mercredi 22 septembre 2010

Octobre 70 vu par...

C'est le 40e anniversaire d'octobre 70. Les «événements d'octobre» pendant lesquels les cellules «libération» et «Chénier» du Front de libération du Québec ont enlevé puis séquestré l'attaché commercial britannique James Richard Cross et le ministre québécois du travail Pierre Laporte, ont conduit à l'escalade des moyens de la part du gouvernement fédéral qui a invoqué la Loi des mesures de guerre et emprisonné près de 500 citoyens sans mandats pour mettre fin à la crise...

Ce grand défenseur des libertés civiles qu'était Pierre Elliott Trudeau a donc suspendu les libertés fondamentales et décidé l'occupation militaire d'un territoire pour juguler une crise qui fût en fait une «crisette» en regard de ce que d'autres pays occidentaux (ex: la France et les USA entre 1962 et 1970) ont vécu à la même époque. Certains en viennent alors à se demander si l'homme n'a pas cherché à profiter de ces événements pour affaiblir, discréditer, voire briser l'élan nationaliste québécois de la décennie 1960... L'objectif aurait alors été d'amalgamer toute revendication nationaliste québécoise avec les thèmes repoussoirs de «terrorisme» et de «violence politique».

L'écrivain Louis Hamelin propose son regard sur cette période trouble et demeurée taboue de notre histoire récente. Son dernier roman La constellation du Lynx est fondé sur une recherche sérieuse et remet en question le récit officiel de la Crise d'octobre. Hamelin reste toutefois prudent, d'abord en ne cherchant pas à faire de son roman un ouvrage journalistique, ensuite en changeant le nom des protagonistes, enfin en parlant d'hypothèses ou de versions plausibles des événements lorsqu'on l'interroge sur la mort de Pierre Laporte ou sur la possibilité d'une «grande machination» fédérale ayant contribué à faire basculer la crise dans la violence...

Reste que je me promets de me lancer dans la lecture de ce «roman à caractère politique» dès que possible. D'abord parce que Louis Hamelin demeure pour moi un Grand écrivain, même si sa production littéraire demeure mince et que son oeuvre marquante a plusieurs années. En effet, c'est son 1er roman, intitulé La rage qui a propulsé Hamelin comme vedette montante de notre littérature. La rage, sorte de récit intérieur gravitant autour de l'expropriation des terres de Mirabel par le gouvernement fédéral, demeure pour moi une des lectures marquantes de ma vie. Ses autres romans ne m'ont pas plu, trop encombrés de recherches styllistiques, au détriment d'une bonne vraie histoire, captivante et universelle.



Or, il me semble que là, en puisant dans les événements d'octobre 1970, avec des personnages aux ambitions révolutionnaires, des politiciens véreux et malintentionnés, une petite nation en processus de décolonisation intérieure, un homme «sacrifié» au nom d'objectifs plus grands que lui - Pierre Laporte semble en effet avoir été victime des événements et d'un «Grand jeu» qui se jouait au-dessus de lui, au-dessus même de ses propres ravisseurs selon la perspective de Louis Hamelin... Il me semble donc que nous avons là une vraie histoire !

P.S. L'émission Tout le monde en parlait consacre cette semaine 2 segments à la Crise d'octobre... Voir ici et bientôt sur Tou.tv.

mardi 21 septembre 2010

Jon Stewart, l'humoriste utile.

L'animateur-humoriste Jon Stewart, du Daily Show devient de plus en plus nécessaire pour mettre en relief les nombreuses dérives médiatiques de la société américaine. Il a été à plusieurs reprises le seul à démontrer la mauvaise foi de Fox News dans le traitement de l'information, en dénichant même comment ce réseau a souvent trafiqué l'information, entre autres pour démontrer l'ampleur des manifestations hostiles à la réforme de la santé orchestrée par Barack Obama.

Il s'est même lancé le défi d'organiser à Washington, le 30 octobre prochain, une manifestation géante pour faire contrepoids au Tea Party ! Ça s'appelle The Rally To Restore Sanity ! Quel humoriste ou animateur d'ici pourrait contribuer ainsi à relever le débat public et même mobiliser sa société autour d'enjeux jugés fondamentaux ?

Voyez comment Jon Stewart présentait la couverture des médias face au «choc des civilisations» dont je parlais récemment.

Cliquez ici.

samedi 18 septembre 2010

Qui peut battre Obama en 2012 ?

Quelques lecteurs d'une récente rubrique sur le mouvement Tea party aux USA ont écrit d'excellents commentaires à propos de la montée de ce courant de droite qui investit fortement le Parti républicain actuellement. Quelle sera l'influence de ce mouvement en ce qui concerne la sélection lors des primaires républicaines de 2012 du «candidat officiel à la présidence» ?

Certains ne peuvent s'empêcher d'évoquer la candidature de Sarah Palin ou de Marco Rubio... Pour ma part, la personnalité-synthèse pourrait être Chris Christie, le sympathique Gouverneur du New-Jersey. Populiste et chaleureux, ce Régis Labeaume exposant 10 pourrait déclasser les autres aspirants Mitt Romney, Tim Pawlenty, Rubio ou Palin... Plus expérimenté que ces deux derniers, il est «plus proche de la base» et du message du less government véhiculé par les Tea parties que les deux autres...

Notre Tea Party à nous...

Le Réseau liberté Québec vient de naître. Ce mouvement est initié par Johanne Marcotte, réalisatrice du documentaire L'Illusion tranquille qui dénonçait le modèle «étatiste» québécois, particulièrement ses politiques universelles et son haut taux de syndicalisme, tout en défendant une vision libérale (choix individuels, préférence pour le secteur privé) de la société.

Disons simplement que ce Think Tank : Réseau liberté Québec - qui propose un grand rassemblement le 23 octobre prochain à Québec, choisit de drôles de porte-parole... Entre autres Jacques Brassard, l'ex-ministre péquiste, qui semble devenu une sorte d'épouvantail négationniste à propos des changements climatiques... Sa position climato-sceptique cherchera à critiquer «la religion des environnementalistes», hostiles à tout développement selon cette perspective...

Pourtant, avec Nathalie «Palin» Normandeau et Jean «W. Bush» Charest, il me semblait que la droite libérale qui cherche à affaiblir le modèle québécois en ayant une préférence pour le privé n'avait pas besoin d'un porte-voix supplémentaire...

La charrue devant les boeufs.

 
Nathalie «Palin» Normandeau et Jean «W. Bush» Charest : la charrue devant les boeufs ?
Le gouvernement Charest a déjà pris la décision de lancer le Québec dans l'exploitation des gaz de schiste. Aux États-Unis, Plusieurs États ont pourtant décidé d'en suspendre l'exploitation le temps d'apporter des réponses à une série d'inquiétudes concernant la sécurité et le bilan environnemental d'une telle filière énergétique... Louis-Gilles Francoeur, du journal Le Devoir publiait récemment un article qui démontrait que si on calcule l'énergie nécessaire à l'exploitation de cette ressource, le gaz de schiste est plus polluant que le pétrole, voir équivalent au charbon, pourtant reconnu comme l'énergie la plus émettrice de gaz à effets de serre.

La (s)inistre des ressources naturellles Baby drill Normandeau affirme que la population doit «écouter les informations» avant de réclamer un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. Mais les informations dont elle parle sont essentiellement fournies par l'industrie et la grande proximité entre les entreprises privées et le gouvernement que l'on constate de plus en plus dans ce secteur (dans tous les secteurs en fait) nous mènent à croire que les «infos en question» ne sont construites que pour faire passer en «fast track» la décision gouvernementale.

