lundi 1 novembre 2010

Fronde contre Marois au PQ : Que faire ?

Les derniers jours ont été particulièrement éprouvants pour la leader du PQ. Vincent Marissal de La Presse en parle ici. Une lettre signée par plusieurs militants du PQ et du Bloc en rajoute aujourd'hui (voir ici).

Je vous en parlais moi-même il n'y a pas si longtemps (ici)...

Le Parti québécois se prépare à un Congrès houleux en avril prochain... En fait, c'est tout le camp souverainiste qui doit repenser sa stratégie et son action politique. Si vous retournez aux premières interventions de ce blogue, vous remarquerez que plusieurs rubriques portaient sur la nécessité pour le Bloc québécois de redéfinir son action politique dans l'optique d'un renouvellement du fédéralisme canadien après l'échec référendaire de 1995.

Après tout, un parti qui siège à Ottawa devrait mettre l'accent sur ce qui fait consensus au Québec à propos des réformes à apporter au fédéralisme canadien... Ceci pourrait ressembler à :
- Plus de pouvoirs en matière de culture et de communication;
- Une reconnaissance formelle de la nation québécoise comme société d'accueil et d'intégration des immigrants dans le cadre canadien;
- Une limitation au pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral dans les champs de compétence des provinces;
- Travailler en plus à rebâtir un consensus québécois et interprovincial sur certaines revendications (veto constitutionnel, processus de nomination des juges et composition de la Cour Suprême ainsi que du Sénat, etc.)

De son côté, le Parti québécois, sans nécessairement renoncer à la souveraineté comme objectif, doit prendre conscience que la population ne ressent pas la même urgence politique que sa base militante à propos de la nécessité de la souveraineté. Il faut donc revenir à la base : quelles sont les raisons fortes légitimant le projet souverainiste ?

Or, il me semble que ces raisons fortes persistent toujours : le Canada s'est redéfini en 1982 (sans l'Accord du Québec !) en insistant sur les seuls droits individuels et sur le multiculturalisme. Depuis ce temps, la culture politique héritière de la Charte fait son oeuvre et notre immigration s'intègre mal au Québec puisqu'elle reçoit le message que notre société est bilingue - la loi 101 sans cesse affaiblie voulait faire du français la langue officielle, prédominante et d'intégration - et le multiculturalisme ne considère pas la culture québécoise comme une culture d'accueil mais comme une composante parmi d'autres de la grande mosaïque canadienne... Ceci implique que certaines de nos valeurs (de laïcité et d'égalité hommes-femmes par exemple) sont remises en question par cette politique du multiculturalisme...

À ce sujet, le choix de Pauline Marois de mettre l'accent sur le rétablissement de la loi 101 (donc de «scrapper» la loi 115 (ou projet 103) qui permet aux riches de s'acheter un droit et d'aller à l'école anglaise) et d'établir une citoyenneté québécoise m'apparaît sensé et plus proche de la nécessité immédiate : sauver l'essentiel.

Car pendant que les jeunes contestataires de Pauline Marois rêvent du pays du Québec, il y a le «pays réel» qui s'impose à nous. Et ce pays réel, c'est celui d'un Canada qui marginalise la différence québécoise, qui affaiblit la nette prédominance du français, qui nie la dimension nationale du Québec en faisant de la minorité anglo-québécoise une société d'accueil pour les immigrants (ce que les francophones hors-Québec ne sont pas ailleurs au Canada...); bref, avant de penser au pays rêvé, il nous faut préserver le minimum : regagner la prédominance du français comme langue officielle, langue de travail et langue d'intégration des immigrants.

Cela demeure problématique pour un parti comme le PQ qui a été fondé sur l'idée de faire du Québec un pays. Si Pauline Marois ne réussit pas à convaincre sa base que la souveraineté est sur l'écran-radar de sa gouverne, elle risque de ne pas prendre le pouvoir parce que la base militante sera alors démobilisée. Mais si Mme Marois, pour contenter sa base militante, décide de revenir vers un échéancier référendaire précis, elle perdra les électeurs qui décideraient autrement de voter PQ pour congédier des libéraux corrompus et arrogants...

La question «éternelle» se pose à nouveau : Que faire ?

3 commentaires:

  1. Voisin,
    J'essaie de me retenir: je viens de lire et relire ton texte qui est un des textes les plus profonds et sensés écrits dernièrement sur la question IDENTITAIRE.
    Je baisse la tête, je plie l'échine et je te dis BRAVO.
    Je suis convaincu que Marois et la majorité de ses lieutenants, que Facal, que Legault, TOUS endossent cette approche saine et réaliste décrite par ce jeune homme appelé
    Quand je lis le Voisin, je pense à :
    ESPOIR

    pepedamour

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  2. dans mes commentaires qui précèdent, j'ai omis un mot après " jeune homme appelé".
    .ce mot est simplement VOISIN
    pepedamour

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