jeudi 10 décembre 2009

L'intelligence au pouvoir


Barack Obama a raison lorsqu'il affirme en acceptant son prix Nobel de la paix qu'un mouvement non-violent n’aurait pas pu arrêter les armées d’Hitler et que des négociations ne peuvent pas convaincre les dirigeants d’Al-Qaeda de déposer les armes. Il rajoute : "Dire que la force est parfois nécessaire n’est pas un appel au cynisme, c’est une reconnaissance de l’histoire."

Sur cette vidéo, à partir de 8:25 environ, Obama nous donne un cours de relations internationales fort éloquent en traitant (entre autres) du concept de Guerre juste.

La violence est parfois nécessaire en politique, mais celle-ci doit-être balisée par des principes et des étapes qui empêchent que l’on puisse en abuser. De St-Thomas d’Aquin (13e siècle) à Michael Walzer (aujourd’hui), les philosophes politiques ont cherché à établir ces balises permettant de légitimer la violence…

En voici quelques-unes :
1- La guerre doit être menée par une autorité légitime;
2- Elle doit être menée pour se défendre ou pour répliquer à une attaque ou un tort;
3- La violence utilisée doit être proportionnelle au tort subi;
4- La guerre menée doit avoir des chances raisonnables de succès;
5- Les conséquences de l’après-guerre doivent être meilleures que si la guerre n’avait pas eu lieu…
6- Le civils ne doivent pas être des cibles et tous les efforts doivent être faits pour éviter les dommages civils;
7- Et enfin, la guerre doit être menée en dernier recours - toutes les autres options doivent avoir été épuisées avant le recours à la force…

Si vous regardez ces critères, il apparaît que la 2e guerre mondiale se qualifie assez bien, mis à part les cibles civiles qui ne faisait pas partie des critères à l’époque… (Ne tombez pas dans l’anachronisme de juger les guerres passées avec des critères moraux d’aujourd’hui…).

Alors que la Guerre d’Irak de 2003 pose problème, surtout aux critères 2-3-5-6-7… Par contre, la Guerre du golfe de 1990-91 (celle menée par Bush père) n'est pas trop mauvaise sur la base de ces critères… Celle d'Afghanistan, dans son déclenchement, apparaît moralement acceptable...

Mais ces critères sont des balises morales qu’il faut ensuite appliquer et interpréter concrètement. Là se situe le défi de tout dirigeant politique…

Dernier commentaire : la stratégie de lutte non-violente peut fonctionner si elle répond à deux caractéristiques il me semble…

1- Vous devez être nombreux pour pouvoir triompher de votre adversaire…
2- Et celui-ci (votre adversaire) doit avoir des principes moraux élevés pour que votre non-violence puisse éventuellement triompher de sa violence…

À partir de ces critères, on comprend pourquoi Gandhi a triomphé de la Grande-Bretagne, et comment Luther King a pu faire triompher son "rêve"...  Mais aussi pourquoi le Dalaï-Lama ne triomphera pas de la Chine…

Le voisin.

3 commentaires:

  1. Le discours d'Obama et cet article méritent d'être écouté et lu attentivement jusqu'au bout.

    Dans mes mots:
    -Il ne faut pas faire l'erreur d'esperer arrêter une guerre illégitime en utilisant la raison comme seule arme.

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  2. salut, voisin.
    Pour établir les balises permettant de légitimer la violence, le grand De Gaulle a peut-être écrit et énuméré les mêmes arguments que les tiens mais ce Phénomène les a mis sur papier dans une seule phrase de 4 pages sans point mais avec plusieurs virgules.... mais tu es plus facile à suivre.

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