Tout est scandaleux dans cet empressement du gouvernement Charest à nous lancer dans la «schiste» :
  • Le mandat du Bape (Brueau d'audiences publiques en environnement) est détourné. Il n'est plus question de réfléchir à la nécessité et à l'acceptabilité sociale et environnementale du projet, mais de baliser son exploitation;
  • Les redevances envisagées sont à des lieux de ce que d'autres gouvernements (la Colombie-britannique au 1er chef) exigent de par le monde... Encore une fois, on peut douter que nous soyons vraiment sortis de l'ère duplessiste puisque l'aplat-ventrisme du gouvernement Charest face aux entreprises «créatrices de jobs» évoque très bien cette Grande noirceur dont nous serions supposément sortis...
  • Aucune réflexion globale sur notre production d'énergie en fonction de nos objectifs de réduction d'émissions de gaz à effets de serre n'est proposée. Ni aucune réflexion sur notre surconsommation d'énergie qui pourrait à la fois servir - si on développait la filière des Négawatts (l'énergie économisée) - à améliorer notre bilan énergétique et à augmenter nos exportations, donc nos revenus, sans dépenser un sous de plus sur le plan infrastructurel.
  • Et cette consultation de façade, qui méprise les populations locales, souvent dépourvues politiquement : quel est le poids d'une petite municipalité devant une multinationale de l'énergie ? et économiquement : le chômage et la pauvreté en région font que ces projets trouvent des défenseurs à la recherche de jobs...
La situation politique au Québec et au Canada ressemble de plus en plus à ce qui prévalait durant l'ère de George W. Bush : affaibilissement de l'État et de ses principales institutions, privatisation de plusieurs secteurs de l'économie et des services au profit des petits et grands «amis du parti», fuite en avant dans les domaines des transports, du développement urbain, de l'exploitation des ressources et de l'énergie,  corruption, népotisme et propagande gouvernementale dissimulées sous le vocable de «campagne d'information»...  Ouf !

jeudi 16 septembre 2010

Montée du Tea Party = réélection d'Obama ? (ajout)

C'est ma première réaction en constatant combien les partisans du Tea Party (voir l'excellente description de ce mouvement que propose Richard Hétu ici) constituent ironiquement la meilleure chance pour Barack Obama de gagner un 2e mandat... et peut-être même d'éviter la catastrophe en novembre prochain aux élections législatives...

Et Karl Rove, le principal responsable des victoires électorales de George W. Bush, le craint aussi, même s'il constate l'extraordinaire mobilisation que suscitent les candidatures du Tea party un peu partout dans les primaires républicaines... (P.S. Rove vient de se dédire...)

Comme le dit souvent Gilles Duceppe, je ne suis pas partisan de la «politique du pire», mais là, on peut espérer que le radicalisme vers lequel le Parti républicain risque de glisser sous la pression des Tea Parties peut ressembler aux circonstances qui ont favorisé l'élection de Bill Clinton en 1992 : Ross Perot, un milliardaire ultra-conservateur avait alors divisé le vote de la droite et favorisé l'ascension du comeback kid...

Ou encore, la situation peut évoquer la sélection par les membres du Parti républicain de Barry Goldwater en 1964 contre Lyndon B. Johnson qui l'avait «lavé» politiquement en réussissant à présenter Goldwater comme un radical...

Il me semble que Sarah Palin et ses «protégés» du Tea party n'auront pas de difficultés à apparaître comme des radicaux et pourront donc servir de repoussoir à un électorat plus modéré. (?)

Le choc des civilisations ?

Je m'amuse en reprenant le titre d'un essai-choc paru en 1993 dans Foreign Affairs : A clash of civilisations ? de Samuel Huntington.

Reste que les médias entretiennent cette lecture d'un choc entre l'Islam et l'Occident :

  • Ce pasteur fou de Floride qui représente à peine 50 disciples est porté par les médias comme le représentant d'une islamophobie latente chez nous... Et cela engendre plusieurs manifestations partout dans le monde musulman, jusqu'en Indonésie...
  • Les imams radicaux qui lancent des fatwas contre les caricaturistes de Mahomet deviennent eux aussi des «vedettes médiatiques» : on les présente par défaut comme des porte-parole de l'Islam, cette religion polymorphe et éclatée que l'on cherche alors à caricaturer ou à diaboliser comme étant uniquement rétrograde et violente...
Il est toujours plus facile de simplifier et de généraliser la réelle complexité des cultures et des phénomènes politiques. Mais il peut devenir dangereux que ce martèlement de l'image de l'Autre en finisse par devenir le prisme à partir duquel on pense... Où est la possible réconciliation si on se met à croire réellement que l'Islam est monochrome, incapable d'exister dans un cadre démocratique et libéral ?

Autre commentaire à propos de cette dérive médiatique :  elle me fait penser à cette fascination qu'ont les médias à l'endroit de ces tireurs fous qui entrent dans nos écoles pour assassiner des victimes aléatoires et innocentes, dans le seul but de devenir une sorte de figure médiatisée...

mardi 14 septembre 2010

Whose your transformational Canadians ?

Le Globe and Mail lance un concours intitulé : Who's your transformational Canadians ?


Il y a quelques années, la CBC s'était posée la question : Who's your greatest Canadian ? Tommy Douglas, leader historique du NPD et principal idéateur de l'assurance maladie publique au Canada avait remporté ce jeu- sondage-télé. (Sans doute parce qu'il incarne la «conscience sociale» du English Canada face à la société américaine qui autrement avale une large portion de l'identité canadian... D'ailleurs, un autre fondateur de l'identité canadienne moderne, Pierre Elliott Trudeau, était arrivé 2e... Un coach minable aux tenues extravagantes figurait parmi les 10 Greatest Canadians... (on ne dira pas plus ici sur une culture qui fait de ce type de personnage sans grandeur aucune un phare de son pays...).

L'esprit du concours du Globe est expliqué par le panelist Pierre Duhamel ici.
Et vous ? Qui est votre leader transformateur au Canada ?
Tommy Douglas, a true Canadian hero

L'«affaire» qui fait couler Sarkozy.

Eric Woerth, ministre du budget, qui pilote l'impopulaire réforme des retraites en plein tumulte portant sur sa propre personne...

La scène politique française est actuellement occupée par l'affaire «Bettencourt-Woerth», qui affecte aussi directement la crédibilité et la popularité du Président Nicolas Sarkozy.

L'affaire tire dans toutes les directions : écoute électronique, abus de confiance d'un «profiteur» sur une vieille fortunée, chicane familiale, espionnage illégal de l'État français contre le journal Le Monde pour connaître les sources à l'origine d'infos compromettantesetc. Elle a des ramifications jusqu' à notre Paul Desmarais national, qui n'est jamais bien loin de nombreux décideurs, au Québec, au Canada et même en France (et ailleurs ?).

En bref, il s'agit du ministre du Budget, Eric Woerth, marié à la gestionnaire de l'héritière L'Oréal, Liliane Bettencourt, qui aurait permis à cette plus grande fortune de France de pratiquer l'évasion fiscale... En échange de quoi Mme Bettencourt aurait financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Pour connaître les principaux protagonistes de cette affaire, cliquez ici.

Diplomatie chrétienne.

Les chefs de l'Église chrétienne d'occident se rencontrent cette semaine à Londres. En effet, Le catholique Benoit XVI visite l'anglicane Elizabeth II. Tous deux sont chefs d'État - le Vatican et le Royaume-Uni - et tous sont deux chefs d'Église et la rupture de Londres avec Rome date du XVIe siècle, sous Henry VIII...

Et comme pour rappeler l'histoire, ce sont des «histoires de sexe» qui domineront... Henry VIII a rompu avec le catholicisme pour marier Anne de Boleyn... Aujourd'hui, l'Église anglicane est secouée par la question de l'homosexualité : pour ou contre le mariage gay ? alors que l'Église catholique est discréditée par les scandales de pédophilie qui secouent la garde rapprochée du Pape...

