jeudi 22 avril 2010

Le déclin.

L'impasse politique québécoise dans l'ordre canadien perdure et s'accentue. Le parlement canadien a rejeté hier une motion conjointe du Bloc et du NPD demandant au gouvernement Harper de renoncer à modifier la composition de la Chambre des Communes. Les conservateurs et les Libéraux ont rejeté la motion.

Rappel : un projet en cours d'adoption prévoit l'ajout d'une trentaine de sièges aux Communes pour les provinces de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-britannique, réflétant la croissance démographique de ces trois provinces. Le Québec s'oppose à ces changements (une motion unanime demandant l'annulation de ce projet a été adoptée à l'Assemble nationale du Québec) puisque son poids politique s'en trouvera diminué. En fait, avec l'ajout des 30 sièges, le proportion de députés issus du Québec à Ottawa passerait de 24,35% à 22,19%.

Le Canada a depuis fort longtemps (1840) adopté le principe du rep by pop (représentation proportionnelle à la population de chaque province) et depuis 1982, l'égalité symétrique des individus et des provinces est un dogme. Il devient donc pratiquement impossible pour le Québec de faire reconnaître sa situation particulière en Amérique : seule société à majorité francophone. Le Québec est plus que jamais une province comme les autres dans la grande mosaïque multiculturelle canadienne.

C'est tout le rêve canadien des Québécois qui se trouve menacé par notre déclin croissant sur le plan démographique et notre marginalisation constante sur le plan politique. À terme, on peut même penser que le bilinguisme officiel pourrait être remis en question, puisque les Canadiens de langue maternelle chinoise pourraient éventuellement être plus nombreux que les Canadiens-français...

Que restera-t-il alors de la nation québécoise, pourtant reconnue par le Parlement canadien ? Ah those Quebeckers, such a joie de vivre with a lovely accent !

6 commentaires:

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  2. Un autre groupe culturel dans la grande mosaïque canadienne... C'était pas l'objectif final du multiculturalisme de Trudeau?

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  3. Je me suis toujours posé une question: Pourquoi une province, pourtant plus petite en population que la ville de Longueuil (L'ïle du Prince-Édouard), a-t-elle le droit à un minimum de députés (4) selon la Loi Constitutionnelle de 1867 pendant que le Québec lui, représentant une nation distincte (reconnue par la Chambre des communes, même si une motion n'a aucune valeur juridique) et surtout le foyer principal d'un des deux peuples fondateurs de ce pays, ne peut aspirer à une représentation décente, ni à se maintenir dans la proportion actuelle...

    Aurions-nous dû signer Victoria??

    Olivier

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  4. L'Accord de Charlottetown (1992) rejeté tant au Québec qu'au Canada anglais offrait au Québec la garantie que 25% de la Chambre des communes soit consentie aux députés issus du Québec (à jamais !).

    C'était à une époque où la question québécoise faisait encore jaser et où le Québec avait encore un peu de poids politique au Canada (entre autres parce que le Canada avait la peur de l'éclatement !).

    Depuis l'échec référendaire de 1995, le Québec n'a plus de rapports de force. Il nous faudrait en créer un nouveau. Pour ce faire, je crois personnellement qu'il faille abandonner (ne serait-ce que temporairement) la menace souverainiste ou disons l'hypothèque référendaire) pour s'ouvrir à des revendications précises et consensuelles. Quitte à faire un réfrendum québécois sur le rapatriement de certains pouvoirs !

    Plus de pouvoirs (et de ressources $) en matière de culture, de communication, d'intégration des immigrants, un simple respect de nos lois linguistiques seraient déjà des avancées notoires...

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  5. Suivre ce lien pour entendre Fred Pellerin (toujours essentiel) s'inquiéter de notre disparition...
    http://www.youtube.com/watch?v=WCE2PAY1RC0

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