante du parti. Il faut dire que Romney est vulnérable: on pourrait lui faire le coup que W. Bush a fait à John Kerry en 2004, c-à-d le traiter de «flip-flopper», celui qui change d'idées comme il change de chemise. Romney a en effet fait adopter lorsqu'il était Gouverneur du Massachussetts, une réforme de l'assurance-santé qui a inspiré le Obamacare tant décrié par la droite aux USA... Il conteste aujourd'hui sa constitutionnalité sous prétexte qu'elle ne respecte pas le partage des responsabilités entre les États fédérés et l'État fédéral.
On peut donc constater qu'il y a une rupture de plus en plus évidente entre le choix que les Républicains devraient faire pour gagner - c-à-d pour convaincre les électeurs centristes qui déterminent d'élections en élections le vainqueur à la présidence - et le choix qu'ils sont enclins à faire s'ils suivent leurs convictions profondes. Comme si le conservatisme militant se détachait de plus en plus de la majorité de façon évidente...
Trois autres illustrations de cet hiatus entre les priorités du conservatisme aux USA et celles de la majorité de la population : les référendums perdus cette semaine au Mississippi et en Ohio. Le 1er portait sur le fait de donner le statut de «personne» à l'embryon humain. Ceci avait pour objectif de bloquer le droit à l'avortement et de restreindre la fécondation et la recherche en fertilité... 55% des gens ont rejeté la proposition. En Ohio, c'est la volonté du Gouverneur républicain de mettre fin à la capacité des travailleurs du secteur public de négocier leur convention collective qui a été rejetée à 62%. Enfin, en Arizona, le Président du Sénat de l'État, Russell Pearce, vient d'être destitué par un «Recall» (une procédure de destitution orchestrée par l'électorat). Pearce est l'homme à l'origine de la loi la plus dure jamais adoptée contre les immigrants illégaux...
Le conservatisme américain semble en crise! Et Obama n' pas encore osé prendre le taureau par les cornes et affronter le Congrès sur la question des impôts des plus riches... Pourtant, les mouvances du type Occupy Wall street qui n'ont pas de priorités clairement établies mais qui recueillent la sympathie du public, devraient normalement converger vers cette priorité d'action. Comme disait Obama en 2008 à Joe the plumber : «Well Joe, we've got to spread the wealth !»
P.S. Pendant ce temps, chez nous, le conservatisme fortement américanisé de Stephen Harper creuse son sillon... Nous y reviendrons...
Pendant ce temps, le candidat de la droite fiscale, la comète Herman Cain, demeure légèrement en avance sur Mitt Romney (celui qui affrontera Obama en 2012 selon mes prédictions antérieures ... et actuelles.), malgré de multiples accusations d’agression sexuelle pesant contre lui. Les autres candidats? Michelle Bachmann, la porte-parole du Tea Party est hors jeu selon moi. On se tourne actuellement vers Newt Gingrich (the Grinch?), ex-président de la Chambre des Représentants sous Clinton. Je ne crois pas à cette candidature... Trop radicale, antipathique et controversée (plusieurs «affaires extra-conjugales»...).
Les électeurs républicains doivent se rendre à l'évidence, celui qui a le plus de chance de battre Obama en 2012 ne plaît pas à la base militante et bruyante du parti. Il faut dire que Romney est vulnérable: on pourrait lui faire le coup que W. Bush a fait à John Kerry en 2004, c-à-d le traiter de «flip-flopper», celui qui change d'idées comme il change de chemise. Romney a en effet fait adopter lorsqu'il était Gouverneur du Massachussetts, une réforme de l'assurance-santé qui a inspiré le Obamacare tant décrié par la droite aux USA... Il conteste aujourd'hui sa constitutionnalité sous prétexte qu'elle ne respecte pas le partage des responsabilités entre les États fédérés et l'État fédéral.
On peut donc constater qu'il y a une rupture de plus en plus évidente entre le choix que les Républicains devraient faire pour gagner - c-à-d pour convaincre les électeurs centristes qui déterminent d'élections en élections le vainqueur à la présidence - et le choix qu'ils sont enclins à faire s'ils suivent leurs convictions profondes. Comme si le conservatisme militant se détachait de plus en plus de la majorité de façon évidente...
Trois autres illustrations de cet hiatus entre les priorités du conservatisme aux USA et celles de la majorité de la population : les référendums perdus cette semaine au Mississippi et en Ohio. Le 1er portait sur le fait de donner le statut de «personne» à l'embryon humain. Ceci avait pour objectif de bloquer le droit à l'avortement et de restreindre la fécondation et la recherche en fertilité... 55% des gens ont rejeté la proposition. En Ohio, c'est la volonté du Gouverneur républicain de mettre fin à la capacité des travailleurs du secteur public de négocier leur convention collective qui a été rejetée à 62%. Enfin, en Arizona, le Président du Sénat de l'État, Russell Pearce, vient d'être destitué par un «Recall» (une procédure de destitution orchestrée par l'électorat). Pearce est l'homme à l'origine de la loi la plus dure jamais adoptée contre les immigrants illégaux...
Le conservatisme américain semble en crise! Et Obama n' pas encore osé prendre le taureau par les cornes et affronter le Congrès sur la question des impôts des plus riches... Pourtant, les mouvances du type Occupy Wall street qui n'ont pas de priorités clairement établies mais qui recueillent la sympathie du public, devraient normalement converger vers cette priorité d'action. Comme disait Obama en 2008 à Joe the plumber : «Well Joe, we've got to spread the wealth !»
P.S. Pendant ce temps, chez nous, le conservatisme fortement américanisé de Stephen Harper creuse son sillon... Nous y reviendrons...
mardi 8 novembre 2011
VLB: figure d'une nation.

Victor-Lévy Beaulieu vient de remporter le prix Gilles-Corbeil, plus haute distinction de la littérature québécoise, pour l'ensemble de son oeuvre.
Je ne suis pas un grand lecteur de VLB, je me souviens plus de L'Héritage, télé-roman fascinant sur une histoire de famille tordue, avec une parlure riche, imagée, hors du réel et pourtant fortement ancrée dans un petit bout de terre nommé Québec.
Lisez l'hommage rendu par la Présidente du Jury, Lise Bissonnette, dans Le Devoir d'aujourd'hui. À sa lecture, on comprend l'importance d'un homme comme VLB pour toute nation qui se respecte et qui a encore comme projet d'exister...
VLB n'est pas qu'un écrivain gigantesque, c'est aussi un éditeur important, qui contribue à faire naître de nouveaux talents chez nous en enrichissant notre langue et notre imaginaire, en renouvelant notre culture : notre principale richesse naturelle inépuisable !
Et en plus, VLB est un lecteur important. Je comprends de nouveau l'importance de la lecture ces temps-ci... J'ai plusieurs étudiants qui «lisent» les mots mais ne comprennent pas le texte. Plusieurs autres «photographient» de façon diagonale le texte à lire, ce qui débouche sur plusieurs incompréhensions ou pire, sur rien du tout. La lecture enrichit le vocabulaire, développe l'imaginaire, déconstruit et reconstruit le récit comme aucun autre medium peut le faire... Avoir des difficultés en lecture au XXIe siècle compromettra votre capacité à devenir libre.
Devant l'érosion du sentiment national et la pauvreté culturelle qui nous assaillent, VLB est un phare qui nous rappelle que la culture est une denrée essentielle pour tous et que pour être universel, il faut d'abord être de chez soi!
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