Cette rencontre diplomatique se tient donc dans une atmosphère particulière. Il fait partie de la priorité du Vatican de réunir la famille chrétienne, mais Alain Crevier, l'excellent journaliste de Second regard, parlait plutôt de «maraudage» pour décrire ce qui se cache peut-être derrière cette belle unité...

La crise déclenchée (au sein de l'Église anglicane canadienne) par le débat sur le mariage homosexuel a amené les conservateurs ou traditionnalistes de cette Église à se rapprocher de l'Église catholique, jusqu'ici très claire sur les principaux dogmes touchant à la sexualité : célibat des prêtres, non-ordination des femmes, avortement, homosexualité, etc. Le Pape Benoit XVI irait donc envoyer un message de «bienvenue» aux Chrétiens plus conservateurs : son Église est la vraie gardienne des «valeurs morales chrétiennes»...

À partir de cette analyse, il semble qu'il pourrait se dessiner quelque chose de tout-à-fait historique dans les rapports entre l'Église anglicane et l'Église catholique. La 1ère deviendrait tranquillement plus «progressiste» ou ouverte aux «nouvelles valeurs morales» héritières de la modernité alors que la seconde demeurerait la «gardienne des traditions».

Si l'analyse tient le coup, nous assisterions à un autre coup de jarnac de l'histoire : les Québécois quitteront progressivement leur Église catholique, pourtant grande responsable de notre survie culturelle (et sans doute plus présente que l'on croit dans notre arrière-plan culturel) pour adhérer à une Église jugée plus moderne et ouverte, mais aussi associée historiquement à un projet assimilationniste...

Et après on dira que «la modernité» a fait disparaître la religion des enjeux politiques!

lundi 13 septembre 2010

50 jours...

Il ne reste plus que 50 jours avant les élections de mi-mandat aux USA. Les 435 Représentants et le tiers des Sénateurs tombent alors en élection en ce mardi suivant le 1er lundi de novembre. L'enjeu est crucial pour la présidence Obama puisque si, comme le disent les sondages (...) les deux chambres du Congrès passent sous contrôle du Parti républicain, le Président Obama aura encore plus de difficultés à faire approuver ses projets. (Rappel : les deux chambres du Congrès sont actuellement majoritairement démocrates, et rappelez-vous toutes les difficultés rencontrées pour faire adopter ses réformes de la santé et de la finance...).

Les analystes politiques aux USA parlent d'un Président «canard boiteux» (laming duck) lorsque le Congrès est majoritairement contrôlé par le parti adverse au Président.

Et si vous suivez l'évolution récente du Parti républicain - de plus en plus populiste et hargneux face à la personnalité d'Obama, présenté comme anti-américain, socialiste, pro-musulman, etc. - il est évident que l'éventualité d'une victoire républicaine aux élections législatives de novembre compromettra dangereusement les «réformes Obama» en plus d'empoisonner l'atmosphère politique...

Le principal enjeu autour duquel tourne la campagne actuellement en cours (depuis déjà plusieurs semaines...) consiste à annuler ou prolonger les exemptions d'impôts pour les plus fortunés qui ont été octroyées par W. Bush... Barack Obama fait actuellement campagne en disant que les exemptions d'impôts pour les plus riches ne seront pas reportées et serviront plutôt à renflouer les coffres de l'État dans le contexte budgétaire actuel. Obama propose que les salariés de plus de 250 000$ contribuent davantage au trésor public. En campagne présidentielle en 2008, Obama avait déclenché l'ire des Républicains en disant à un certain Joe the Plummer : «Well Joe, you've got to spread the wealth !». Aujourd'hui, 2 ans plus tard, Obama accuse les Républicains de prendre en otage la classe moyenne en s'opposant à un impôt plus élevé pour les plus riches...

Mais ces arguments semblent insuffisants pour le moment, devant le maintien du chômage et l'aggravation des finances publiques. Il faut dire aussi que nous sommes aux USA, où plus de taxes équivaut souvent à «tuer le rêve américain !» Pour sortir de cette impasse, Richard Hétu nous informait ce matin que les stratèges démocrates ont donc décidé de mobiliser leurs troupes en évoquant la figure polarisante de Sarah Palin !

Disons qu'avec une telle stratégie, la campagne risque de sombrer bas, très bas...

samedi 11 septembre 2010

L'héritage de Claude Béchard ?

Je reviens deux secondes sur l'héritage de Claude Béchard après avoir questionné la pertinence de lui faire des funérailles nationales...

Dans une entrevue à France Beaudoin (Bons baisers de France, 2 août dernier), M. Béchard discourait sur l'importance de l'agriculture et de la valorisation des terroirs comme mode de développement favorisant la santé et la spécificité du Québec. Et de là, il insistait ensuite sur le dynamisme et l'originalité de notre culture, et de l'effort supplémentaire que l'État et toute la société devaient faire pour la soutenir et la développer.

C'est un très beau message. Si ceux qui veulent l'honorer aujourd'hui écoutent vraiment ce message de Claude Béchard, qui peut maintenant être vu comme un legs, et bien là, des funérailles nationales auront été  amplement justifiées !

La «dénationalisation» du Canadien.

Dans cette interview aux Francs-Tireurs, Pierre Curzi, «le politicien le plus populaire du Québec», en vient à voir une mainmise du Fédéral sur notre club de hockey pour expliquer le nombre famélique de Québécois au sein de l'équipe depuis bientôt une décennie...

Yves Boisvert, de La Presse, réplique intelligemment à ce complot apparent.

Tous deux condamnent les dirigeants du Club dans leur incapacité à dénicher les meilleurs talents d'ici.

Hope is the thing with feathers...

Ainsi commence un éditorial récent du journal israélien Haaretz, qui affirme l'urgence pour l'État d'Israël de modifier son image de colonisateur et de puissance occupante. Le journal rappelle que le rapport Goldstone portant sur l'opération Plomb durci contre Gaza l'année dernière et le rapport onusien sur l'attaque contre la «flottille humanitaire» de cet été nuisent grandement au pays.


Extrait 1 :
«These two reports, problematic as they are, symbolize the shocking erosion of Israel's international image over the past year: an erosion that is gradually expanding from a performers' boycott to a popular consumer boycott and even to loathing on the part of leaders, and which sometimes no longer distinguishes between the settlements and the Green Line, between the "occupation" and Israel's very right to exist».


Les éditorialistes d'Haaretz interpellent alors «la droite réaliste» pour qu'elle se sorte de la logique de la force, de l'occupation et de la colonisation.


Extrait 2 : 
[We have to] «try to break down the walls that are closing in on Israel by shaking off the foreign-policy status quo that is strangling our existence and our future.
On the eve of 5771, the need to disengage from the stigma of the "occupation state" is already seen by many, even within the ranks of the realistic right, not as a luxury but as an emergency lifesaving operation. We can only hope that it's not too late to wish that Israel, dynamic and vibrant, will once again extend its wings fully within the family of nations».


Je le sens, le camp de la paix reprend forme en Israël, et cette fois, on peut espérer tirer des leçons de l'échec du processus de paix précédent... 
«Hope is the thing with feathers»...

mercredi 8 septembre 2010

Otto Dix : «effroyable et beau».

Le Musée des Beaux Arts de Montréal (MBAM) présente l'exposition Otto Dix : un monde effroyable et beau. L'oeuvre de ce peintre allemand semble être le reflet d'une époque fascinante et fascisante puisqu'il a assisté à la montée du nazisme et subi les foudres de ce système qui l'a ostracisé en qualifiant sa peinture de «dégénérée».

Le catalogue de l'exposition nous donne un aperçu de l'oeuvre, à la fois réaliste (il ne cherche en aucun cas à embellir ses sujets), cynique, fantaisiste et posant un regard quelque peu désillusionné sur son époque à la fois moderne et barbare.

Critiquer un mort ?

