jeudi 20 mai 2010

20 mai 1980.

Il y a 30 ans aujourd'hui se tenait le référendum sur la souveraineté-association, proposé par le gouvernement Lévesque. Il est peut-être important de rappeler la question :

« Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada? »

Plusieurs ont trouvé à l'époque que la question était longue et complexe. Personnellement, je persiste à croire que si on sait lire, elle est claire, plus claire même que la question de 1995, qui renvoyait à une entente du 12 juin dont il fallait avoir pris connaissance pour comprendre les différentes implications de la question.

Reste que si vous relisez la question (pour une question d'une telle importance, il n'est pas exagéré de devoir la lire plusieurs fois...), vous remarquerez peut-être que l'étapisme de Lévesque était exigeant :
  1. Se faire élire en proposant aux Québécois un bon gouvernement (ce que le PQ de 1976 a fait, presque tous s'entendent pour le dire...);
  2. Faire un 1er référendum qui enclencherait, si le OUI l'emporte, un processus de négociation avec le Canada qui mènerait à un second référendum sur le résultat des négociations...
Il est vrai que ce processus était ardu et complexe, mais René Lévesque n'a jamais pris sa population pour des caves (contrairement à d'autres...) et son sens de la démocratie l'amenait à croire que les grandes questions politiques doivent être tranchées par référendum, là où chaque vote compte également.

Nostalgie ? Peut-être. Car l'exigence de René Lévesque sur les plans intellectuels et politiques est rarement observable aujourd'hui. Je la constate personnellement chez Barack Obama, chez qui on retrouve cette espèce de confiance dans l'intelligence du peuple et ce courage politique si loin de la gouverne de Jean Charest...

P.S. En évoquant Lévesque, on se rappelle aussi comment il a réussit à l'époque à mettre fin au financement occulte des partis politiques... et comment ce travail est à refaire aujourd'hui !

1 commentaire:

  1. Un homme qui avait tellement d'amour, et surtout de respect pour son peuple et, comme vous l'avez souligné, un très grand démocrate, probablement sa plus grande qualité (et la qualité sur laquelle tout le monde s'entend, même les plus grands fédéralistes).

    Olivier

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