Est-il acceptable de critiquer un mort ? Devant le drame épouvantable de la mort prématurée de Claude Béchard, ce père de 41 ans, ayant 4 enfants, il est toujours malaisé de questionner le concert d'éloges qui surviennent naturellement pour honorer l'homme qu'il était.

Mais quand j'ai appris que l'on préparait des funérailles nationales pour l'ex-ministre Béchard, je me suis tout-de-même questionné... Quel est son bilan ?

  • Les retards et les frais judiciaires astronomiques dans le dossier du renouvellement de la flotte de wagons du métro de Montréal lui sont attribuables parce qu'il a voulu forcer la note en offrant le contrat aux «gens de son comté»;
  • La tentative honteuse de privatiser le Mont Orford lui est attribuable;
  • Le dossier plus que douteux du terminal méthanier de Rabaska fait aussi partie de son bilan...
J'essaie de me rappeler les bons coups de ce ministre, et j'en viens à la conclusion que l'homme avait certes du talent, du bagou, le sens de la répartie, du courage pour affronter l'adversité, mais cela fait-il de lui un homme qui mérite des funérailles nationales ? Et Pierre Vadeboncoeur ? Et Michel Chartrand ? Leurs contributions respectives sont immensément plus riches et évidentes, mais ces deux géants n'étaient pas au service du pouvoir...

Peut-être alors que tout ministre qui meurt en fonction mérite des funérailles nationales ? Sinon, il faudrait peut-être regretter cet homme passionné de politique, mais du même coup mesurer sa contribution plus que modeste (voire extrêmement mince) à la société québécoise.

Cela n'enlève pas les qualités qu'il pouvait bien avoir, humainement et professionnellement. Mes sympathies à la famille et aux proches.

mardi 7 septembre 2010

Le dogme de la Charte.

La ministre de la culture Christine St-Pierre affirme qu'il serait dommageable pour «l'image du Québec à l'étranger» de recourir à la clause dérogatoire dans le dossier des écoles passerelles qui permettent à certains parents fortunés de contourner la loi 101...

J'ai déjà discuté de cette absurdité et de ses conséquences politiques qui envoient le message aux immigrants que le français, c'est la langue des pauvres au Québec!

Mais il convient peut-être de rappeler que la fameuse clause dérogatoire jugée si liberticide, a été intégrée à la Charte canadienne des droits et libertés de 1982 justement pour préserver une des caractéristiques de la démocratie parlementaire de type britannique qui est la nôtre : le principe de la suprématie du Parlement. Le système politique canadien depuis 1982 est donc bâti sur cette recherche de l'équilibre et du dialogue entre tribunaux, garants des droits individuels et parlements, porte-voix de majorités cohérentes...

Et en passant, Mme St-Pierre oublie de rappeler que la Charte ici érigée en dogme, est au coeur des modifications constitutionnelles qui ont été adoptées sans le consentement de notre Assemblée nationale et que même son parti, le PLQ, demeure officiellement opposé à ces changements qui ont diminué les pouvoirs de notre législature...

Le gouvernement Charest est le plus canadian de l'histoire du Québec ! Il oblitère complètement le débat politique du dernier siècle au profit d'une normalisation qui rime dangereusement avec capitulation ou folklorisation... Son bilan est catastrophique en ce qui concerne son mandat premier pour une petite nation comme la nôtre : préserver et contribuer au renforcement de notre culture en Amérique.
Photo : Comment le gouvernement Charest considère-t-il la culture québécoise ? Si on se fie à ses politiques, on peut répondre qu'il aime son petit côté folklorique, cette joie de vivre (prononcée sans doute à l'anglaise) vouée naturellement à disparaître au profit d'une culture plus savante, plus haute, plus chère mais Ô combien civilisatrice : l'anglophonie !

jeudi 2 septembre 2010

Proche-Orient : la fin du conflit ?

Les pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens sont amorcés à Washington. Tant l'émissaire américain, le Sénateur George Mitchell, que le 1er ministre Netanyahou ou le Président Abbas ont évoqué la possibilité de «la fin du conflit»...

Est-ce une erreur de laisser miroiter de telles attentes ? N'ont-ils pas pensé qu'un nouvel échec favoriserait à nouveau l'explosion de la violence ?

Il est vrai que depuis l'échec du processus d'Oslo (1991-2000), on connaît mieux les contours de la paix dans la région, c-à-d quelles sont les concessions que chacune des parties est prête à faire pour en arriver à la solution des 2 États... Donc, théoriquement, la perspective d'un accord final n'est pas complètement délirante...
source
La carte ci-dessus démontre d'ailleurs à quoi pourrait ressembler le futur État palestinien. Elle est inspirée des pourparlers de Taba en 2000-01 entre Ehoud Barak (à l'époque 1er ministre travailliste, aujourd'hui ministre de la Défense d'Israël) et Yasser Arafat, le leader historique de la cause palestinienne décédé en 2004.

L'échec d'Oslo et la reprise des violences depuis 2000 ont paralysé le processus de paix, d'autres initiatives ont alors été lancées : Accords de Genève en 2003, signé par d'ex-négociateurs des deux camps; puis l'Initiative de la Ligue arabe en 2006. Plusieurs initiatives «prometteuses» ont donc avorté, toutefois,  elles ont ensemble permis de délimiter concrètement les portions de territoires que chacun des peuples serait appelé à contrôler dans cette terre trois fois sainte...

Il reste que je persiste à croire que le risque est grand de laisser miroiter un accord final, dans le contexte où des deux côtés, les minorités de blocage - mouvement des colons israélien et mouvements islamistes palestiniens - risquent de se lancer dans une spirale de violence pour faire échouer une telle ambition (c'est déjà commencé avec l'assassinat de 9 colons juifs par le Hamas près d"Hebron cette semaine).

Peut-être qu'une ambition plus modeste aurait été moins spectaculaire mais plus efficace : pourquoi ne pas travailler à faire émerger concrètement en Cisjordanie les véritables attributs d'un État palestinien :
  • Une force de sécurité palestinienne visible et présente sur le territoire (il semble que la collaboration entre l'armée israélienne et les forces de sécurité palestiniennes ne se soit jamais si bien portée);
  • Des institutions palestiniennes reconnues et soutenues internationalement (membre à l'ONU, présence aux Jeux olympiques, etc.);
  • Une continuité territoriale pour les Palestiniens ainsi qu'un accès à Jérusalem et ses lieux saints;
  • Un arrangement sur la compensation et le droit au retour des réfugiés (tous ne pourront pas revenir !)...
  • Un démentèlement des colonies combiné avec un arrangement mutuellement négocié sur le tracé des frontières entre les 2 États.
Bref, il aurait peut-être été plus prudent de travailler sur la portion du futur État palestinien la mieux à même de se rapprocher d'un État indépendant, celle aussi qui est gouvernée par une autorité fréquentable: le Fatah en Cisjordanie...

Mais bon, peut-être aussi que la prudence actuellement, se situe dans l'audace, et que «forcer la note» est la meilleure solution pour affaiblir durablement tous ces radicaux des 2 côtés qui ne veulent pas la paix...

Schiste de marde, man !

Nathalie Normandeau
Pierre Foglia résume excessivement bien dans sa chronique de ce matin la colère et l'impuissance qui m'assaillent dans le dossier de l'exploitation des gazs de schiste au Québec. À lire !


Et l'expression qu'il emploie pour identifier notre nouvelle (s)inistre des ressources naturelles Nathalie Normandeau : «Baby Drill Normandeau»... Il faut être prudent avant de rire des Sarah Palin de ce monde... Nous aussi on est capable de se mettre la tête dans le sable (ou dans la schiste !)

mercredi 1 septembre 2010

Bastarache : une suite plus enlevante !

Le politico-show de la Commission Bastarache se poursuit : Marc Bellemare fait un virage (un autre !) et demande le statut de participant à la Commission. Ceci lui donnera le droit de contre-interroger les témoins (entre autres un certain Jean Charest !) et d'avoir accès au contenu des entrevues préalables à la Commission. Petit détail de plus, ses frais d'avocat seront alors remboursés par l'État...

Les pourparlers commencent...

Le Président Obama, après avoir mis fin à l'occupation américaine en Irak, parraine les premiers pourparlers directs (et sérieux) entre Israéliens et Palestiniens depuis 10 ans.

Il est difficile de prévoir qu'est-ce qui sortira de cette nouvelle tentative d'arbitrage, d'autant plus que le 1er ministre israélien ne semble pas trop disposé à faire de compromis sur l'essentiel, à savoir le gel puis le démentèlement des principales colonies juives de Cisjordanie. Mais il semble que les espoirs soient permis...

D'abord parce que Barack Obama est intelligent et qu'il a compris que l'enlisement du conflit israélo-arabe a des répercussions négatives sur la sécurité nationale des USA;

Ensuite parce Benyamin Netanyahou, tout doctrinaire et radical qu'il soit, a déjà démontré qu'il est réceptif à des pressions américaines et donc capable de compromis;

Enfin parce que les conditions sont peut-être propices au déblocage du côté des Palestiniens aussi : la croissance économique reprend en Cisjordanie et le gouvernement de Salam Fayad, le 1er ministre de l'Autorité palestinienne, est reconnu comme compétent. Le succès d'un accord - aussi minime soit-il - pourrait donc renforcer le Fatah (le parti historique de Yasser Arafat, aujourd'hui présidé par Mahmoud Abbas, le Président de l'Autorité palestinienne) et contribuer ainsi à affaiblir le Hamas (parti islamiste qui contrôle la bande de Gaza et qui refuse toujours de reconnaître Israël).

Cette semaine de début septembre 2010 sera-t-elle historique ? Barack Obama saura-t-il arbitrer intelligemment ce conflit qui a des ramifications partout, mais particulièrement chez lui, dans le contexte des élections de mi-mandat ?

À suivre...

lundi 30 août 2010

Israël : des acteurs boycottent les colonies.

Je vous parlais récemment de l'émergence d'une cinématographie israélienne qui semble pousser vers la paix. Le milieu du théâtre israélien en a rajouté cette semaine en lançant une pétition dans laquelle ils appellent les acteurs et les compagnies de théâtre à refuser de se produire dans les colonies juives implantées en territoire palestinien.

L'action de ces «artistes pour la paix» est cette fois plus affirmée : il ne s'agit plus de proposer un art qui questionne et soulève les nombreux problèmes moraux de l'occupation et de la guerre. Il s'agit d'envoyer un message clair aux habitants des colonies : la culture israélienne s'offre à vous, mais vous n'êtes pas situés du bon côté de la frontière...

On peut toujours questionner une telle démarche (voir cette rubrique précédente), mais il me semble que cette décision est conforme à la logique du Droit international - l'implantation de civils dans des territoires conquis par la force contrevient à la 4e Convention de Genève - ainsi qu'au simple bon sens politique dans cette région trop souvent kidnappée par la folie religieuse et politique...

Le porte-parole de cette pétition a d'ailleurs affirmé aux médias : «La colonie d'Ariel se trouve en territoire occupé. (...) Les habitants d'Ariel disposent d'excellentes routes et n'ont qu'à s'en servir pour venir nous voir à Tel-Aviv.» Quand on sait combien les colonies et les nombreuses routes de contournement grugent le territoire palestinien, jusqu'à compromettre la continuité territoriale du futur État palestinien, on ne peut que trouver son initiative courageuse et lucide...

Le Maire de la colonie d'Ariel, visé par ce boycott, a condamné cette pétition qui «mélange politique et culture»...  comme ce blogue !

samedi 28 août 2010

Incendies

Le prochain film de Denis Villeneuve - Incendies - tiré de la pièce de Wajdi Mouawad, sort le 17 septembre. On a hâte ! Son film sera présenté au Festival international du Film de Toronto, qui a toujours très bien accueilli le cinéaste.

D'ici là, il y a le Festival des Films du Monde de Montréal qualifié un peu «chiennement» par Villeneuve de «festival municipal qui présente du cinéma d'un peu partout...» !

 

vendredi 27 août 2010

Charest affecté par le syndrôme Jeanson ?

Vous souvenez-vous de la cycliste Geneviève Jeanson qui, soupçonnée d'avoir consommé de l'EPO pour améliorer ses performances, avait affirmé lors d'une conférence de presse : «Je n'ai jamais touché à de l'EPO de ma vie. On ne m'en a jamais proposé, je n'en ai jamais pris. Je n'en ai même jamais vu !»

Son assurance et son applomb avaient alors impressionné et on a cru, pour quelques semaines supplémentaires, que la cycliste était clean... Mais ses révélations spectaculaires au journaliste Alain Gravel lors de l'émission Enquête confirmaient que le «bon docteur Duquette» lui administrait de l'EPO depuis ses tout débuts dans le cyclisme...

Jean Charest vs Marc Bellemare
Quel est le rapport avec Jean Charest ? Si vous suivez un peu la Commission Bastarache et le témoignage de l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare qui accuse le 1er ministre Charest de l'avoir incité à nommer des juges qui sont les candidats des grands contributeurs et financiers du Parti libéral, et que vous avez entendu la conférence de presse immédiate tenue par M. Charest pour nier en bloc ces accusations, vous comprendrez sans doute l'analogie que je cherche à faire...

Il est devenu presque normal aujourd'hui de mentir en public pour sauver sa réputation. L'épisode Geneviève Jeanson peut peut-être nous rappeler que lorsque Jean Charest est affirmatif et solennel, il faut se méfier.

mardi 24 août 2010

Lebanon

Après Valse avec Bachir, voici qu'un autre film israélien sort sur nos écrans en posant une réflexion sur la moralité de la violence utilisée contre l'adversaire... Et ici encore, c'est à propos de l'intervention israélienne au Liban au début des années 1980 : l'«Opération paix en Galilée».

Il s'agit de Lebanon. La société israélienne semble davantage prête à réfléchir sur l'épisode du Liban, d'autant que les massacres les plus connus ont été commis par des milices chrétiennes libanaises «sous supervision» de Tsahal.

Chose certaine, la présence d'un camp moraliste dans le secteur culturel israélien est une bonne nouvelle. Les grandes manifestations à Tel Aviv en 1982 après la découverte de l'horreur des massacres de Sabra et Chatila, ont donné naissance à un camp pour la paix au sein de la gauche israélienne. Ce camp s'est effondré à la fin de la décennie 1990 devant l'échec du processus d'Oslo.

Il est grand temps de réactiver ce camp de la paix en Israël. Et les cinéastes du pays semblent y contribuer.

lundi 23 août 2010

L'Irak est libre (ironie)

L'Irak de 2010 devient nostalgique de Saddam Hussein, pourtant un des dictateurs les plus sanguinaires du dernier siècle...
Les derniers contingents de soldats américains se retirent d'Irak ces jours-ci, conformément à la promesse de Barack Obama. Malheureusement, on ne peut pas dire que le pays se porte vraiment mieux que sous Saddam Hussein puisque la violence intercommunautaire a repris et que le désordre et les insuffisances en matière d'électricité et d'apprivisionnement en eau demeurent problématiques. Cette quasi-nostalgie de l'époque de Saddam est normale, quand on pense que l'Irakien moyen a maintenant peur d'aller s'acheter un pain...

Il faut sans doute revenir en arrière quelque peu pour comprendre tout le fiasco légué par George W. Bush dans cette région du monde déjà fortement éprouvée.

Aux lendemains du 11 septembre 2001, les USA ont obtenu l'aval des Nations Unies et de la communauté internationale pour renverser le régime des Talibans en Afghanistan qui hébergeait Al-Qaïda, mais le Président et ses conseillers néo-conservateurs ont préféré profité du traumatisme du 11 septembre pour envahir l'Irak, qui n'avait rien à voir avec l'attaque contre les World Trade Center et le Pentagone...  Cette dispersion des ressources humaines, financières et militaires au profit de l'Irak a mené à la catastrophe que l'on connaît aujourd'hui:
  • Les troupes de l'Otan s'enlisent en Afghanistan, faute d'avoir mis les ressources nécessaires pour la stabilisation et la reconstruction du pays;
  • L'occupation irakienne s'est transformée en guerre larvée puis en chaos où la violence inter-communautaire a pris le dessus, à la suite de décisions toutes aussi néfastes les unes que les autres:
    • L'administration Bush a d'abord décidé de purger l'État irakien de tout l'appareil administratif du parti Baas, le parti au pouvoir sous Saddam. Quand on sait que pour exercer la plupart des métiers et participer à la fonction publique sous Saddam, il fallait être membre du Baas, on comprend l'illogisme d'une telle décision... L'occupant américain s'est alors privé de toute une expertise, tant au sein de l'armée que de l'administration publique, sous le seul prétexte que ces gens étaient des partisans de Saddam Hussein... On peut toutefois penser que la grande majorité étaient membres du Baas pour survivre dans ce régime de fer.
    • Mais cette mise à l'écart de toute une couche de la société irakienne s'explique peut-être par un autre motif que la simple ignorance du terrain irakien ou encore d'une lecture trop idéologique de la conjoncture... En effet, l'occupation américaine s'est aussi opérée avec l'aide de plusieurs compagnies privées (plusieurs faisant partie de consortiums dirigés par des «amis» du régime) qui avaient des ambitions économiques précises : s'emparer des puits de pétrole, relancer au plus vite la production de l'or noir pour financer cette guerre... Et en plus, plusieurs compagnies de sécurité privées ont commis de graves erreurs tant dans l'élaboration des priorités sur le terrain que dans le domaine du droit de la guerre...
Bref, l'Irak se retrouve aujourd'hui en pleine déliquescence politique et incapable de trouver son unité, puisque la compétition pour le contrôle du pouvoir entre Chiites, Sunnites et Kurdes est en train  de prendre le dessus sur la nécessaire mise en commun de tout pays de type fédéral...

Pendant ce temps, l'Iran, l'éternel rival, semble tirer profit de la faiblesse irakienne en tirant les ficelles de courants islamistes chiites qui gagnent en crédibilité parce qu'ils se présentent comme «indépendants» de l'occupant américain...

Sommes-nous en mesure de comprendre tout l'héritage de George W. Bush ?

vendredi 20 août 2010

Vulgaires Machins : punks verts.

Les Vulgaires Machins 
 Greenpeace et les Vulgaires Machins s'associent pour promouvoir un guide intitulé Vivre vert.  Des conseils, des trucs, des références pour aider chacun d'entre nous à adopter un mode de vie moins énergivores, ayant une empreinte écologique moins grande.

Cliquez ici pour avoir plus d'info ou commander le livre.

Quelques extraits du blogue du groupe :
« On a rencontré Gilles Duceppe et Pépé. En concert, on met nos mégots de cigarettes dans un petit contenant à médicaments avec du sable dedans et on se sent mieux. On fait du recyclage dans le camion. Même si un jour en tournée Guillaume a mangé 3 bâtonnets de pâte frite farcis d’animaux de production industrielle avec de la moutarde et un Pepsi, tout le monde dans le groupe rempli sa bouteille d’eau dans l’évier des toilettes publiques. À Mont-Laurier la semaine passée, on a fait un show surprise gratuit dans un bar devant une centaine de monitrices de camps de vacances habillées en fluo. On dort dans des motels sales et on mange des sandwichs froids et secs pour souper. Parfois aussi, on dort au Hilton et on mange bien, mais c’est plus rare. On ignore ce que les gens pensent vraiment. Savent-ils ce que c’est de vivre l’extrême du plaisir et la désolation totale en même temps ? Pour ceux d’entre vous qui se le demandent, c’est exactement comme diraient les Prostiputes : « Ça fait pleurire » ! »

mercredi 18 août 2010

Mauvaise mine...

Le ministre délégué aux ressources naturelles, Serge Simard, refuse de proclamer un moratoire sur l'exploration de l'uranium... Peut-être vous rappelez-vous de la menace de 20 médecins de la Côte-Nord de démissionner si une mine d'uranium entrait en fonction dans la région...

Le gouvernement Charest répond aux objections de la coalition Sept-Îles sans uranium qu'imposer un moratoire serait «hasardeux» pour l'économie québécoise et le ministre délégué ajoute que les opposants sont sans doute mal informés... Chose certaine, le gouvernement assure qu'aucun projet d'exploitation de l'uranium ne compromettrait la santé ni l'environnement ! Et le départ de 20 médecins dans une région qui en manque déjà ?

Le Québec est supposé être maître d'oeuvre en matière de ressources naturelles, mais il semble que depuis fort longtemps, libéraux comme péquistes aient abandonné leur souveraineté en la matière au profit des grandes compagnies minières. L'actuel Ministre des ressources naturelles, Pïerre Corbeil, a été un lobbyiste pour les compagnies minières entre ses mandats de 2007 et 2008. Yvan Loubier, ex-député bloquiste, est aujourd'hui lobbyiste pour une compagnie minière...

Partout au Québec, les compagnies minières (et gazières) peuvent exploiter sans formuler de demandes particulières aux autorités. Le Maire de St-Hilaire a appris cette semaine par le journal local qu'une compagnie faisait de l'exploration gazière sur son territoire... Partout, il semble que les droits du citoyen soient assujettis aux droits d'exploitation.

Un projet de loi sur l'exploitation minière est actuellement à l'étude à l'Assemblée nationale. Le dossier des compagnies minières et de leur poids politique démesuré réapparaîtra bientôt puisque plusieurs coalitions de citoyens se forment un peu partout et que Richard Desjardins est en train de préparer un documentaire sur le sujet... Quand on se rappelle de l'impact qu'avait eu L'erreur boréale sur l'industrie forestière...

À suivre... Mais d'ici là, un extrait de l'émission d'Enquête, dans lequel on voit également que le Maire de Sept-Îles ignorait qu'il y avait de l'exploration d'uranium sur son territoire :

mardi 17 août 2010

La Mosquée de Ground Zero.

Richard Hétu  rend compte depuis plusieurs jours de l'immense controverse suscitée par le projet d'établir un centre culturel islamique ainsi qu'une Mosquée tout près de Ground Zero, le principal site des attentats du 11 septembre 2001. Qualifié de sacré aussi bien par la droite populiste que par le Président Obama, Ground Zero et son devenir suscitent la controverse depuis le début. L'adoption du 1er plan de reconstruction a d'ailleurs été retardée à plusieurs reprises.

Cette fois-ci, le projet de la Mosquée est mal perçu, jugé trop proche du lieu du drame. L'Association des victimes du 11 septembre a condamnée ce projet et le Parti républicain comme les figures de la droite montante (Glenn Beck, Sarah Palin, etc.) cherchent à discréditer Barack Obama sur ce dossier où son laisser-faire ou pire son «insensibilité» à l'égard du 9-11 serait alors révélée. Certains poursuivent leur délire en rappelant que le 2e prénom d'Obama est Hussein et affirment qu'il n'est pas vraiment Chrétien...

L'ironie dans tout ça est que ce projet est porté par un imam modéré, plusieurs fois utilisé «politiquement» semble-t-il par l'administration de W. Bush pour diffuser le message que l'Amérique est respectueuse de sa minorité musulmane et non pas en Guerre contre l'Islam... 

Barack Obama a il me semble bien réagis à la crise, il a affirmé que la liberté de conscience était une valeur fondamentale du pays, au coeur même de sa construction et de sa pérennité. Sa position de principe ne sera pas payante politiquement. (il a d'ailleurs ajouté quelques heures plus tard, sans doute devant la panique de ses conseillers en communication, qu'il ne commentera plus la polémique entourant l'emplacement de la Mosquée...). Reste que c'est sa position de principe, prise lors d'une cérémonie inaugurant le mois du Ramadan à la Maison-Blanche qui a marqué les esprits. Les élections de mi-mandat auront lieu en novembre (435 Représentants et 34 Sénateurs tombent alors en élection). Plusieurs Démocrates menacés sont en train de lâcher Obama sur cette question sensible et fortement alimentée par les médias conservateurs...

Décidément, Obama ne l'a jamais facile...

lundi 16 août 2010

Les jeunes libéraux et le cynisme.

Quelques jeunes libéraux du Québec
Les jeunes libéraux du Québec se sont réunis cette fin de semaine pour proposer quelques solutions au cynisme qui domine le paysage politique québécois et «rapprocher l'élu du citoyen»... Que proposent-ils ?
  • Modifier les règlements de l'Assemblée nationale et renforcer les pouvoirs de la présidence de l'Assemblée, de façon à ce que les débats soient davantage axés sur des questions-réponses et non sur des faux-fuyants comme c'est effectivement le cas actuellement;
  • Modifier les règles de financement des partis politiques de façon à ce que tout don aux partis transitent par la Direction générale des élections (DGE), un organisme indépendant;
  • Interdire aux députés élus sous une bannière de changer de partis en cours de mandat : les députés-transfuges devraient alors se faire réélire sous leur nouvelle couleur et siégeraient entre temps comme indépendants.
Il me semble que nous demeurons ici dans l'accessoire. Ces propositions sont intéressantes, mais à des lieux et des lieux d'un début de commencement de ce qui pourrait amorcer une amélioration de la confiance de la population dans nos institutions et notre classe politique...

Les jeunes libéraux ne proposent rien sur la nécessaire réforme du mode de scrutin. Pourtant, tous les partis politiques présents à l'Assemblée nationale se sont déjà engagés à réformer ce mode électoral qui fait en sorte que la majorité de nos députés sont effectivement élus par une minorité d'électeurs... Et notre mode de scrutin actuel, en plus de dévaloriser le droit de vote, contribue à perpétuer une joute partisane bipolaire malsaine qui fait que les partis sont sans cesse encouragés à s'affronter plutôt qu'à collaborer dans le meilleur intérêt de tous...

De plus, les jeunes libéraux semblent plutôt timorés en ce qui concerne la nécessaire réforme du financement des partis politiques. Pratiquement tous les scandales et les allusions qui ont terni la classe politique et le gouvernement Charest en particulier au cours des derniers mois touchaient au financement des partis et aux effets néfastes de ce trafic d'influence qui semble institutionnalisé au sein de l'appareil gouvernemental.

Il me semble que la meilleure solution pour enrayer le financement illégal des partis et mettre fin aux moyens détournés mis en oeuvre depuis plusieurs années serait d'interdire tout bonnement toute contribution de la part des citoyens et des entreprises aux partis politiques. C'est déjà le cas pour les entreprises depuis la réforme du 1er gouvernement Lévesque, mais les partis ont depuis trouvé toutes sortes de stratagèmes pour financer au-delà des limites permises, leurs partis. Le PLQ est à cet effet le Grand Champion du financement : pour siéger au Conseil des ministres du gouvernement Charest, il faut être capable d'aller chercher 100 000$ auprès de contributeurs divers... Ça vous en dit un peu sur la dépendance au cash de ce parti et sur les effets délétère d'une telle dépendance face à la transparence, la légalité, l'équité et les règles de bonne gouvernance...

Voilà donc que les jeunes libéraux cherchent à mettre fin au cynisme. Intéressant, mais ils proposent bien peu pour corriger un Grand Mal...

Revenons à ma solution : en interdisant toute contribution aux partis, seul le financement étatique serait maintenu en fonction du nombre de vote reçu par chaque parti lors de la dernière élection générale (cette modalité existe déjà dans la loi actuelle...). Il est bien évident qu'il faudrait aussi règlementer strictement les dépenses des partis en exigeant un plafond ainsi que limiter au strict minimum les pancartes et autres éléments contribuant à cette boulimie du financement qui favorise le contournement de la loi...

À ce sujet, la France a mis en oeuvre toute une série de mesures qui déterminent les lieux publics où les pancartes sont autorisées en plus de règlementer le temps d'antenne (ou l'espace média) qui doit être offert aux différents partis autorisés à concourrir lors de l'élection. Chose certaine, en interdisant tout financement direct des individus et des entreprises tout en règlementant strictement les dépenses lors des campagnes électorales, on égaliserait les chances entre les partis et on rendrait le financement illégal et ses effets pervers encore plus difficiles...

En tout cas, en ce qui concerne l'audace et la vision de «nos jeunes libéraux», on repassera !

P.S. C'est le Festival de l'expression citoyenne jusqu'au 22 août !

samedi 14 août 2010

Inception

J'ai vu Inception, le dernier film de Chritopher Nolan, qui a aussi réalisé Memento... Encore une fois, c'est à un scénario complexe et rocambolesque que nous assistons, bouche ouverte et sur le bout de notre siège. Le film est enlevant et son rythme rapide réussit à oblitérer presque tous les questionnements logiques qui pourraient surgir à notre esprit.

Je vous laisse découvrir le film par vous-mêmes, mais je tenais à vous partager mon appréciation du scénario, complexe et intelligent, ainsi que des effets visuels époustoufflants que «le monde du rêve», au coeur de l'histoire, permet d'envisager. Il faut toutefois être prêt à excuser
  • les nombreuses invraisemblances : les héros qui évitent sans cesse les balles d'une armée de mitrailleurs...
  • peut-être aussi que quelques fois le film ne va pas assez loin dans les infinies possibilités de l'imagination (surtout en ce qui concerne l'architecture des villes imaginées) - après tout, nous sommes dans un rêve ! 
Si le spectateur accroche un peu, c'est à rebours, lorsque la séance est terminée. Le film demeure en tout cas dans notre tête longtemps.

Et puis, Marion Cotillard est belle et mystérieuse...
Question : à la fin, selon vous, la toupie s'arrête-t-elle ?

mardi 10 août 2010

L'usure du pouvoir.

Le ministre de la justice du Québec, Jacques Dupuis, tire sa révérence. Il sera sans doute remplacé comme député de la circonscription St-Laurent par Jean-Marc Fournier qui annonce son retour en politique québécoise. C'est une bonne nouvelle. M. Fournier est un homme moins mesquin et apparemment plus honnête que M. Dupuis.
Jacques Dupuis et JM Fournier
Mais il reste que le retour de Fournier illustre combien il est difficile pour le gouvernement Charest d'attirer de nouvelles figures au sein de son équipe. La circonscription de St-Laurent est un Château-fort quasi-imprenable pour le Parti libéral : on y présenterait une boîte aux lettres qu'elle se ferait élire parce qu'elle est rouge ! Le prochain député est assuré de siéger au Conseil des ministres.

Et aucune nouvelle figure n'ose se lancer dans des conditions aussi faciles ? C'est un signe supplémentaire que l'usure du pouvoir devient une caractéristique dominante de ce troisième (eh oui) mandat du gouvernement Charest.

jeudi 5 août 2010

Arcade Fire... et l'étalement urbain.

Le Ministère des transports du Québec (ces «mésadaptés sociaux»), décide de changer les panneaux de signalisation pour y augmenter la grosseur des caractères - vieillissement de la population oblige ?!!! Et le tout sera confié au secteur privé (pour récompenser les «amis» ?), alors que l'expertise de l'entreprise publique est reconnue et jugée supérieure... En plus de démontrer une incapacité à comprendre le sens des priorités - une telle décision est injustifiable dans le contexte budgétaire actuel où on demande plus sous formes de taxes et tarifs tout en fournissant moins sous formes de services - le gouvernement Charest poursuit sa politique du discours creux, tout en valorisant sans cesse ce mode de développement qui nous tue : étalement urbain, valorisation de l'automobile individuelle, espace sans cesse croissant dévolu à l'auto (autoroutes, stationnement...).

Pendant ce temps, j'écoute le dernier Arcade Fire, intitulé The Suburbs (les banlieues). C'est beau, du bon rock, pas pesant. Les arrangements sont originaux : violons, cor français, synthés un peu rétros. L'atmosphère générale est un peu nostalgique de l'enfance.

Le lien à faire ? Les politiques du gouvernement Charest en matière de transport sont désuètes, héritières d'une époque révolue, belle lorsqu'on la contemple à travers la musique et les images cartonnées d'un album rock (je me suis procuré l'album - le vrai - pas téléchargé !), mais terriblement irresponsable lorsqu'on connaît les perspectives qui se présentent à nous dans le contexte des changements climatiques...

Dans Half light II, Win Butler chante :
«You have hid in this home wich has no life,
Oh, this city's changed so much since I was a little child.
Pray to God
I won't live to see the death of everything that's wild.
Though we knew this day would come,
Still it took us by surprise.
In this town where I was born,
I now see through a dead man's eye.»

mardi 3 août 2010

If I can fly.

Je vous ai parlé quelques fois de Yoakim Bélanger.

Là, c'est à propos d'un film qu'il a réalisé pour un concours international de vidéo sur lequel David Lynch est jury. Un très beau 10 minutes qui fait le portrait en mouvement de ce danseur au corps marqué et aux traits durs... Les techniques employées sont encore une fois originales et le résultat est beau, particulièrement dans les moments où on devine la silouhette du danseur à travers le jeu presqu'aléatoire de l'encre dans l'eau...

politique 101 - L'élection du Président aux USA (1)

La pré-campagne menant aux élections primaires commence aux USA. Nous l'avons dit dans les Politiques 101 précédents, le régime présidentiel est fondé sur un idéal républicain dans lequel le peuple est la source de l'autorité. Le Président des USA est donc à la fois le chef d'État et le chef de gouvernement et il est élu par le peuple. Pour pouvoir rêver atteindre ce poste, il faut être né citoyen des USA; avoir 35 ans ou plus; résider au pays depuis au moins 14 ans. Mais au-delà de ces conditions prescriptives, il y a toute une procédure. La «mécanique électorale» des USA est souvent mal comprise. Allons-y étape par étape:

1- Les élections primaires sont celles qui se tiennent à l'intérieur de chacun des partis, pour chacun des États pris individuellement. Elles servent à élire des délégués généralement associés à des candidatures... Par exemple, dans la primaire démocrate de 2008, les 2 personnalités les plus en vues et qui se sont donnés une chaude lutte, étaient Barack Obama et Hillary Clinton. Les primaires républicaines ont alors opposées John McCain, Mike Huckabee, Mitt Romney, etc. Donc ce sont les délégués élus lors des primaires qui choisiront  le candidat officiel de leur parti concourrant à la présidence des États-Unis.

Le processus des primaires est complexe, on doit donc simplifier grandement puisque le régime politique états-unien garantie aussi l'autonomie des États fédérés, ce qui engendre une grande diversité d'élections primaires.... Mais disons en gros qu'il y a
  • les Caucus, qui se tiennent comme des assemblées traditonnelles (vote à main levée), dans les sous-sols d'églises ou les gymnases d'école ou selon la méthode des Town Hall meetings. Les gens prennent la parole publiquement, cherchent à convaincre d'appuyer tel ou tel candidat, certains se présentent même pour défendre une idée - le maintien des subventions agricoles par exemple - plutôt qu'un candidat à élire...Cette méthode «à l'ancienne» est entre autres pratiquée en Iowa.
  • Les «primaires fermées» : Ces élections se tiennent au scrutin secret, mais elles sont réservées aux électeurs qui sont membres du parti en question (inscrits sur la liste électorale comme électeur républicain ou démocrate);
  • Les «primaires ouvertes» : Dans la majorité des États, les primaires sont ouvertes aux électeurs indépendants. Donc, les membres du parti ET les électeurs indépendants peuvent voter à ce type de primaire. Il semble qu'il soit dorénavant interdit par exemple de participer à la primaire républicaine si on a participé à la primaire démocrate dans la même année.
Donc, les élections primaires pour la présidence (parce qu'il y a des primaires pour pratiquement tous les postes électifs à pourvoir aux USA : Maires, représentants, Sénateurs, Gouverneurs, procureurs de la Justice, etc.) débouchent vers la Convention nationale. Les primaires commencent l'année de l'élection en janvier et se terminent environ fin juin par :

2- la convention nationale de chacun des partis (juillet et août de l'année de l'élection). C'est le véritable lancement de la campagne présidentielle puisque c'est à ce moment, dans de grands stades envahis par les chapeaux en styrofoam et les confettis, que l'on confirme la candidature officielle de chacun des partis : le peuple américain connaît alors les candidats qui s'opposeront. C'est surtout à ce moment que le candidat présidentiel officialise son co-listier : celui ou celle qui fera figure de Vice-président (le peuple américain vote en quelque sorte pour un couple Président-Vice-président). En 2008, la folle décision de John McCain de choisir alors Sarah Palin demeure encore inexplicable (ou plutôt injustifiable) pour moi...

3- La campagne électorale s'échelonne officiellement de la fin des Conventions nationales jusqu'au Mardi suivant le premier lundi de novembre, jour de l'élection présidentielle. On oublie souvent de spécifier que l'élection présidentielle aux USA est indirecte, c-à-d que c'est un Collège électoral (composé de 538 Grands-électeurs) qui élit le Président. Nous expliquerons cette «mécanique» dans un prochain Politique 101.

lundi 2 août 2010

J'ai planté un chêne...

En randonnant avec les enfants en forêt, je me suis mis à fredonner J'ai planté un chêne de Gilles Vigneault. Ayant oublié les couplets, je ne chantais que le refrain aux enfants qui ont entonné en choeur et questionné la signification du propos. Puis, je me suis demandé à quel temps de verbe Vigneault avait écrit... En tous cas, voici les paroles. En les lisant, l'air vient presque naturellement...

Photos : J-Félix Chénier                                                           
Acadia National Park
Gilles Vigneault
J'AI PLANTÉ UN CHÊNE
Paroles: Gilles Vigneault, musique: G. Vigneault et G. Rochon


J'ai planté un chêne
Au bout de mon champ
Ce fut ma semaine
Perdrerai-je ma peine
J'ai planté un chêne
Au bout de mon champ
Perdrerai-je ma peine
Perdrerai-je mon temps...

L'amour et la haine
Ce sont mes enfants
Et ce sont mes chaînes
Perdrerai-je ma peine
L'amour et la haine
Ce sont mes enfants
Perdrerai-je ma peine
Perdrerai-je mon temps...

Le roi et la reine
Perdront leur manant
Mais l'amour m'enchaîne
Perdrerai-je ma peine
Le roi et la reine
Perdront leur manant
Perdrerai-je ma peine
Perdrerai-je mon temps...

Serai capitaine
De mon bâtiment
Tout en bois de chêne
Perdrerai-je ma peine
Serai capitaine
Sur mon bâtiment
Perdrerai-je ma peine
Perdrerai-je mon temps...

À l'origine d'un cri.

Les producteurs Roger Frappier et Luc Vandal lancent leurs campagnes promotionnelles pour À l'origine d'un cri, de Robin Aubert. Cliquez ici pour un avant-goût. Ou encore regardez ceci pour une incursion dans le tournage...